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Walid Loukil internationalise la holding familiale

Par Patrick Ndungidi le 9 Novembre 2016

Walid Loukil est le Directeur général adjoint du groupe Loukil basé en Tunisie et créé en 1976 par son père Mohamed Loukil. La Holding est active dans des secteurs stratégiques diversifiés comme l’agriculture, l’industrie lourde, les technologies de l’information et de la communication, les métiers de l’environnement, le commerce international, l’engineering ou encore le consulting. Walid Loukil a été classé parmi les "leaders économiques de demain" dans l’édition 2016 du Choiseul 100 Africa.



Le groupe Loukil fait partie des cinq grands groupes en Tunisie et comprend une trentaine de sociétés où évoluent 4500 collaborateurs. Le groupe réalise un chiffre d’affaires de 380 millions d’euros avec 30 % à l’export. « L’objectif étant de passer, d’ici 2017-2018, à 50%-50% entre le local et l’export » fait savoir Walid Loukil. En dehors de la Tunisie, le groupe Loukil est notamment présent en Algérie, au Maroc, en Libye, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Burkina Faso. Le groupe compte s’installer au Cameroun et à Djibouti dans un futur proche. Quatrième d’une famille de cinq enfants, Walid Loukil est le numéro deux du groupe. Son frère aîné Bassem, le deuxième de la famille, en est le PDG. En tant que directeur général adjoint, Walid Loukil est en charge de l’internationalisation du groupe. C’est ainsi que ces dernières années, il a activement participé à la diversification industrielle de l’empire familial ainsi qu’au développement des exportations vers de nombreux pays d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne. Walid Loukil est détenteur d’une maîtrise d’expert-comptable et d’un diplôme en révision comptable, obtenus à l’institut supérieur de gestion de la Tunisie. Il parle couramment l’arabe, l’anglais, le français et l’allemand pour avoir vécu en Allemagne pendant un an et demi.

Ascension au sein de l’entreprise familiale

C’est en 1996 qu’il a débuté sa carrière au sein du groupe dans la filiale informatique, en tant que directeur central. La filiale représentait notamment l’entreprise Siemens en Tunisie. « On travaillait pour le compte du ministère de l’éducation de la Tunisie. Nous avons réalisé, pendant quatre ans, à peu près quatre mille laboratoires équipés chacune de 10 à 15 PC », se souvient-il. En 2001, Walid Loukil passe de directeur central à co-gérant. Entre 2002 et 2003, il évolue dans le département international du groupe où il a notamment la charge de développer le marché de la holding en Libye via le suivi des appels d’offres et des marchés étatiques. A partir de 2006, le groupe Loukil se tourne vers l’Afrique subsaharienne, à la recherche de nouveaux relais de croissance. « Pendant cette période, nous avons senti une pression du gouvernement tunisien sur les groupes privés qui n’appartenaient pas à la famille de Ben Ali. Les appels d’offres locaux n’intéressaient plus le groupe Loukil. C’est pour cela que l’on s’est installé en Algérie et au Maroc. J’avais la charge de développer les marchés mauritanien, ivoirien, burkinabé et malien afin de faire fonctionner nos industries » fait savoir le DGA de la holding tunisienne qui dispose de trois usines, spécialisée notamment dans la construction métallique (fabrication de matériel de transport, des pylônes de télécommunications, etc.), le sanitaire et la fabrication de filtres automobiles.

Interconnecter les banques africaines

Walid Loukil estime que pour bien mener les affaires en Afrique, lorsque l’on souhaite s’installer dans un pays, il est indispensable de trouver le bon partenaire au niveau local, susceptible de vous faciliter la tâche. Par ailleurs, il déplore le manque d’accès au financement qui freine l’industrialisation en Afrique. « Nos banques africaines sont très lentes à la détente. Quand vous déposez un dossier vous devez attendre entre six à huit mois pour avoir l’accord de financement, si ce n’est pas un an. Elles peuvent également revenir vers vous après 6 ou 8 mois pour vous dire qu’il manque tel ou tel document », regrette le DGA du groupe Loukil. Ce dernier souhaite également que les banques africaines puissent s’interconnecter. « Je trouve déplorable qu’une banque de la Côte d’ivoire ou du Burkina, par exemple, passe par une banque européenne pour effectuer un transfert vers la Tunisie. Parce qu’il n’y a pas de code swift entre les deux banques. Pour des virements en euro ou en dollar, on est toujours obligé de passer par l’Europe ou par place boursière de New-York pour effectuer les virements », note-t-il.  En outre, fait savoir Walid Loukil, les gouvernements devraient investir dans les infrastructures afin de faciliter la tâche aux entrepreneurs en Afrique qui doivent investir dans l’industrie et créer de l’emploi. « L’Etat doit nous assurer les infrastructures et gérer le coût énergétique qui demeure encore cher » propose le Dga du groupe Loukil.


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