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L’Art contemporain béninois à l’honneur au château de Tanlay

Par Harley Kenguéléwa le 25 Juillet 2016

Les amateurs d’art sauront trouver leur bonheur au Centre d’art de Tanlay, ouvert au public jusqu’au 16 octobre 2016, où sont exposées des créations artistiques béninoises.



Pour une majorité de passionnés et néophytes, l’expression artistique africaine se limite avant tout aux masques classiques. Mais il n’y a rien de tel que de se rendre dans les musées, galeries et lieux d’exposition divers pour découvrir par soi-même la diversité des œuvres sculpturales, picturales et plastiques africaines. L’art contemporain béninois en est une parfaite illustration, avec ses différentes formes d’expression et de représentation. Pour ceux qui ne se sentent pas en mesure de décrypter un message à travers des œuvres exposées, les artistes nous incitent à réfléchir sur la meilleure façon de répondre à des problématiques de société telles que le sort des migrants, les effets néfastes de la société de consommation ou l’environnement, bien au-delà d’une finalité exclusivement esthétique ou de la sensation de bien-être que peuvent momentanément procurer ces « nourritures de l’âme ».
 
L’émergence du marché de l’art contemporain béninois a pu s’opérer grâce à l’engagement du secteur privé qui épaule les pouvoirs publics locaux dans leur action de soutien aux artistes et de création d’équipements à vocation culturelle. Aujourd’hui, le Bénin ambitionne clairement d’accélérer son intégration sur la scène artistique internationale. À ce titre, le commissaire d’expositions Louis Deledicq et l’antiquaire et grand mécène Robert Vallois misent sur le Centre d’art de l’Yonne situé dans les communs du château de Tanlay, un chef-d’œuvre de l’architecture de la Renaissance française construit aux XVIe et XVIIe siècles, pour magnifier ces tableaux, sculptures et autres œuvres d’art béninoises.
 
L’évènement de Tanlay s’articule autour de deux parties : un hommage à l’engagement désintéressé et constant de Louis Deledicq, créateur de ce centre artistique, au service de la création moderne et contemporaine depuis 50 ans, et la mise en exergue d’œuvres réalisées par 20 artistes béninois. Certaines de ces réalisations font écho au lien entre l’homme et la nature, comme celles de Richard Afanou Korblah, Romuald Mevo Guezo et Aston (Serge Aurélien Tehogbola Mikpon de son vrai nom), qui puisent leurs inspirations dans l’écologie, le recyclage et des drames humains tels que la Shoah ou la traite négrière. Un crédo environnemental partagé par le plasticien Prince Toffa, qui se sert de sacs en plastique, canettes ou boîtes de conserve vides pour concevoir des jupes, des robes et des costumes, adoptant une démarche en phase avec ses aspirations et ses préoccupations environnementales. Les visiteurs peuvent également s’aventurer sans crainte dans l’univers de Julien Vignikin, qui dénonce à travers ses peintures l’envers du décor de notre société de consommation encouragée par les grandes multinationales implantées en Afrique.
 
Mais l’intérêt de certains artistes pour ces questions sociétales ne doit pas occulter le fait que le Bénin est avant tout un pays chargé d’histoire et de traditions. À cet égard, de nombreux artistes se sont imprégnés de la culture yoruba ou d’autres pratiques ancestrales, à l’instar de Kifouli Dossou, qui sculpte des masques Gèlèdé, utilisés dans le cadre de rituels ; Euloge Glèlè, qui intègre des éléments du culte vaudou dans ses expressions artistiques, ou encore King Houndekpinkou qui, ayant fait ses classes au Japon, souhaite rendre à la céramique ses lettres de noblesse tout en l’enrichissant des spécificités africaines.
 
En résumé, difficile de ne pas tomber sous le charme – tout béninois – de fascinantes œuvres exposées au Centre d’art de Tanlay. Si vous êtes dans le coin, nous vous recommandons chaudement la visite !
 


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