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Marcus Courage : « le secteur privé est le moteur de la croissance en Afrique »

Par Patrick Ndungidi le 9 Septembre 2016

Marcus Courage est le fondateur et le CEO d’Africa Practice, cabinet, spécialisé dans le conseil stratégique en Afrique et le consulting en communication. Africa Practice a déjà conseillé de nombreux chefs d’Etats africains ainsi que de grands entrepreneurs du continent tels qu’Aliko Dangote et Tony Elumelu.



Marcus Courage : « le secteur privé est le moteur de la croissance en Afrique »

Forbes Afrique : Qu’est ce qui a motivé la création d’Africa Practice ?

MC : J’ai commencé ma carrière en tant qu’analyste dans un Cabinet de conseil en affaires publiques et relations gouvernementales. Je travaillais dans le département des affaires internationales au sein duquel je conseillais des gouvernements en Asie, en Amérique Latine, en Afrique et dans les Caraïbes. C’est dans Ce cabinet que j’ai eu ma première expérience professionnelle en Afrique. Je me suis rendu compte que les pays africains manquaient de visibilité sur la scène internationale et que le secteur privé en Afrique était sous-représenté. C’est à partir de ce constat que j’ai quitté mon travail pour créer mon propre Cabinet de conseil spécialisé sur l’Afrique. Je croyais et je crois toujours profondément que le secteur privé est le moteur de la croissance du continent. Quand j’ai créé Africa Practice, le secteur privé africain était rarement mis en avant et le développement était considéré comme le domaine réservé des gouvernements et des ONG. 15 ans plus tard, je suis fier de dire que cela n’est plus le cas et le que secteur privé est reconnu comme un moteur essentiel de développement en Afrique.

Marcus Courage : « le secteur privé est le moteur de la croissance en Afrique »

Quelle est l’envergure d’Africa Practice en Afrique ? Dans quels pays êtes-vous présents ? Quels sont vos domaines d’intervention sur le continent et pourquoi avoir choisi ces domaines ?

MC : Aujourd’hui je dirige une entreprise qui compte près de 100 employés. Nous travaillons pour certains des leaders et des institutions africaines les plus ambitieux et progressistes. Notre premier bureau était à Lagos. Peu de temps après, nous en avons ouvert un autre à Nairobi. Ce sont nos plus grands bureaux aujourd’hui, dans lesquels travaillent près de 60 consultants. Par ailleurs, nous avons une petite équipe à Johannesburg et à Accra, un bureau en pleine croissance en Tanzanie, ainsi qu’un bureau d’affaires au Royaume-Uni. Nos équipes sont très mobiles. Nous avons travaillé dans plus de quarante pays sur le continent. Nous travaillons avec nos clients de manière unique, en combinant du conseil en gestion des risques, en gestion de la réputation, ainsi qu’en stratégie. Cette gamme de services est destinée à soutenir nos clients dans des marchés dynamiques et exigeants. Notre spécialité est de comprendre les risques en Afrique et d’aider nos clients à s’y établir en position de leadership.

Quels sont les grands dossiers que vous avez eu à traiter depuis que vous êtes installés en Afrique ? Qui sont vos principaux clients et quels sont vos dossiers les plus récents ?

MC : Nous avons la chance d’avoir travaillé sur certains des projets qui ont contribué à créer le plus de changements sur le continent. Nous avons travaillé avec certains des grands industriels et entrepreneurs du continent, tels que Aliko Dangote, Tony Elumelu, James Mwangi, Ahmed Heikal et Strive Masiyiwa. J’ai également eu le privilège de collaborer avec plusieurs des chefs d’Etats africains, les aidant à protéger et promouvoir les intérêts de leurs pays. Nous avons aidé beaucoup de clients du secteur privé à faire des investissements à fort impact dans de nombreuses industries. Certaines des plus grandes entreprises du monde – des sociétés telles que Coca-Cola, Rio Tinto, Dow Chemical, Diageo et Standard Bank – nous font confiance en nous demandant de les aider à gérer leurs investissements à travers l’Afrique. Je suis également fier de dire que nous développons le seul projet de traitement de l’actualité et de relations médias externalisé par l’ONU dans le monde, en Somalie. Nous avons près de 70 clients réguliers. Environ 80% sont dans le secteur privé et 20% sont dans le secteur public et le domaine caritatif. Nos clients sont un mélange équilibré de multinationales et d’entreprises africaines.

De nombreux cabinets internationaux opèrent en Afrique? Ce marché est-il prisé ? Ne pensez-vous pas que les Cabinets nationaux souffrent de cette concurrence ?

MC : Nous voyons plus de concurrence dans le domaine de services professionnels en général. Dans notre secteur, nous ne voyons pas beaucoup de concurrents qui sont capable d’offrir la combinaison de compétences uniques que nous avons développée à travers le continent. Nous sommes l’entreprise indépendante africaine la plus grande qui offre ces services. Nous savons que la concurrence grandira à mesure que les investissements augmenteront en Afrique, mais cela nous donnera une encore plus grande soif d’innovation et nous poussera à rester compétitifs. 

Vous êtes beaucoup plus présent en Afrique anglophone. Pourquoi ce choix. Pensez-vous qu’il soit plus facile de faire des affaires en Afrique anglophone qu’en Afrique francophone ?

MC : Les services professionnels en général sont plus demandés dans les pays d’Afrique anglophone, et la localisation de nos bureaux reflète ceci et suit aussi la taille des économies dans ces pays. Mais nous sommes un groupe panafricain qui a travaillé dans plus de 40 pays, dont plus d’une douzaine en Afrique francophone. Nous sommes autant enthousiasmés par les opportunités en Afrique francophone qu’en Afrique anglophone. Beaucoup de nos consultants parlent couramment le français et l’idée de combler le fossé entre l’Afrique anglophone, lusophone ainsi que francophone continue d’être une partie intégrante de notre stratégie.

Comment analysez-vous le climat des affaires dans les pays où vous évoluez ? Selon vous, quels sont les problèmes qui se posent et quelles peuvent être les améliorations ?

MC : La baisse du prix des matières premières a révélé les faiblesses structurelles de nombreux pays Africains. La période actuelle est difficile pour des pays tels que le Nigéria, l’Angola et la Zambie. Pour des raisons différentes, l’Afrique du Sud et le Ghana sont aussi confrontés à des vents contraires. En comparaison des économies plus diversifiées bénéficiant d’un leadership fort et efficace, telles que le Kenya et la Côte d’Ivoire, récoltent les fruits d’un avantage comparatif. Je suis aussi enthousiasmé par les perspectives de la Tanzanie et l’Ethiopie. Je viens de terminer un projet pour le Fonds pour le climat d’investissement en Afrique (ICF), une organisation qui effectue des interventions ciblées afin d’améliorer l’environnement des affaires en Afrique. Ce travail a révélé les énormes progrès qui ont été faits pour améliorer les conditions d’investissement et rationaliser les réglementations sur le continent. Cependant, il reste trop de barrières à l’investissement. Il faut que nous permettions aux entreprises de faire du commerce, d’investir, de recruter et, je dirais même réduire leurs effectifs, si nécessaire. A l’avenir, je crois que la décentralisation sera un challenge important pour les investisseurs. Elle obligera les entreprises à consulter un groupe toujours plus vaste de parties prenantes impliquées dans les prises de décision. La gestion efficace des relations avec les parties prenantes sera plus importante que jamais.



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