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L’éveil viticole africain

Par SZYMON JAGIELLO le 24 Août 2016

Lorsque l’on pense au vin, les premiers paysages qui nous viennent en tête sont les terrasses alluviales de la Gironde, abritant entre autres les coteaux du pomerol et du saint-émilion, ou les vignes de Toscane. Si à « vin » on appose « Afrique », on imagine vite un domaine voisin de la ville du Cap en Afrique du Sud. Pourtant, la carte viticole du continent compte de nombreux pays producteurs, plusieurs nations s’étant lancées dans la culture de la vigne au cours des dernières décennies. Forbes Afrique vous propose de partir à la découverte de ces terroirs méconnus.



© ZACHARIAS ABUBEKER/ AFP
© ZACHARIAS ABUBEKER/ AFP
« Boire du vin, c’est boire du génie », disait le poète Charles Baudelaire. En effet, chaque bouteille est le fruit d’une histoire, d’un savoir-faire, d’une passion et de longues heures de travail. Elle dissimule aussi les secrets de sa terre d’origine, révélés dans les arômes et le goût du breuvage qu’elle renferme.
Au Cap-Vert, état insulaire d’Afrique de l’Ouest réputé produire l’un des meilleurs cafés du monde, les cépages prennent racine au pied du Pico do Fogo. En 1995, une éruption particulièrement violente de ce stratovolcan avait presque réduit à néant la jeune viticulture du pays, dont la tradition viticole remonte à 120 ans. A l’époque, les bouteilles étaient exportées vers d’autres colonies portugaises, comme la Guinée-Bissau. Aujourd’hui, grâce à la collaboration d’organisations étatiques et non-gouvernementales, chaque jour, une trentaine de producteurs regroupés en coopérative exploitent un terrain de 120 hectares situé entre 1 500 et 2 000 mètres d’altitude, veillant sur les grappes plantureuses qui produisent un vin rouge foncé et corsé et un vin blanc à la robe d’un jaune intense, évocatrice de son lieu d’origine : Fogo (« feu »). Non loin de là, au Sénégal, deux expatriés français, François Normant et Philippe Franchois, ont fait il y a deux ans le pari fou de lancer une production viticole au milieu des baobabs, que l’on surnomme aussi, amusante coïncidence, « arbres bouteilles ». Dans ce milieu a priori hostile, les deux viticulteurs se sont néanmoins heurtés à de nombreuses difficultés, comme l’absence de saison marquée, et surtout le manque d’eau, qui a contraint l’ex-ingénieur informatique et l’ancien assureur à recourir à un coûteux système d’irrigation au goutte à goutte.
Les premières bouteilles de vin rouge et rosé, issues de plants de vignes importés de France, ont néanmoins vu le jour au « Clos des Baobabs », leur domaine de Nguékhokh, localité située à environ 60 km au sud-est de Dakar. Bien que la production en soit encore au stade embryonnaire (500 bouteilles pour les deuxièmes vendanges annuelles du domaine en 2015), un seul des dix hectares du vignoble étant pour l’instant exploité, ces deux amoureux du Sénégal planifient de commercialiser leurs premiers crus d’ici la fin de l’année, et plusieurs restaurants de la capitale ont déjà manifesté leur intérêt.
Ces deux exemples sont loin de constituer des cas isolés, le phénomène s’étendant bien au-delà de l’Afrique de l’Ouest.

L’éveil viticole africain
Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 58 du numéro 35 Juin 2016, en vente ICI.



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