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René Décurey, « Chaque année, nous doublons notre chiffre d’affaires »

Par DAMAS LOH le 8 Juillet 2016

La compagnie ivoirienne Air Côte d’Ivoire est aujourd’hui en pleine phase de décollage, avec des recettes à la hausse, tout comme le nombre d’appareils constituant sa flotte. René Décurey, directeur général de la structure, s’est confié sur les secrets de ce remarquable dynamisme.



FORBES AFRIQUE : Quelle est la situation financière actuelle d’Air Côte d’Ivoire ?

RENÉ DÉCUREY : Concernant la situation financière, il faut savoir que pour créer un réseau en forme de hub, il faut plus de lignes. Ce qui implique des investissements beaucoup plus importants en ressources humaines, financières, et en moyens de production. Nous avons choisi ce modèle avec de gros investissements au départ, tout en sachant que, durant les cinq premières années, nous ne serions pas bénéficiaires. Nous avons donc développé cette compagnie avec trois avions au départ. Aujourd’hui, avec neuf appareils, nous avons pratiquement atteint notre taille critique.

Quand pensez-vous atteindre la rentabilité ?

R. D. : Nous prévoyons avant tout de consolider nos acquis et pensons arriver au seuil de rentabilité d’ici 2018, comme prévu dans notre feuille de route. Actuellement, il est vrai que nous accusons des pertes, mais je pense que c’est logique et inévitable avec tout ce qui a été investi. Pour ce qui est de l’évolution de notre chiffre d’a’aires, celui-ci est passé de 27 milliards de FCFA en 2013 à 50 milliards en 2014, pour atteindre 76 milliards en 2015. Comme vous pouvez le constater, nous doublons quasiment notre chiffre d’une année sur l’autre. 

Il en va de même pour le trafic passagers : en 2013 nous avons enregistré 244 000 passagers, en 2014, 400 000, et en 2015 nous avons atteint les 600 000 passagers. Pour 2016, nous prévoyons un chiffre d’a’aires d’environ 96 milliards 
de FCFA avec un objectif de 700 000 passagers. En ce qui concerne le capital de l’entreprise, nous avons démarré avec un actionnariat réparti entre l’État 
de Côte d’Ivoire, à 65 % des parts, 20 % pour Air France et 15 % pour le groupe Aga Khan. Nous avons récemment augmenté le capital pour le porter à 63 milliards de FCFA, avec 57 % de parts revenant à l’État de Côte d’Ivoire et 7 % à la BOAD, qui vient d’entrer dans le capital. Air France et Golden Road restent également dans le capital.

Quelle est la valeur ajoutée d’Air Côte d’Ivoire par rapport à la concurrence ?

R. D. : Notre principal atout réside dans les nombreux vols directs que nous opérons. Je pense aussi que la ponctualité et la régularité de nos vols constituent un plus, sans oublier la modernité des équipements à bord et la qualité du service. Tous ces éléments constituent des avantages notoires par rapport à d’autres compagnies qui volent avec des avions d’un certain âge et ont des soucis de régularité et de ponctualité. En plus des neuf avions constituant notre flotte, le conseil d’administration nous a suivis dans la décision d’acquérir un avion de réserve•: nous le parquerons à Abidjan, de sorte qu’en cas de difficultés techniques observées sur un avion, nous ayons au moins un appareil disponible pour assurer le « shift ». C’est là un autre avantage important qu’Air Côte d’Ivoire peut offrir à ses passagers.

Qu’en est-il du plan de développement de vos lignes au niveau national et régional ?

R. D.: En Côte d’Ivoire nous desservons actuellement cinq destinations: Korhogo, Bouaké, San Pedro, Odienné, et Man. Nous nous cantonnons pour l’instant à ces cinq destinations puisque les autres aéroports du pays n’ont pas encore été réhabilités. Bien sûr, nous avons aussi d’autres « points de chute » potentiels à l’est du pays comme Bouna et Bondoukou, mais les pistes de ces aéroports ne sont pas encore bitumées. Dès qu’un aéroport est opérationnel, nous nous associons au gouvernement ivoirien pour étudier ensemble la possibilité de desservir cette nouvelle destination. Sur le plan régional, nous avons cette année enrichi notre desserte de trois destinations: Luanda, Bangui et Nouakchott, ce qui nous permettra de connecter l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest via Abidjan. Grâce au réseau actuellement en place, nous entendons dans un premier temps consolider notre position, puis analyser progressivement la possibilité d’exploiter d’autres destinations. 

L’impact économique des attaques de Grand-Bassam s’est-il ressenti au niveau d’Air Côte d’Ivoire ?

R. D.: Non, je ne pense pas qu’il y ait pour l’instant d’impact direct à déplorer. Et j’espère que cela n’arrivera pas. C’était le premier cas en Côte d’Ivoire, et je pense que tout le monde a pris des mesures, que ce soit dans les hôtels, les écoles et même les aéroports. Tout le monde a réalisé qu’il faut renforcer les mesures de sécurité et accroître la vigilance. Et c’est ce que nous avons également fait de notre côté.

Quelles sont les perspectives de la compagnie ?

R. D.: Si l’on observe l’évolution de nos performances jusqu’à maintenant, il est clair que 
nous avons pleinement réalisé nos objectifs. La planification et le respect de notre feuille
de route assoient notre crédibilité. 
Et j’ai la certitude qu’en 2016, nous atteindrons encore une fois nos objectifs. Cette année, nous prévoyons de construire un hangar à l’aéroport d’Abidjan pour abriter nos avions et y réaliser en toute quiétude nos travaux de maintenance. Autre mesure en cours: la formation d’une quinzaine de pilotes qui viendront compléter les effectifs du personnel navigant déjà opérationnel. Enfin, entre autres investissements importants, la construction du siège de la compagnie à l’aéroport d’Abidjan. 

Publié en Mai 2016



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