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Tiken Jah Fakoly : des paroles et des actes

Par SAMUEL NJA KWA le 22 Juillet 2016

Militant panafricaniste, l’Ivoirien Moussa Doumbia Fakoly, plus connu sous le nom de Tiken Jah Fakoly, est de tous les combats. Ses coups de gueule version reggae appellent de façon festive l’Afrique à l’union. Installé au Mali depuis plus d’une dizaine d’années, il s’implique aussi bien dans la vie politique et sociale que culturelle du pays et du continent. Son dernier opus, Racines, se présente comme un hommage aux icônes du reggae.



Tiken Jah Fakoly : des paroles et des actes
Dès qu’il le peut, c’est chez lui au Mali que Tiken Jah Fakoly rentre se ressourcer. Exilé à Bamako depuis 2002 suite à des menaces de mort, il y a édifié son sanctuaire, « Radio Libre », du nom de l’album éponyme autoproduit en 2008. Un nom qui traduit sa liberté de pensée et de parole. Le chanteur donne le ton : « Radio Libre a été ouvert en 2010 pour donner la possibilité aux artistes de s’exprimer. C’est un espace composé de deux salles de spectacle câblées avec un studio d’enregistrement. Ainsi les groupes peuvent enregistrer leur spectacle “live”. Il y a aussi une radio qui diffuse les groupes en direct. » Le soir venu, c’est toute une jeunesse assoiffée de reggae qui s’engouffre dans le sanctuaire, où elle reste jusqu’au petit matin. On peut aussi y croiser Oumou Sangaré ou Cheikh Tidiane Seck en pleine séance de travail. Au premier étage, Tiken Jah reçoit ses amis.
 

L’ÉDUCATION, CLÉ DE L’AVENIR DE L’AFRIQUE

Depuis 2003, année où l’artiste a reçu une Victoire de la musique en France, sa popularité n’a cessé de croître. Néo-panafricaniste assumé, il reprend le bâton de pèlerin de Kwame Nkrumah. « L’Afrique unie gagnera tous ses combats. Le continent se compose de 54 pays riches de leurs matières premières et de leur jeunesse. En 2050, nous serons deux milliards. Si l’Afrique est stable, ce sera l’un des continents les plus sollicités, mais il faut pour cela que nous surmontions nos divisions. Il est important que nous sachions que l’unité est un passage obligatoire. Je suis optimiste, je crois en l’union des Etats de l’Afrique. L’Afrique a des richesses, une main-d’œuvre bon marché, et tout le monde a besoin de l’Afrique. Sur notre continent, il y a du soleil, c’est un luxe. Il y a aussi de la pluie. A nous d’être prêts à rencontrer notre avenir. Il faudra passer par l’éducation, qui est très importante. » Pour ce faire, il n’hésite pas à s’impliquer. « J’ai créé un concept : un concert, une école. J’ai ainsi mis en place deux écoles primaires en Côte d’Ivoire, un collège au Mali, une école primaire au Niger, une autre au Burkina Faso. La prochaine école est prévue en Guinée, puis au Cameroun. Mon grand rêve est de pouvoir construire une école dans chaque pays d’Afrique tous les deux ans. » Ce projet, soutenu par des associations et institutions humanitaires, a pour vocation d’accorder les mêmes chances à tous les enfants.

SON ENGAGEMENT POLITIQUE

Malgré la situation qui prévaut aujourd’hui au Mali, Tiken Jah ne souhaite pas s’exiler à nouveau. Il demeure confiant et optimiste. « La situation actuelle du Mali est la conséquence de ce qui s’est passé en Libye après le coup d’Etat et l’arrivée des islamistes, ce qui est trop pour un pays. Ensuite, il y a eu la transition et les élections présidentielles gagnées par l’actuel président avec plus de 77 % de voix. Il faudra faire le bilan à la fin de son mandat. L’opposition a le droit de critiquer l’action du gouvernement actuel et je souhaite qu’on aille jusqu’au bout pour que le processus démocratique perdure. Le Mali a été un exemple de démocratie. Le pouvoir appartient au peuple, il faudrait qu’on conserve cette idée.» Et l’avenir appartient à la jeunesse, que le chanteur exhorte à s’impliquer davantage, comme au Burkina Faso où les étudiants se sont opposés au coup d’Etat militaire. « Le rôle de la jeunesse est de prendre la parole et de faire de la politique. Partout où il y a une révolution, les jeunes sont en avant. » Tiken Jah se remémore la première fois qu’il a entendu Alpha Blondy. C’était lors de son séjour en Jamaïque. C’est à ce moment-là qu’il a su qu’il jouerait du reggae. Sur le chemin du Tuff Gong Studio, mythique studio jamaïcain de Kings-ton créé par Bob Marley, il croise de nombreux rastas qui se réclament de l’Afrique. « Il ne faut pas oublier le lien historique entre le continent et la Jamaïque», rappelle-t-il. Et la musique en est le vecteur. Le chanteur ivoirien retient aussi la ferveur des artistes jamaïcains, fiers de participer à l’enregistrement de son album, composé de standards du reggae. Il rend hommage aux légendes dont la musique a bercé son enfance. Porté par le grand rêve de Bob Marley, qui a toujours souhaité voir le reggae retourner en Afrique, le reggaeman ivoirien se donne pour mission « de faire en sorte que ce rêve devienne réalité. »

Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 90 du numéro de Juin 2016, en vente ICI



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