TRAITEMENT DE CHOC POUR LE COMMERCE AMÉRICAIN




Steve Forbes
Steve Forbes
Il est une décision par laquelle
le président Donald Trump remporterait haut la main tous les suffrages, un acte qui mettrait un terme à une pratique commerciale abusive et qui rapprocherait le président de son objectif d’abaisser le prix des médicaments délivrés sur ordonnance. Il s’agirait d’exiger des étrangers qui achètent les produits pharmaceutiques américains – pour l’essentiel des organismes gouvernementaux – qu’ils s’acquittent de leur juste part des frais de recherche et de développement correspondant à ces remèdes. Pour l’heure, ce sont les Américains qui subventionnent les étrangers qui consomment leurs médicaments.

Voici comment fonctionne le système. Aux États-Unis, le coût moyen pour mettre avec succès un nouveau médicament sur
le marché avoisine 2,4 milliards de dollars. Douze années sont nécessaires pour mener à bien le processus de validation et obtenir le feu vert pour la commercialisation d’un nouveau médicament. Ce coût couvre
tous les «􏰀médicaments-candidats􏰀» qui ne franchissent pas les portes des laboratoires de recherche ou qui échouent lors des essais cliniques imposés par la Food & Drug Administration (FDA), une étape coûteuse en temps et en argent.
Les sociétés pharmaceutiques reçoivent en début de parcours un brevet de médicament délivré pour une période de vingt ans, ce qui signifie qu’elles ne disposent en réalité que d’environ huit ans d’exclusivité commerciale (vingt ans pour le brevet, moins les douze nécessaires pour franchir tous les obstacles avant qu’un produit puisse être vendu). Rien d’étonnant donc à ce que le prix initial d’un nouveau médicament atteigne des sommets quand le coût réel de fabrication par pilule s’avère, quant à lui, dérisoire. (Dans l’idéal, lorsqu’un médicament tombe dans le domaine public, les «􏰀copieurs􏰀» mettent rapidement sur le marché des répliques plus abordables de ce médicament, que l’on appelle «􏰀génériques􏰀». Hélas, la réglementation instaurée par la FDA
a fait dérailler ce processus. Depuis, le Dr Scott Gottlieb, nouveau chef de la FDA, a fort heureusement supprimé certaines restrictions, à la suite de quoi le taux d’homologation des médicaments a plus que doublé.)

Lorsqu’une entreprise du médicament commercialise un nouveau produit
à l’étranger, les acheteurs exigent l’application de prix qui ne représentent qu’une fraction de ce que déboursent
les consommateurs américains. La demande s’apparente davantage à des pratiques mafieuses – les entreprises se retrouvent le couteau sous la gorge – qu’à un processus de négociation commerciale classique. La menace implicite – et parfois explicite – se lit comme suit : si une société refuse de céder, le pays accordera à une autre entreprise l’autorisation de produire une copie du médicament.

Les États-Unis doivent donc dès aujourd’hui faire de la vente au juste
prix de médicaments américains à l’étranger une priorité de leur politique commerciale. Si les autres pays ne souhaitent pas financer l’activité de R&D, ils n’auront pas droit à nos comprimés. Un point c’est tout. Et s’ils s’adonnent au jeu de l’imitation, nous userons de mesures de rétorsion douloureuses.
Si cette stratégie portait ses fruits, les consommateurs américains verraient le prix de leurs médicaments considérablement réduit. Par ailleurs, le battage médiatique généré par le sujet pousserait les Américains à comprendre combien le système de validation actuel est ruineux – et archaïque – et favoriserait par là même l’émergence d’un appui politique en faveur des réformes analogues à celles que Scott Gottlieb souhaite voir appliquées à la FDA. De tout ceci pourrait émerger un bénéfice collatéral : la FDA pourrait céder du terrain face au vœu du président, lequel souhaite autoriser les malades en phase terminale à se voir administrer des médicaments qui n’ont pas encore passé tous les obstacles administratifs et obtenu leur autorisation de mise sur le marché.