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Portrait

Sarah Diouf, créatrice de la marque de vêtements « Tongoro »

Par Patrick Ndungidi le 26 Mai 2017

Créatrice de Tongoro, une marque de vêtements dont les produits sont exclusivement vendus en ligne, Sarah Diouf dirige également les magazines « Ghubar » et « NOIR » (bientôt disponible) ainsi que « IfrenStudios », une agence créative proposant aux marques les outils nécessaires à leur communication visuelle et digitale.



©Tongoro
©Tongoro
Un père sénégalo-congolais et pilote d’avion, une mère centrafricaine et hôtesse de l’air, une naissance à Paris, une enfance passée à Abidjan, des études en France… Sarah Diouf est le fruit d’un métissage culturel à la base de son ouverture d’esprit et qui influence aujourd’hui son travail de jeune entrepreneure. « La diversité de nos cultures, l’ère du digital et le renouveau du lifestyle africain font de ce moment présent une période stratégique pour célébrer l’influence de l’Afrique sur le monde entier. C’est une opportunité à saisir que je ne compte pas laisser passer », explique celle qui a été contrainte de quitter la Côte d’Ivoire en 2000, suite aux événements politiques, afin de poursuivre ses études à Paris. Aujourd’hui, c’est au Sénégal que Sarah Diouf a installé les différentes activités de son entreprise Ifren Media Group qui comprend IfrenPublishing (édition) et IfrenStudios (production). « Nous proposons un large éventail de services et combinons les activités d’une maison d’édition et d’une agence créative. En produisant nos propres contenus et supports (Ghubar, NOIR), nous proposons de la visibilité et une communication qualitative. IfrenPublishing prend le pari de créer des publications africaines à portée et audience internationale. IfrenStudios opère à l’international et collabore avec des PME africaines et européennes. », explique Sarah Diouf. Le groupe créé par cette dernière collabore actuellement avec des prestigieux clients comme l’entreprise d’automobile allemande Audi (production de visuels lifestyle pour la communication interne) ; la marque de maroquinerie Helmer, en Angleterre pour la production de campagnes de communication ; Labo International, en France qui évolue dans le secteur de l’évènementiel (réalisation de visuels de communication) ainsi que l’entreprise de textile Gali au Sénégal ( branding et Communication visuelle).

Sarah Diouf
Sarah Diouf

Promouvoir le Made in Africa

Bien que son ambition première était d’exercer le métier d’architecte, Sarah Diouf s’est orientée vers le secteur de la communication grâce à son goût prononcé pour l’image. Elle est détentrice d’un diplôme universitaire technologique (DUT) en techniques de commercialisation de l’Institut universitaire technologique (IUT) de Vélizy (région parisienne) et d’un Master II en marketing et gestion de la communication à l’INSEEC Paris. En parallèle à ses études, elle a acquis une expérience professionnelle au sein de grandes et petites entreprises telles que Publicis Communications, LeBook (l’annuaire de l’industrie créative), et Marc Jacobs (Groupe LVMH). Elle y développe un vif intérêt pour les médias, la communication et l’image. Ainsi, en 2009, elle lance le magazine en ligne Ghubar, une publication qui met l’accent sur la culture africaine et le monde arabe à travers la mode et les arts. « Ce magazine marque le début de mon aventure entrepreneuriale, et la première étape de création de mon groupe média Ifren, reflétant mon ambition de créer une entité africaine forte », fait savoir fièrement Sarah Diouf. La qualité esthétique du magazine pousse de nombreuses marques à lui confier la réalisation de leurs visuels de communication. Cette expérience la décide à lancer IfrenStudios en 2011. La même année, elle remporte un Cosmopolitan Fashion Award à Londres et collabore avec des marques établies telles que Audi et Reebok, qui donnent une nouvelle assise au magazine. Pendant deux ans, Sarah Diouf travaille en free-lance avant de structurer son activité et de créer légalement Ifren dans l’optique d’un retour au Sénégal. « La stabilité politique, le dynamisme économique, le rayonnement et l'ouverture sur le monde du Sénégal sont des éléments clés et nécessaires au bon développement de mes activités, qui m’ont poussé à rentrer m’y installer », explique Sarah Diouf.

©Tongoro
©Tongoro

Tongoro, 100% made in Africa

Par ailleurs, en mai 2016, cette dernière lance « Tongoro », une marque de vêtements 100% made in Africa. « C’est la première marque de mode africaine en nom propre se positionnant sur le marché international au même niveau que les géants du prêt-à-porter avec un business model exclusivement axé sur la vente en ligne », note l’entrepreneuse pour qui la majorité des marques africaines établies et reconnues restent relativement chères. L’objectif de « Tongoro », précise sa créatrice, est d’offrir à une clientèle internationale une mode unique, responsable et abordable. Ainsi, révèle Sarah Diouf, actuellement 76% des ventes de « Tongoro » se font sur le marché américain (USA). Le chiffre d’affaires moyen de la marque en 2016 était de 5 800 000 fcfa( presque 10.000 euros). « Je me fournis exclusivement sur le continent, et travaille avec une main d'œuvre locale dans le but, sur le long terme, de contribuer au développement de la production du prêt-à-porter en Afrique de l’Ouest, avec un premier atelier au Sénégal », fait savoir Sarah Diouf. Une initiative notamment saluée par son mentor, la libérienne Saran Kaba Jones, fondatrice de Face Africa, une organisation de lutte contre la pauvreté et la crise de l'eau au Liberia. « Je suis extrêmement impressionnée par son travail extraordinaire, son fort caractère et son engagement profond pour l'autonomisation des femmes. Avec du matériel provenant du continent, elle travaille avec des tailleurs locaux à Dakar, leur fournissant un revenu régulier. Je considère Sarah comme l'un des plus jeunes entrepreneurs qui font la fierté de l’Afrique. C’est une jeune femme talentueuse avec une vision artistique frappante et un potentiel illimité qui comprend véritablement la valeur du service et l'importance de « rendre » à sa communauté », fait savoir Saran Kaba Jones.

©Tongoro
©Tongoro

Nouveau magazine et nouvelle marque

Loin de se satisfaire des entreprises déjà mises en place, la serial entrepreneure se prépare à lancer cette année sa deuxième publication « NOIR », semestriel dédié à la femme noire, ainsi qu’une plateforme digitale dédiée au lifestyle et aux voyages en Afrique. Bien plus, toujours dans une logique de conquête de marché, Sarah Diouf envisage également, d’ici septembre, de lancer « Tongoro Home », première collection de capsule de linge de maison, et de développer la présence de la marque à Dakar, Abidjan, et Lagos. « Cette première année d’activité m’a permis d’étudier et de fidéliser ma clientèle, de stabiliser les revenus et de planifier le développement sur les trois prochaines années ». L’objectif, sur le long terme, confie Sarah Diouf, est d’assurer la distribution de « Tongoro » sur tout le continent en développant une plus grande unité de confection.




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