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Portrait

Rodrigue Ngonde : « Rien ne se perd, tout se transforme »

Par OJU BABAYARO le 11 Novembre 2016

Recycler les déchets en matière plastique, tel est le principe à l’origine de la création de la société Red-Plast. Si l’idée de son fondateur, Rodrigue Ngonde, est simple, sa mise en œuvre s’avère plus compliquée… Challenge d’un jeune entrepreneur de 28 ans.



Rodrigue Ngonde : « Rien ne se perd, tout se transforme »
Rodrigue Ngonde est un jeune entrepreneur camerounais âgé de 28 ans. Diplômé de l’Essec (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales) de Douala. Influencé par une approche écologique de l’économie, il veut construire une chaîne de recyclage du plastique à travers tout le pays. C’est ce qui l’a amené à créer Red-Plast en 2012.

De réelles possibilités

Là où vous voyez des ordures destinées à la décharge publique, Rodrigue Ngonde voit une mine d’or, riche en opportunités pour son entre-prise. Des tonnes de déchets plastiques s’amoncellent dans les villes camerounaises, obstruant les canalisations et polluant les cours d’eau. Son ambition est d’en extraire le maximum de valeur en leur donnant une seconde vie, soit en les transformant par ses propres moyens, soit en approvisionnant des usines qui peuvent s’en servir comme matière première.

Il se rend vite compte que sans un système de collecte bien organisé, il n’atteindra jamais le seuil critique d’une activité industrielle aux besoins énormes : « Pour faire tourner une usine, il faut 10 tonnes de matières plastiques par jour », confie-t-il. En 2014, il lance le programme EcoCollect, avec pour objectif de ramasser 10 000 tonnes de matières plastiques usées par an.
La matière première ne manque pas : « Chaque année, le Cameroun produit 600fl000 tonnes de déchets plastiques », confirme Rodrigue Ngonde. D’ici 2020, les Camerounais consommeront un milliard de bouteilles d’eau minérale par an. Une pénurie de matières plastiques n’est donc pas à craindre, le véritable problème réside en fait dans la mise en place de la chaîne logistique indispensable pour collecter des objets qui se trouvent éparpillés dans la nature. « Il faut des véhicules, des centres de stockage et de tri, des équipes de collecteurs. »

Le programme de cette collecte débute donc en 2014. Au début, il est organisé de façon ponctuelle et saisonnière. Les équipes de Red-Plast vont sur le terrain, sensibilisent les ménages au tri des ordures. Dans les établissements scolaires, Red-Plast fait fabriquer des bacs à ordure destinés aux objets usés. Ces campagnes saisonnières bénéficient du soutien de quelques municipalités qui affectent certains de leurs agents au ramassage de déchets plastiques. Pour le transport, la jeune entreprise s’appuie sur une flotte de trois camions fournis par des prestataires. Cette dernière déverse son chargement dans deux entrepôts de 2 000 m2 chacun, l’un à Douala, et l’autre à Yaoundé. Malgré tout, un tel système reste trop artisanal et, après deux ans d’expérience, Rodrigue Ngonde envisage un dispositif plus efficace.

N°39 Novembre 2016
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Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 42 du numéro 39 Novembre 2016, en vente ICI.



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