Forbes Afrique magazine
Facebook
Twitter
Menu
Exclusif web

« Living the African Dream » : encadrer les jeunes entrepreneurs

Par Par Patrick Ndungidi le 24 Avril 2016

Madjissem Beringaye est engagée dans le développement de l'entreprenariat des jeunes en Afrique. C’est dans ce cadre qu’elle a mis en place « Living the African Dream », une plateforme Internet ayant pour objectif de promouvoir la culture entrepreneuriale comme clé de voûte du développement du continent africain. Actuellement, la structure encadre de jeunes entrepreneurs au Tchad.



DR
DR
Forbes Afrique : Quelle est l’importance d’un incubateur pour les jeunes entrepreneurs africains ? 
Madjissem Beringaye
 : Les jeunes Africains fourmillent d’idées et de projets. Ils sont créatifs et imaginatifs. Mais pour pouvoir aller plus loin, ils doivent bénéficier d’un encadrement et d’un accompagnement. C’est là qu’interviennent les incubateurs. Cette phase cruciale permet d’inscrire dans le concret un projet ou une idée. D’où l’importance des incubateurs.

Parlez-nous du programme « Living the African dream » : naissance, objectifs, évolution actuelle ?

« Living the African Dream » est une initiative qui a vu le jour en 2012, avec un double objectif : montrer que l’on peut rester sur le continent et bâtir son rêve, l’« African Dream », en passant par une plateforme Web qui  montre le continent sous un jour positif et fait la lumière sur des success stories africaines. L’autre axe consiste en l’accompagnement de jeunes Africains porteurs de projets. Depuis notre création, nous avons accompagné de nombreux jeunes, des phases préliminaires (dépôt de brevet, business plan) à la commercialisation de leurs produits ou services. Notre défi actuel est de construire un bâtiment écologique et autonome pouvant accueillir tous ces jeunes. Nous avons beaucoup de demandes mais nos capacités d’accueil sont très limitées.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous devez faire face en tant qu’incubateur ?

Les financements ! Comme souvent, l’argent est le nerf de la guerre, et compte tenu de la situation économique actuelle, il nous est difficile de trouver des sources de financements. Même lorsque nous proposons des projets innovants et économiquement viables, les partenaires financiers capables d’investir sont rares. La détection de jeunes porteurs de projets viables est également très difficile dès lors que ces derniers vivent hors des grands centres urbains. 

Travaillez-vous en partenariat avec d’autres incubateurs en Afrique ?

Pour le moment pas encore. Mais c’est une chose à laquelle j’aspire. Et je pense qu’en mutualisant nos ressources et nos compétences avec d’autres incubateurs, nous pouvons aller encore plus loin, notamment en ce qui concerne l’accès des jeunes entrepreneurs aux marchés des pays avec lesquels nous avons noué des partenariats.

Sur la base de votre expérience, quels sont, selon vous, les principaux freins à l'éclosion d'un entrepreneuriat local fort en Afrique ?

Le principal frein est l’accès aux financements. Avoir un bon projet c’est bien, mais encore faut-il pouvoir réunir les fonds nécessaires pour réussir à le développer. L’autre frein est la fiscalité, bien souvent écrasante pour une jeune entreprise qui souhaite se lancer.

Quelles solutions entrevoyez-vous pour le développement rapide de jeunes entrepreneurs africains afin d’assurer la pérennité d'un secteur privé fort et détenu en majorité par les nationaux ?

Selon moi, on ne naît pas entrepreneur, on le devient. La première des choses serait donc d’éduquer les jeunes, le plus tôt possible, en leur inculquant l’envie d’entreprendre. L’un des grands problèmes en Afrique, c’est que l’on a tendance à croire que la réussite est synonyme de « fonction publique ». C’était peut-être vrai par le passé, au sortir de la colonisation, mais depuis, la donne a changé. Ensuite, il serait fort souhaitable que nos gouvernements travaillent à l’instauration d’un climat des affaires propice au développement d’un secteur privé performant et compétitif, afin d’encourager la création d’entreprise. Cela passe par la mise en place de mesures incitatives, notamment en matière de fiscalité.



Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 18 Avril 2018 - 16:47 La Fondation Samuel Eto’o fait le show à Paris

Inscription à la newsletter

Découvrez le sommaire des derniers numéros du magazine