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Quelle ville africaine a les moyens d'organiser les JO ?

Par Par Harley Kenguéléwa le 23 Avril 2016

Un seul pays d’Afrique dispose de ressources financières suffisantes pour abriter cette compétition internationale, adaptée à l’ère moderne par le Français Pierre de Coubertin, qui a lieu tous les quatre ans. Cependant, les répercussions économiques générées par des investissements de cette nature seraient difficilement chiffrables.



L’un des événements sportifs les plus médiatisés de la planète, les Jeux Olympiques d'été, se déroulera au courant du mois d'août 2016 à Rio de Janeiro au Brésil, une occasion pour chacun de nous de se demander si un pays africain est capable d’organiser cette compétition mondiale de prestige. Selon Leonardo Gryner, le directeur général du Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Rio 2016, les travaux effectués dans la ville sud-américaine auront coûté près de 10 milliards d’euros. A titre de comparaison, ce montant dépasse les budgets du Congo-Brazzaville, du Tchad, du Burundi et de la Centrafrique réunis. « Cela requiert beaucoup d'investissement et un concentré de technologies », avait déclaré Jean-François Lamour, à qui l’on avait demandé, il y a de nombreuses années, si l’Afrique serait en mesure d'abriter les jeux, lorsqu’il était ministre des sports sous la présidence de Jacques Chirac. Sous-entendu : le continent africain ne disposerait pas des moyens financiers nécessaires.
 
Qu'en est-il de la réalité ? Une ville candidate doit pouvoir offrir un réseau de transport de qualité, un aéroport de classe internationale, un ensemble d’infrastructures sportives modernes, un parc hôtelier riche et varié. Elle lui faudra également disposer d’un budget colossal consacré à la sécurité et la propreté par exemple. Au vu de ces différents critères, Cape Town, la capitale législative de l’Afrique du sud, semble correspondre le mieux à cet idéal. Forte de son savoir-faire et de son expérience en matière d’évènements sportifs, elle a déjà abrité des matchs de la coupe du monde de rugby en 1995, ceux de la Coupe du monde de cricket en 2003 et quelques tournois de la coupe du monde de football en 2010.

Horizon 2024 ou 2028

En théorie, l'économie de la ville en sortirait renforcée et profiterait de centaines de millions de rands en retombées économiques : les bars et restaurants profiteraient pleinement de cet évènement, car nul doute que les Sud-africains et les touristes étrangers se réuniraient autour d'un plat ou d’un verre pour regarder toutes les épreuves olympiques devant un écran géant et fêter les victoires de leur équipe nationale respective. Les hôtels tourneraient à plein régime. Les enseignes spécialisés dans le multimédia et particulièrement dans la vente de téléviseurs verraient leur chiffre d’affaires exploser. Ancrée dans un contexte sportif, l’Afrique du sud, déjà auréolé de son statut de première destination touristique du continent, bénéficierait de milliers de visiteurs supplémentaires, transformés en clients potentiels.
 
Dans la pratique, l’expérience de certains pays montre qu’il existe un écart important entre les coûts réels de cette compétition et les prévisions budgétaires. Wladimir Andreff, un professeur en Sciences Economiques à l'Université de Paris 1 Panthéon Sorbonne qui s’intéresse à l’économie du sport, a pu apporter la preuve que les villes de Pékin et de Londres avaient largement dépassé les budgets annoncés. Le Cap n’échapperait pas à cette « malédiction du vainqueur de l'enchère » si elle envisageait de se porter candidate à l'organisation des Jeux Olympiques en 2024 ou en 2028 et le retour sur investissement serait beaucoup plus long que prévu.
 
Moins dangereuse que la ville de Johannesburg considérée comme le poumon économique du pays, Cape Town n’est toutefois pas épargnée par la criminalité et la menace terroriste est en train de gagner progressivement tout le continent africain, ce qui ferait alourdir considérablement la note du gouvernement en matière de sécurité. D’autre part, les soupçons de corruption autour de l'attribution de la Coupe du Monde de football à l’Afrique du sud en 2010 pourraient faire éloigner la perspective d'une candidature de la nation arc-en-ciel aux Jeux Olympiques, un évènement qui veille davantage au respect des principes éthiques.
 
 



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