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L’Allemagne en quête de nouveaux marchés en Afrique

Par Patrick Ndungidi le 23 Janvier 2017

Le 23 mars 2017, à Francfort, se tiendra le forum économique Allemagne-Afrique, premier événement exclusivement dédié au renforcement des liens commerciaux entre l’Allemagne et le continent africain.



L’Afrique, expliquent les organisateurs de ce forum, représente l'une des priorités du gouvernement allemand pour sa présidence du G20 en 2017. En octobre dernier, la chancelière allemande Angela Merkel a ainsi effectué une visite de trois jours au Mali, au Niger et en Éthiopie. Au cours de cette tournée sur le continent, elle a assuré que l’Afrique serait un interlocuteur majeur de sa présidence du G20, débutée en décembre 2016. Dans cette optique, ce forum doit d’abord être vu comme un outil destiné à « combler le fossé » en facilitant le dialogue, les relations d’affaires et les échanges commerciaux et politiques dynamiques.

Familiariser les sociétés allemandes avec le continent

Les transactions commerciales annuelles entre l’Allemagne et l’Afrique sont aujourd’hui évaluées à 60 milliards de dollars. En outre, apprend-on, sur les 10 milliards de dollars d’investissements allemands sur le continent chaque année, 90% se concentrent sur seulement 3 pays : l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Algérie. L’Allemagne est donc en retard sur un continent ou d’autres pays européens et la Chine ont conquis des marchés. « Le forum Allemagne-Afrique cherchera à familiariser les entreprises allemandes avec le continent et à diversifier leurs placements », expliquent les organisateurs qui rappellent au passage que « l’Afrique est la région du monde bénéficiant de la croissance la plus rapide». Charles Huber, député et membre du Comité de coopération économique et de développement de la République d’Allemagne, qui sera également orateur dans le cadre du forum, note pour sa part «qu’il existe un consensus sur le fait que l’Afrique reste mûre pour le Mittelstand (terme qui désigne les petites et moyennes entreprises allemandes, actives à l’export). Les entreprises montrent déjà un grand intérêt dans des endroits où leurs compétences et leurs technologies peuvent apporter de la valeur. Le besoin de l’Allemagne de toucher de nouveaux marchés coïncide avec les indicateurs économiques de plus en plus sains de nombreux pays africains, notamment la croissance de la classe moyenne, la meilleure stabilité politique et l’envie de développer la fabrication au niveau national. L’Afrique apprécie particulièrement l’éthique du travail, la précision et la fiabilité allemandes. »

Un continent « mûr » pour les investissements

Actuellement, les entreprises allemandes sont seulement un millier sur 400.000 à être opérationnelles en Afrique. L’entreprise Volkswagen, par exemple, emploie environ 5600 personnes dans son usine en Afrique du Sud. Parmi les principaux obstacles cités pour investir en Afrique figurent la corruption, l'instabilité politique et la bureaucratie excessives.
 
Néanmoins, pour les organisateurs du forum, l’Afrique reste mûre pour les investissements allemands, depuis les petites entreprises naissantes jusqu'aux géants industriels couvrant l’ensemble du spectre économique. « Les entreprises du Mittelstand allemand montrent déjà un intérêt dans des endroits où leurs compétences et leurs technologies peuvent apporter de la valeur. L’Allemagne a fortement besoin de toucher de nouveaux marchés, tandis que leurs entreprises ne réalisent que 2% de leurs activités en Afrique », argumente-t-on à Francfort. Reste à voir si le message passera auprès des principaux concernés.



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