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L’Afrique des Idées : l’organisation qui promeut l’« afro-responsabilité »

Par Szymon Z. Jagiello le 9 Janvier 2017

Créé par quelques étudiants, l’Afrique des Idées s’impose peu à peu en tant que cercle de réflexion reconnu en Afrique francophone. En l’espace de quelques petites années, cette organisation a réussi à ouvrir plusieurs bureaux sur le continent et promouvoir des jeunes passionnés par les affaires africaines dont certains occupent aujourd’hui des positions importantes dans les médias, les entreprises et le monde académique. Forbes Afrique s’est entretenu avec son président, Georges Vivien Houngbonon, fraichement élu, pour savoir les secrets de sa réussite, les défis rencontrés et le concept qu’elle entend défendre.



Economiste d’origine béninoise,  Georges Vivien  Houngbonon vient d’être élu à la tête de l’Afrique des Idées. Depuis son lancement, l’institut qu’il préside a réussi à ouvrir plusieurs antennes en Afrique, comme au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou encore au Togo. Ce dernier a aussi noué plusieurs partenariats avec diverses organisations tels que la Chambre de Commerce, d'Industrie, d'Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire et les analyses publiées ont été repris par plusieurs médias reconnus dans le monde francophone.
Economiste d’origine béninoise, Georges Vivien  Houngbonon vient d’être élu à la tête de l’Afrique des Idées. Depuis son lancement, l’institut qu’il préside a réussi à ouvrir plusieurs antennes en Afrique, comme au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal ou encore au Togo. Ce dernier a aussi noué plusieurs partenariats avec diverses organisations tels que la Chambre de Commerce, d'Industrie, d'Agriculture et des Métiers de Pointe-Noire et les analyses publiées ont été repris par plusieurs médias reconnus dans le monde francophone.

Comment est venue l’idée de créer L'Afrique des Idées (ADI) ?

Georges Vivien  Houngbonon : L’Afrique des Idées a été fondée en 2011 par Nicolas Simel Ndiaye, Consultant Senior chez Deloitte et précédemment président du think-tank,  avec des camarades de SciencesPo et de l’Ecole des Mines à Paris. J’ai très tôt intégré l’équipe compte tenu de l’idéal qu’incarnait le projet de think-tank. En effet, l’Afrique des Idées est une réponse aux discours contradictoires sur l’Afrique. Objet de biens des passions, le continent est tantôt présenté comme un territoire en déshérence suscitant le désespoir, tantôt un eldorado, provoquant l’encensement des afro-optimistes. Pour nous, cette vision manichéenne et parfois paradoxale résulte d’un manque de connaissances rationnelles sur les sociétés africaines. Elle n'est pas déplorable en soi, mais le danger est qu’elle détermine très souvent les choix de politiques publiques qui affectent directement la vie des populations. Nous voulions nous départir de ces affections et nous approprier le discours sur l’Afrique à travers une démarche plus rationnelle.

Quelles ont été les difficultés rencontrées au départ lors de la création de votre organisation?

G.V.H. : S’approprier le discours sur l’Afrique requiert une activité importante de production d’idées. Cela passe par la rédaction d’articles d’analyses sur les sujets d’actualité et la production de notes d’analyse sur les problématiques de fond. Pour parvenir à une production significative et de qualité, il nous fallait regrouper un nombre important d’analystes et d’experts compétents. Ce fut la première difficulté car l’activité est bénévole et demande une certaine disponibilité. Nous avons cependant été surpris de constater qu’il existe une vraie détermination de la part de nombreux africains et non-africains à contribuer à l’élaboration d’idées nouvelles sur l’Afrique. La deuxième difficulté est d’ordre financière. Nous y travaillons actuellement en constituant un club de mécènes et en développant les partenariats institutionnels.

Quel est l'essence même de l’ADI?

G.V.H. : Notre institution est mue par la volonté d’être un hub d'idées et d’innovations au service des sociétés africaines. Pour cela, elle mène des analyses sur des sujets économiques, politiques et culturels sur l’Afrique et élabore des propositions concrètes et novatrices à l’endroit des décideurs politiques. Par exemple, nous avons mis en place un indicateur de croissance inclusive qui permet de donner une dimension qualitative à la croissance économique en Afrique. La dissémination de ces propositions passe par un réseau de bureaux locaux dans plusieurs pays africains dont le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Togo. Notre présence est plus importante dans l’espace francophone mais notre ambition est aussi de s’implanter  dans l’espace anglophone.

Pourquoi avez-vous décidé de choisir le crédo "think-tank basé sur l'afro-responsabilité"?

G.V.H. : L’afro-responsabilité est la traduction conceptuelle de notre positionnement dans le discours sur l’Afrique. Ni «afro-optimisme», ni «afro-pessimisme», l'«afro-responsabilité» répond à une logique différente : mieux comprendre les défis auxquels fait face le continent africain afin d'œuvrer à ce qu'il puisse les relever. Elle est sous-tendue par une conviction forte : dans un environnement complexe et en pleine mutation, le continent africain a besoin d’espaces d’échanges et d’idées avec des jeunes, des moins jeunes, des experts de divers horizons, capables d’élaborer des recommandations concrètes et averties, puis de les partager avec le plus grand nombre.

Qu’elle est l’ambition de l’ADI pour le futur ?

G.V.H : Avec tous les membres du bureau exécutif, nous ambitionnons de positionner l’Afrique des Idées parmi les think-tanks de référence en Afrique. Bien sûr, nous n’y arriverons pas seuls et nous sommes ouverts à toutes les bonnes volontés désireuses de nous apporter leur soutien, quelle que soit leur nature, afin d’offrir à l’Afrique un espace d’innovations sociétales à la mesure des défis qu’elle doit affronter.

1. Lorsqu’on analyse l’évolution qu’a connue l’ADI au cours des dernières années, il semble qu’un des éléments qui a contribué à son développement est l’esprit entrepreneurial de son effectif et de ses membres. Quels conseils pourriez-vous donner aux autres jeunes africains soucieux de réussir à créer une organisation telle que la vôtre et pensez-vous que l’entrepreneuriat est ouvert à tous ?

G.V.H : La première des choses à savoir lorsqu’on veut entreprendre est que l’entrepreneuriat n’est pas destiné à tous. La logique qui la sous-tend fait qu’il peut être accessible à tous mais en définitive réservé à très peu. En dehors des éléments de contexte qui déterminent le succès d’une entreprise, il y a aussi l’esprit d’entreprise, une faculté très rare qui conditionne la réussite d’un projet d’entreprise. Par conséquent, il ne faut pas entreprendre pour réussir mais plutôt pour essayer. Pour répondre à votre deuxième question, je crois que la clé du succès d’une organisation comme l’Afrique des Idées réside dans ce que l’on appelle l’effet de réseau. C’est un mécanisme paradoxal qui incite les personnes à ne rejoindre que des groupes déjà constitués. Il faut donc des pionniers, pour constituer une masse critique, et un signal de qualité pour attirer de nouvelles personnes. C’est ce rôle de pionnier qu’ont joué les fondateurs de L’Afrique des Idées. C’est aussi ce signal de qualité qu’envoie notre organisme à travers ses articles et notes d’analyse.



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