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L'éditorial de Michel Lobé Ewané

Rédigée le 28 Octobre 2016

Que pense Hillary Clinton de l’Afrique

Dans l’élection présidentielle américaine qui se joue dans les prochains jours, presque rien n’a été dit par les candidats sur l’Afrique. La seule mention au continent dans les grands thèmes qui mobilisent, c’est la Libye, dont le chaos ambiant sert d’argument à Donald Trump contre Hillary Clinton.


Que pense Hillary Clinton de l’Afrique
Il est clair que ni Trump ni ses conseillers n’ont réfléchi à ce que pourrait être pour le candidat républicain une politique africaine, s’il était élu. Quant à Hillary Clinton, même si l’Afrique est loin d’être sa priorité, elle a le mérite et l’avantage d’en avoir parlé et d’y avoir consacré un chapitre dans ses mémoires – Le Temps des décisions (Fayard, 2014). Hillary a en plus le bénéfice de la politique africaine de son mari Bill. Mais alors, que pense-t-elle de l’Afrique›? Et quelle pourrait être sa politique africaine?
Pour celle qui pourrait devenir la première femme présidente de l’histoire des Etats-Unis, l’Afrique est travaillée par une alternative qui pose une question « marquée par le sceau de l’histoire » : choisir les armes ou le développement ? Dans ses mémoires, elle s’interroge : « L’avenir de l’Afrique sera-t-il davantage caractérisé par les armes et la corruption, ou par le développement et la bonne gouvernance ? De part et d’autre de cet immense continent se côtoient à la fois une prospérité grandissante et une extrême pauvreté, des gouvernements responsables et l’anarchie la plus totale, des champs et des forêts luxuriantes et des zones de sécheresse. Qu’une même région puisse présenter de si grandes disparités, voilà qui fait naître une interrogationfl: comment pouvons-nous contribuer à soutenir le progrès considérable qui est en cours dans tant de pays d’Afrique tout en permettant à d’autres, encore dominés par le chaos et les privations d’inverser la tendance ? »

Cette interrogation reste toutefois sans réponse précise de sa part. Certes, Hillary Clinton souligne que « certaines des économies les plus florissantes de la planète se trouvent en Afrique subsaharienne ». En visite à Dakar en 2002, dans un discours, elle a déclaré que l’Amérique privilégiait « un modèle de partenariat durable qui permet d’ajouter de la valeur, pas d’en extraire ». Belle formule, mais parfaitement vague. Elle ne cache pas son admiration pour un pays comme le Botswana. « Ses leaders ont décidé d’investir les revenus du diamant dans les infrastructures et la population. […] La démocratie s’est implantée, consolidée par des élections libres, justes et régulières, et fondées sur le respect des droits de l’homme. Les autoroutes du pays sont aujourd’hui parmi les meilleures d’Afrique. […] Les dirigeants du Botswana ont répondu aux cinq critères essentiels : démocratie, développement, dignité, discipline et résultats. »
Pour l’ex-secrétaire d’Etat : « L’avenir de l’Afrique peut être radieux si l’on s’attaque à la question des ressources, des profits ainsi générés et de l’utilisation de ces derniers. »  
Mais alors quel rôle doit jouer dans ce continent l’Amérique ? Hillary Clinton n’a pas de réponse précise. Mais une ligne directrice basée sur des principes : « L’Afrique a besoin de partenariat, pas de charité. » Une ligne suivie par l’administration Obama, qu’Hillary devrait poursuivre : « Encourager les perspectives et le développement, stimuler l’essor économique, les échanges et l’investissement, promouvoir la paix et la sécurité, renforcer les institutions démocratiques. » Bref, rien de nouveau. Et sans doute le même désintérêt caractéristique des années Obama.
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