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Rédigée le 2 Juin 2017

Quand le cinéma annonçait la venue de Barack Obama !

On rencontre dans l’histoire de l’humanité, des coïncidences qui vous laissent rêveurs. On pense aux catastrophes – la destruction des Twin Towers, le naufrage du Titanic – qui auraient été annoncées, décrites par des écrivains bien avant qu’elles ne surviennent. En superposant les vies des présidents américains John Kennedy et Abraham Lincoln, on a la nette impression que c’est la même histoire qui se répète à une centaine d’années d’écart, l’un et l’autre ayant été victime d’un assassinat. Le collaborateur de l’un portait le nom de l’autre et vice-versa. L’assassin de l’un a tiré d’un entrepôt et s’est caché dans une salle de spectacle alors que celui de l’autre a fait l’inverse. J’ai découvert une autre coïncidence qui ne laisse pas indifférent.


La lutte pour l’égalité des droits civiques fait rage au pays des Oncles Sam et Tom. Les personnages mythiques émergent. Martin Luther King, le pasteur non violent, et Malcolm X, l’enfant terrible –qui s’assagira par la suite–, en sont les plus représentatifs. Tous les secteurs de la société américaine s’attellent à la tâche. La musique, la littérature, le cinéma jouent chacun sa partition. C’est à cette époque que sort le film Devine qui vient dîner ce soir, un chef-d’oeuvre par le jeu des acteurs, mais aussi par la façon très noble dont le film est présenté.
    Un jeune homme noir, professeur de médecine, candidat au prix Nobel, directeur adjoint de l’Organisation mondiale de la Santé, rencontre à Hawaï, une jeune femme blanche qui y passe ses vacances. La jeune femme est d’une famille progressiste qui milite pour l’égalité des droits civiques et des races. Les jeunes gens tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. La fille tient à présenter immédiatement son fiancé à ses parents. La suite nous la connaissons. Les similitudes avec une histoire réelle, peut-être moins.
    En 1961, un enfant naît à Hawaï, d’une mère blanche et d’un père kenyan. C’est cet enfant qui deviendra moins d’un demi-siècle plus tard, le premier président noir des Etats-Unis. Il faut rappeler que si le médecin du cinéma n’est pas africain, il travaille beaucoup avec l’Afrique. Les deux couples, celui de la fiction et celui de la réalité, sont donc mixtes et les hommes ont un lien avec l’Afrique. Dans le film, le père de la jeune femme appelle son futur beau-fils et lui parle d’homme à homme sur les di™fficultés que le couple ne manquera pas de rencontrer. Puis, il lui demande s’ils nourrissent le projet d’avoir des enfants. Non seulement ils comptent bien en avoir, lui confie le médecin, mais en plus, sa fille est convaincue que leur enfant sera président des Etats-Unis. Quant à lui-même, il avoue qu’il trouve sa fiancée un peu trop optimiste et qu’il sait que ces enfants ne seront pas vus comme tous les autres.
    Barack Obama a terminé son mandat sans se faire assassiner et sans avoir bouleversé la vision américaine du monde. Néanmoins avec l’arrivée de Donald Trump, une partie de l’Amérique semble décidée à tourner le dos à cette expérimentation hasardeuse. Alors, la prémonition cinématographique, la prophétie du président noir venu d’Afrique et de Hawaï, n’en revêt que plus de sens et se nimbe d’un voile de tendresse.
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