Pourquoi le plan d'allègement fiscal de M. Trump doit-il viser haut et fort


La réussite de Donald Trump en tant que président tient à un élément déterminant : l’amorce d’une vigoureuse reprise économique. Et le facteur clé de cette reprise, c’est l’allégement substantiel de l’imposition. Tant le projet fiscal porté par M. Trump durant sa campagne que la feuille de route proposée par les républicains de la Chambre des représentants répondent à une stratégie de croissance volontariste. Mais les pressions s’accentuent pour réduire la portée de la future loi, et pour reporter, par exemple, les réductions pour les particuliers. Ce serait néanmoins une grave erreur que de se montrer timoré.



Le nouveau gouvernement devrait s’attacher dès maintenant à étoffer son train de mesures fiscales. A l’instar de la réforme fiscale menée par Ronald Reagan en 1986, il lui faudrait réduire à deux le nombre de tranches d’imposition (en l’espèce, 25€% et 10€%), et également ramener les prélèvements sur les gains en capital de 23,8€% (ce taux inclut un prélèvement de 3,8€% pour l’ObamaCare) à 15€% au minimum.
   Le chiffre d’affaires des entreprises augmenterait, comme c’est invariablement le cas lorsque cette taxe est revue à la baisse. Il faudra procéder de même avec les dividendes. De telles mesures, si elles sont conjuguées à une réduction radicale de l’imposition sur les bénéfices des entreprises et ces pseudo-passthroughs [entités dont les dirigeants et actionnaires sont simplement imposés au titre de l’impôt sur le revenu, ndlr] à 15€%, contribueraient à stimuler la création d’entreprises, sans compter qu’elles redonneraient de l’allant aux clients et aux investisseurs. Il n’y a pas de progrès sans investissement, et on ne peut y parvenir sans création de richesses.
    Augmenter massivement les exonérations fiscales pour les adultes et les enfants permettrait de contrer les incessantes récriminations exprimées par les démocrates selon lesquelles les nantis bénéficieraient d’un traitement de faveur. Et la consolidation du programme du earned-income tax credit (EITC), un crédit d’impôt attribuable aux plus faibles revenus, y compris les foyers non imposables, minimiserait les répercussions sur le plan politique. Ce serait même faire acte de sagesse que de prétendre que ces mesures sont, en réalité, le fait des démocrates.
   La gauche américaine se récriera qu’«˜aucun financement n’est prévu˜» pour ces impôts et que ces derniers ne feront que gonfler le déficit budgétaire. Quelle chance que les démocrates portent un intérêt soudain au déficit de l’Oncle Sam˜! Le noeud du problème est de savoir si l’essor économique s’apparentera à l’expansion des années 1980. A l’époque, si la dette publique avait plus que doublé avec une dilatation de 1˜700€Mds$, la richesse du pays avait tout de même bondi de 17˜000€Mds$.
   L’activité économique avait ensuite renoué avec la croissance et le secteur américain des hautes technologies fit des envieux dans le reste du monde. Rappelons-nous, ce sont les citoyens américains qui doivent donner le ton à Washington, et non le contraire.
   En faisant preuve d’audace, le gouvernement de Trump sera mieux à même de susciter l’adhésion des citoyens et disposerait ainsi d’une plus grande marge pour négocier avec le Congrès.

Tout sauf une TVA !

Il est une initiative fiscale qu’il convient de tuer dans l’oeuf avant même qu’elle ne voie le jour, et qui prévoit de consentir un remboursement d’impôt aux exportateurs et d’imposer une taxe sur les importations. D’aucuns prétendent que les pays appliquant la TVA, ou une variante de cette dernière, joueraient ainsi à armes égales. Ce type de taxe est déduit sur les biens destinés à l’exportation.
   Les touristes avides de shopping qui se rendent dans des pays tels que la Grande-Bretagne connaissent bien cette procédure€: on achète un article, on récupère ensuite un formulaire de remboursement de la TVA auprès du vendeur, avant de faire apposer un cachet sur le formulaire à l’aéroport et de glisser ce dernier dans une boîte prévue à cet effet. Quelques semaines plus tard, on reçoit un remboursement par chèque ou virement bancaire. Tout cela contribuerait prétendument à stimuler les ventes. Dans la mesure où les Etats-Unis n’appliquent aucune taxe nationale sur les ventes, il est impossible d’y faire de même.
    Pour contourner le problème, certains préconisent de taxer les biens importés afin de ramener leur prix au même niveau qu’avant la déduction de la TVA, ou de ne pas permettre aux entreprises importatrices de déduire le coût de ces articles. Les exportateurs auraient droit à un crédit d’impôt arasant ainsi le prix  de leurs produits, de la même manière que s’ils avaient obtenu un remboursement de TVA.
    Il s’agit là d’une mauvaise idée. Pourquoi voudrions-nous que les consommateurs américains paient davantage pour certains produits tout en subventionnant les acheteurs étrangers˜? Les Etats-Unis s’engageraient ainsi sur la pente glissante vers la création de leur propre TVA.
   Quant aux prétendus avantages que posséderaient les pays dotés d’une TVA, la solution n’est pas de tenter de leur emboîter le pas, mais plutôt d’alléger la charge fiscale des Américains et de réduire ainsi les coûts de fabrication des produits et des services. Grâce à ces réductions d’impôts et à l’assouplissement de la réglementation (une promesse de Donald Trump), les entreprises américaines développeraient à nouveau une forte capacité concurrentielle. Car, ne l’oublions pas, la réglementation n’est autre qu’une imposition qui ne dit pas son nom.