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La vie Forbes

La Mamounia, grande dame de Marrakech

Par Par Nadia Mensah-Acogny le 7 Décembre 2015

La seule évocation de son nom fait rêver dans le monde entier. Depuis 1923, cet hôtel de luxe situé au cœur de Marrakech offre aux visiteurs une expérience unique. Son histoire, sa beauté et ses jardins extraordinaires en font l’un des joyaux de la Ville ocre.



crédits / La Mamounia
crédits / La Mamounia
Dès les premières secondes passées à Marrakech, on tombe sous le charme des couleurs de la cité : le bleu de son ciel, l’ocre de ses murs, le vert de ses palmiers et la blancheur des sommets de l’Atlas couverts de neige. Non loin de la place Jemma el-Fna, véritable centre névralgique de la ville, et de la Koutoubia, la célèbre mosquée dont le minaret s’élève à 77 m de hauteur, l’hôtel La Mamounia, dont la réputation internationale n’est plus à faire, se dresse dans un écrin de verdure et de luxe. Le nom de La Mamounia remonte au XVIIIe  siècle. L’histoire commence avec le sultan alaouite Sidi Mohammed ben Abdallah, qui avait pour habitude d’offrir un domaine en cadeau de mariage à chacun de ses fils. C’est ainsi que ses quatre fils, Abdessalam, Mamoun, Moussa et Hassan, ont donné leur nom aux jardins qu’ils ont reçus du sultan. Ces jardins sont encore connus aujourd’hui, mais seul Arsat Al-Mamoun deviendra célèbre et inspirera le nom de La Mamounia. La magnificence de cet espace vert conçu pour des festivités royales, tant par ses 8 hectares de superficie que par sa flore si particulière, enchante encore ceux qui le visitent aujourd’hui. On raconte que le prince Al-Mamoun l’utilisait comme lieu de réjouissances pour les nzaha, un genre de garden-party qu’il était courant de donner à l’époque dans diverses cités marocaines. Deux siècles plus tard, sur une superficie de désormais 15 hectares, on crée l’hôtel, dont la renommée dépasse très vite les frontières du Maroc.

Un cadre d'exception

Conçu en 1923 par les architectes Prost et Marchisio, l’hôtel La Mamounia est né de l’équilibre entre le respect d’un lieu chargé d’histoire et les impératifs de la Compagnie des chemins de fer du Maroc, son commanditaire. Depuis sa création, La Mamounia s’est révélée être un véritable monument, alliant la tradition architecturale marocaine au style Art déco. Tout au long de son histoire, La Mamounia s’est agrandie pour faire face au flot de ses hôtes. Jusqu’à la fin des années 1930, l’hôtel abritait moins de 50 chambres. Il a été réaménagé pour atteindre une centaine de chambres, puis à nouveau subi des rénovations en 1950, 1953, 1986 et 2006. Depuis sa réouverture après trois ans de travaux le 29 septembre 2009, il compte au total 135 chambres de 30 à 45 m2 , 71 suites d’une superficie de 55 à 212 m2 dont 6 suites d’exception, et 3 riads de 700 m2 comprenant 3 chambres, des salons marocains, une piscine privative, des terrasses…

On vient à La Mamounia toute l’année et des quatre coins du monde pour bénéficier de son cadre exceptionnel. Avant la Seconde Guerre mondiale, Européens et Américains y apportaient leurs meubles pour de longs séjours et réaménageaient leurs appartements selon leurs goûts et leurs habitudes. Certains parlent encore avec nostalgie de cette époque où les hommes revêtaient leur smoking et où les dames, couvertes de divines parures, enfilaient de longues robes du soir. Winston Churchill y établissait ses quartiers d’hiver. Il allait de balcon en balcon pour guetter le soleil, comme pour mieux capter les couleurs et les reproduire sur ses toiles. On raconte aussi que le général de Gaulle y a passé une nuit et que le directeur de l’hôtel aurait été obligé de faire fabriquer un lit à sa mesure. Pénétrer dans le palace, c’est se laisser submerger par le luxe époustouflant et l’atmosphère feutrée qui y règnent. Le hasard n’y a pas sa place. Chaque détail joue un rôle dans l’harmonie de l’ensemble. Une enfilade de salons plus somptueux les uns que les autres mène le visiteur vers les fameux jardins où une promenade tranquille s’impose. Palmiers, bougainvillées et autres figuiers de Barbarie émerveillent les sens, tandis que progressivement on se sent transporté à l’époque des sultans…

Déjà sous le protectorat, Marrakech avait acquis une réputation internationale grâce aux multiples échanges épistolaires entre les ambassades marocaines et étrangères, ainsi qu’aux allées et venues des négociants et des représentants des compagnies occidentales. Au fil des années, Marrakech et La Mamounia ont attiré l’attention d’innombrables célébrités. Cette dernière a très tôt fasciné non seulement les hommes politiques et les hommes d’affaires, mais aussi les artistes, les écrivains, les musiciens, les photographes… Le livre d’or de l’hôtel recueille les impressions et les émotions du gotha des arts et de la politique et nous raconte leur amour pour la Grande Dame de Marrakech. L’impressionnante liste compte des noms aussi divers que Charlie Chaplin, les Rolling Stones, Marcello Mastroianni, Martin Scorcese, Ronald et Nancy Reagan, Nelson Mandela, ou encore Elton John. 
Crédits / La Mamounia
Crédits / La Mamounia

Luxe, confort et détente

Outre ses chambres et son jardin, La Mamounia possède un autre atout de taille : 4 magnifiques restaurants – Le Marocain, Le Français, L’Italien et Le Pavillon de la piscine – alliant art de vivre et gastronomie, pour le plus grand bonheur des épicuriens. Cinq bars à thème et un salon de thé complètent le panorama des lieux de plaisirs gustatifs. Pour le confort et la détente, La Mamounia propose aussi une bibliothèque, un jardin potager et un spa de 2 500 m2 entièrement équipé. Réceptions et séminaires peuvent se faire dans le Grand Salon de 450 m2 et le centre d’a£aires. Mais le plus surprenant est peut-être le Salon de l’aéroport. Parfaite réplique des salons de l’hôtel, ce lounge VIP dédié à la clientèle offre une expérience unique à l’arrivée et au départ de l’aéroport international de Marrakech-Ménara. Maintes fois primée, La Mamounia fait partie des meilleurs hôtels du monde et son nom continue de faire rêver. Calme et grandiose, la Grande Dame de Marrakech a toujours su déployer ses splendeurs avec discrétion et grâce. 



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