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Portrait

Marilyn Douala Bell, la princesse de Doual’Art

Par le 28 Avril 2018

Marilyn Douala Manga Bell a créé avec feu son mari, Didier Schaub, Doual’Art, un lieu emblématique et la plus célèbre galerie d’art du Cameroun. Elle a accepté d’évoquer pour Forbes Afrique cette histoire.



Marilyn Douala Bell, fondatrice de la galerie Doual'Art
Marilyn Douala Bell, fondatrice de la galerie Doual'Art
FORBES AFRIQUE : D’où tenez-vous cette passion pour l’art contemporain􏰀?

MARILYN DOUALA MANGA BELL:

En fait, cela est lié tout simplement à l’amour􏰀; j’ai épousé un historien d’art,
Didier Schaub. Mon mari était réellement passionné par ce métier, il avait travaillé dans beaucoup de galeries en France. Je travaillais à Montmartre [quartier de Paris, ndlr] dans une galerie d’art où je vendais des tableaux. En 1977, nous nous sommes rencontrés et,
en 1982, nous sommes rentrés ensemble au Cameroun. Quand nous avons décidé de revenir au pays, il était entendu pour lui et moi qu’il était important de faire quelque chose de passionnant, parce que vivre au Cameroun, c’est difficile. Dès que nous sommes arrivés,
il a commencé à chercher des artistes􏰀; de
mon côté, je suivais mon propre chemin professionnel dans le monde de l’économie,
je travaillais dans l’accompagnement des PME, ensuite j’ai été recrutée par une ONG. Au départ, l’art était un univers qui m’était complètement étranger. Mais l’intelligence
de notre relation a fait que lui a pu vivre de sa passion et me la transmettre tandis que je lui ai apporté ma compétence. Du coup, ça a été une alliance, un mariage entre un Monsieur Art et une Madame Développement.

Donc, lui, était, disons artiste, professionnel de ce métier et, vous, vous aviez une compétence en ce qui concerne l’organisation, la dimension économique d’un projet􏰀?

M.􏰀D.􏰀M.􏰀B. : J’ai fait des études d’économie du développement et la question du développement a été essentielle à la naissance de Doual’Art. J’ai appris à travailler avec des communautés, à libérer la parole des gens.
Et lorsque Doual’Art a vu le jour, il n’y avait que deux départements : le département artistique, que suivait Didier – il travaillait en permanence avec les artistes –, et le département développement, où je travaillais en permanence pour le développement urbain. A un moment, nous avons réalisé que, face aux problèmes de développement urbain, il manquait l’aspect créativité. Les gens s’enfermaient obligatoirement dans ce qu’ils connaissaient et n’entraient pas dans de nouveaux paradigmes. Aussi, la première opération conjointe que nous avons faite a été d’évaluer un projet de développement dans
un quartier avec l’outil artistique. Nous avons demandé à cinq artistes de s’immerger dans un quartier avec des jeunes, avec les habitants, et de raconter ce projet, raconter ce qu’ils avaient vécu.
C’était un projet de développement, financé par l’Union européenne, le programme Fourmi (Fonds aux organisations urbaines et aux micro-initiatives). L’Union européenne a donné une partie du budget pour renforcer les cotisations des habitants pour financer les aménagements que ces derniers avaient choisis. C’était un projet d’aménagement urbain : pont, évacuation des eaux... Un projet qui devait aussi contribuer à nouer
le lien social. Ces artistes que nous avons invités à s’immerger dans un quartier
nous ont rapporté une parole et un regard inattendus, absolument inattendus. Ce qui est extraordinaire, c’est que cette évaluation a permis à des personnes, qui refusaient de se rencontrer, de se mettre ensemble et de se fréquenter. 

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