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Le salon de la beauté afro-caribéenne se tenait samedi 11 juin à Paris

Par Fleur-Jennifer Ntoko Moussio le 10 Juin 2016

NHA : les initié(e)s du cheveu afro reconnaîtraient cet acronyme entre mille. A quelques jours de la Natural Hair Academy (NHA) qui se tiendra le samedi 11 juin à Paris, Forbes Afrique est allé à la rencontre des organisateurs de cet événement créé autour de la beauté afro-caribéenne qui rassemble chaque année des milliers de personnes. Cela fait plus de dix ans maintenant que le frère et la sœur Mandin, Didier et Gwladys, âgés respectivement de 34 et 38 ans ont lancé l'agence de communication AK-A co-organisatrice de la NHA avec la Société Diaspora Products. Entretien avec la cofondatrice, community manager pour cet évènement.



FORBES AFRIQUE : Pouvez-vous nous dire quel est votre parcours ?

GWLADYS MANDIN : J’ai fait des études à Paris Dauphine en gestion et un master de recherches en marketing et stratégie. Je me suis toujours intéressée aux problématiques ethniques, car nous sommes originaires des Antilles. Toutes les problématiques qui touchent à la beauté noire m’ont toujours passionnée. Je suis partie un an aux USA et j’ai pu voir qu’il y avait un grand nombre de campagnes de communication autour du maquillage chez les afro, puis que la communication ne se limitait pas seulement au maquillage. Ce qui m’avait marquée, c’était une publicité de Queen Latifah qui vantait des jeans à la télévision. J’ai remarqué que c’était une chose que l’on ne voyait absolument pas en France. J’y ai vu une opportunité. J’ai donc souhaité conjuguer mes deux passions en alliant le marketing à l’ethnique dans mon activité professionnelle. Il y avait à l’époque un gros manque en France et nous avons décidé de nous lancer sur ce créneau-là.

Qu’est-ce qui vous a motivée à créer l’évènement de la NHA, qui a déjà rassemblé plus de 3 500 personnes lors des quatre éditions précédentes ?

G. M. : Nous avions déjà fait plusieurs études de marché, et avions noté une tendance du retour au naturel. Et puis nous avons eu un de nos partenaires américains, Chimole Williams de la société Diaspora Products qui voulait faire venir une intervenante, Felicia Leatherwood pour une rencontre avec des Françaises. Nous avons donc eu l’idée de monter un évènement autour de ça. La première NHA s’est tenue sur une péniche pour ancrer l’évènement sur quelque chose de très parisien. C’était en 2012 et plus de 180 personnes étaient présentes. Ça a très bien marché, nous avons eu de très bons retours, beaucoup d’engouement. Et la deuxième année, nous avons dû le faire sur deux péniches et sur deux jours, donc deux fois 180 personnes. En 2014, nous avons changé de lieu pour l’espace Tapis Rouge, d’une capacité de 1 000 personnes. Nous y sommes restés sur deux éditions, mais en 2015 nous étions au maximum de la capacité : 1 200 personnes environ. Donc pour l’édition de cette année, nous avons décidé de marquer un grand coup en optant pour le Parc floral de Paris : 3 000 personnes sont attendues. L’évènement a beaucoup évolué. Il y a la thématique du cheveu naturel, mais aussi maintenant la beauté noire en général, soins de la peau, accessoires, etc. Nous gardons toujours comme ligne de conduite des conférences qui sont menées aussi bien par des hairstylists américaines que françaises, afin de toujours en apprendre plus.

Quels ont été les fonds investis pour la première édition du salon NHA ?

G. M. : Les budgets ont évolué au fur et à mesure des années. Pour la première NHA, nous avons investi 6 à 7 000 euros. La première année, on était à l’équilibre ; la deuxième année, on a fait un petit bénéfice. Idem lorsque nous nous sommes délocalisés à l’espace Tapis Rouge. Nous sommes en total risque à chaque fois. Si nous nous plantons, ce n’est pas évident. Mais nous avons une bonne connaissance de notre marché. Quelque part, c’est notre rôle d’être précurseurs. De toujours proposer des choses nouvelles et d’oser voir plus grand. C’est à nous de faire en sorte qu’il y ait un évènement autour de la beauté noire qui n’ait rien à envier aux évènements « généralistes ». Plutôt que d’aller convaincre ces personnes-là, faisons de notre côté quelque chose qui soit qualitatif et qui permette aux marques de communiquer de manière qualitative auprès de leur cible dans le cadre d’une journée conviviale, rassemblant tous les afrodescendants.
 

Et quels sont les petits plus de l’édition 2016 ?

G. M. : Pour cette édition, nous avons travaillé avec tous nos partenaires pour que chaque marque ait un espace conséquent afin de proposer des activités et des ateliers autour de la beauté, du maquillage, de la coiffure, de la manucure, ou encore de l’apprentissage de l’attaché de foulard, etc. Pour chaque espace il y aura une activité dédiée, car le lieu nous permet d’étendre les stands.  Il y a également beaucoup d’intervenantes françaises cette année. Il y a des ateliers interactifs en petit groupe : les « do it yourself », qui sont très prisés. Deux défilés sont prévus, le premier autour de la thématique des fleurs comme nous sommes au Parc floral, et le deuxième avec des petites filles coiffées par Sephora Jones. Un panel empowerment avec une actrice américaine, Teyonah Parris, la célèbre activiste américaine Angela Davis, les secrets de Loly, une marque française représentée par Kelly Massol, Magatte Wade, une Sénégalaise qui a créé la marque Tiossan qui cartonne aux USA. Il y aura également Julee Wilson, rédactrice en chef d’Essence Web. De belles personnes seront présentes pour ce panel spécial, c’est une grosse thématique cette année. Et le soir place à la fête, avec une soirée animée par deux Djs femmes. C’est une activité inédite, tout comme le shopping nocturne de 21h à minuit. Il y aura également des food trucks afro-caribéens avec Fati Niang de Black Spoon par exemple, pour ne citer qu’elle. C’est aussi notre manière de mettre en avant l’entreprenariat au sein de la communauté afro-caribéenne, un aspect de notre travail qui nous tient beaucoup à cœur. 



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