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Saboutech, premier incubateur spécialisé de Guinée

Par Founé Diarra le 19 Mai 2016

« Coup de pouce », voilà ce que signifie sabou - en peul, soussou et malinké -, le nom de cette structure d'accompagnement pour les entreprises spécialisées dans les TIC, les énergies renouvelables et l'environnement. Fatoumata Guirassy, directrice générale de ce nouvel incubateur, se livre à Forbes Afrique.



Saboutech, premier incubateur spécialisé de Guinée

Forbes Afrique : Saboutech vient d'être inauguré le 6 mai dernier. Pourquoi avoir créé un incubateur spécialisé dans ces trois domaines ?

Fatoumata Guirassy : Nous avons fait le pari de nous déployer dans les secteurs porteurs d’innovation que sont les TIC, les énergies renouvelables et l’environnement. Cela pour accompagner le développement du numérique en Guinée qui s’ouvre à l’ère de la modernité. Les investissements effectués dans ce secteur durant cette dernière décennie et les chiffres de l’interconnexion prouvent que le marché guinéen tend vers une expansion dans le domaine des TIC. Le taux de pénétration Internet a été multiplié par six en l’espace de deux ans et celui du mobile est aujourd’hui de plus de 100 %. Par ailleurs, la Guinée, malgré d’énormes réserves d’énergies renouvelables, souffre d'un déficit chronique d’énergie. Le potentiel hydroélectrique, par exemple, est estimé environ à 6 000 MW, dont il s’avère que moins de 3 % sont actuellement valorisés. Nous voulons accompagner le développement durable du pays. Le développement des villes, notamment, est à repenser intégralement (eau, assainissement, recyclage, écodéveloppement…), en l'absence d’une politique nationale précise et cohérente en matière d’assainissement. Ces trois secteurs innovants que nous ciblons gagneraient à être valorisés par l’entrepreneuriat, mais leur développement en Guinée ne saurait se faire sans des entreprises fortes, capables de soutenir l’économie. Pour que ces entreprises puissent pousser et se développer, il faut un écosystème favorable, à l’éclosion duquel des outils de type incubateurs et accélérateurs sont nécessaires.

Quels sont les acteurs à l'origine de Saboutech ?

F. G. : Saboutech est une initiative du secteur privé structurée en association à but non lucratif. Elle est soutenue par de grandes multinationales et des entreprises du secteur privé guinéen aussi bien financièrement qu’en nature, via une participation à sa gouvernance, à laquelle le secteur public est également associé, par l'entremise de l'Autorité de régulation des postes et télécommunications, qui finance Saboutech à hauteur de 100 000 millions de francs guinéens, soit 10 000 euros. 

Selon vous, l'entrepreneuriat est-il une réponse au problème du chômage chez les jeunes Guinéens ?

F. G. : Nous recevons chaque jour de jeunes entrepreneurs. Beaucoup d’étudiants qui ont des projets d’entreprises et qui ont compris la nécessité de l’auto-emploi sont proactifs en ce sens. Un bon nombre d’entre eux sont conscients qu’ils ne trouveront pas forcément d’emploi une fois leurs études achevées. Dans un contexte de reprise post-Ebola difficile, avec un taux de chômage des jeunes avoisinant les 60 %, l’entrepreneuriat n’est bien sûr pas une solution miracle, mais se pose résolument comme une bonne alternative pour résorber le chômage des jeunes Guinéens. Cependant, beaucoup manquent du savoir-faire nécessaire pour démarrer une entreprise. Au-delà des mesures prises en faveur de la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, il faudrait d’une part en amont outiller ces jeunes, en intégrant dans les programmes universitaires - voire plus tôt - l’acquisition de compétences entrepreneuriales et, d’autre part, renforcer, soutenir, mais également utiliser des structures comme Saboutech et autres structures d’accompagnement, afin de booster et dynamiser l’entrepreneuriat et renforcer à travers des formations qualifiantes les compétences techniques, managériales et financières de ces entrepreneurs en devenir.

Comment comptez-vous aider les entrepreneurs qui feront appel à vos services ? Via un soutien logistique, matériel, financier ?

F. G. : L’incubation est un programme d’une durée maximale de trois ans qui s’adresse aux jeunes entreprises cherchant à accéder au marché et à booster leur croissance. Nous proposons un espace de co-working permettant aux travailleurs indépendants, journalistes, blogueurs ou personnes de passage à Conakry de bénéficier d’un espace de travail collaboratif. Grâce à ces offres, les porteurs de projets bénéficieront d’un savoir-faire. Nous allons les accompagner dans le développement d’affaires, leur proposer des formations, du coaching, les accompagner dans la recherche et la mobilisation de fonds, et faciliter leur mise en réseau à travers le mentoring et des événements dédiés. Ils pourront également bénéficier d’un hébergement, de bureaux privatisés et de salles de réunion, le tout dans un cadre convivial et confortable.

En tant que premier incubateur spécialisé, quel est votre « plan d'attaque » pour vous implanter dans le pays ? Comment comptez-vous vous distinguer des autres incubateurs du continent ?

F. G. : Pour beaucoup de nos concitoyens, la notion d’incubateur est encore nouvelle. Depuis six mois, nous menons un travail de sensibilisation - journées portes ouvertes, rencontres des étudiants, médias, réseaux sociaux, etc. - que nous poursuivons à travers nos activités pour vulgariser ce dispositif auprès des entrepreneurs et aspirants entrepreneurs guinéens. Saboutech va également organiser et proposer des formats innovants d’événements - participatifs, collaboratifs, interactifs, créatifs - pour en faire un point focal et un lieu de référence pour toutes les initiatives en faveur de l’entrepreneuriat et de l’innovation.



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