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Haweya Mohamed : « Les nouvelles pistes d'atterrissage en Afrique sont les Hubs technologiques »

Par Patrick Ndungidi le 18 Août 2016

La première conférence internationale sur la tech africaine, qui s’est déroulée en juin dernier à Paris a fait connaître Afrobytes, l’organisateur de la rencontre. C’est le premier hub digital dédié à la tech africaine en Europe. Haweya Mohamed est co-fondatrice d’Afrobytes, qu’elle a créé avec Ammin Youssouf. Afrobytes, selon ses fondateurs, a pour ambition de redéfinir les relations entre l'Afrique et l'Europe via les nouvelles technologies et l'innovation. Haweya Mohamed explique à Forbes Afrique le sens de cette ambition.



Haweya Mohamed : « Les nouvelles pistes d'atterrissage en Afrique sont les Hubs technologiques »

Qu’est-ce qui a motivé la création de AFROBYTES et en quoi consiste ce projet ?

HM : Tout d'abord une rencontre et des discussions passionnantes avec Ammin Youssouf l'ancien patron de l'agence digitale Big Youth. Un ami commun nous a mis en relation car nous avions l'envie commune de raconter l'Afrique autrement, une Afrique que l'on ne connait pas forcément. Afrobytes est née en novembre 2015. C’est le premier hub digital dédié à la tech africaine en Europe. Afrobytes a pour ambition de redéfinir les relations entre l'Afrique et l'Europe via les nouvelles technologies et l'innovation. Nous sommes une start up studio qui a vocation à détenir un petit portefeuille de startups. Nous organisons des conférences spécifiques tech africaines et nous sommes également un lab. C'est-à-dire que nous proposons de l'open Innovation aux entreprises et autres acteurs économiques désireux de s’implanter en Afrique ou d'amplifier leur présence sur le continent. En quelques mots, nous leur proposons de pénétrer les marchés africains visés en se connectant avec les Hub digitaux africains. La logique et la façon de pénétrer les marchés est en train d'évoluer.  Les nouvelles pistes d'atterrissage en Afrique ne sont plus forcément les chambres de commerce mais bien les Hubs technologiques animés par une jeunesse active, optimiste et désireuse d'apporter tout son savoir-faire en termes de technologie.

Quels sont les enjeux de la révolution digitale en Afrique ? Quels sont les changements majeurs qu’elle peut apporter au continent et aux économies africaines ?

HM : Le digital est partout, la spécificité du continent africain est que les startups qui se créent sont avant tout des "Problem solving companies". Très peu de temps est consacré au "cool". Il s'agit avant tout de résoudre des problèmes et d'en faire des opportunités. Le continent africain est un continent "Mobile first", le premier contact avec internet s'effectue souvent via le mobile. Le digital va à un certain niveau pouvoir répondre à des problématiques liées notamment à la croissance démographique. 2050 est une date clé. 1 habitant sur 4 dans le monde vivra sur le continent africain. La population va augmenter en un temps record. C’est du jamais vu dans l'histoire de l'humanité. Il va falloir former, éduquer, transporter, loger et nourrir beaucoup de monde dans un temps très court. Le mobile et autres outils que nous ne connaissons pas encore vont pouvoir palier un certain nombre de ces problématiques.

Quels sont, selon vous, les pays africains où la révolution numérique est la plus remarquable ? Qu’est-ce qui justifie cela ?

HM : Les pays africains sont à des niveaux très différents. Sans conteste, le Rwanda est exemplaire sur le sujet. Le digital est intégré comme outil de développement et leur niveau est exceptionnel. On parle beaucoup de l'Afrique du Sud, de la Côte d'Ivoire, du Sénégal, du Kenya comme pays pionniers, du Nigéria et du Ghana où vous avez également des écosystèmes très intéressants pointus mais il y en a d'autres un peu hors radar comme l'Ouganda, la Zambie, le Mozambique et l'Angola...
Ce qui justifie cela est la vision, et le Rwanda est le parfait exemple...

Quelles sont les startups les plus prometteurs sur le continent ?

HM : Il y en a beaucoup, il y a tellement d'initiatives incroyables…mais malheureusement on entend souvent parler des mêmes. C'est la raison pour laquelle notre conférence joue et jouera, je l'espère, le rôle de projecteur sur ce secteur en Afrique. Le continent est un vrai vivier porté par des jeunes qui ont souvent de beaux parcours professionnels et qui veulent faire du business avec leurs homologues au niveau mondial... Ils ne veulent pas ou plus être vus sous le prisme de la RSE ou donation...

Quels sont les défis liés à l’évolution technologique en Afrique ?

HM : Le financements, la visibilité, les bons partenaires mais également le regard qui est porté sur ce sujet. A Afrobytes, nous avons conscience que ce sujet est un peu regardé de loin notamment en France et que le continent a d'abord besoin de refonder son image et de reprendre en main sa communication et son marketing. Nous parlons de la marque Afrique...qui a été pendant trop longtemps et l'est toujours très malmenée. Ce que nous faisons également via notre activité, c'est de faire émerger de nouveaux mots clé pour définir le continent. On veut dépasser les éternels : "Ebola", "Malnutrition" "Corruption" et autres mais au contraire insuffler dans l'esprit des gens qu'il s'agit aussi d'un continent en croissance, entreprenant, inspirant et innovant. C'est ce que nous avons commencé à faire en juin dernier en donnant la parole à des tech entrepreneurs africains qui réalisent des projets sur le continent depuis des années et qui n'existent pas en Europe. Je serais vraiment heureuse le jour où je rencontrerai quelqu'un qui me parle du continent avec des termes tels qu’entrepreneuriat féminin, innovations digitales etc.

Quels sont les projets d’Afrobytes ?

HM : Nous sommes en train de travailler sur la prochaine conférence qui aura lieu en juin prochain. Nous allons faire en sorte de monter en puissance sur la forme et le fond, d'amplifier également ce nouveau type de rencontre. Nous avons eu un très bon retour en juin dernier. Les participants ont apprécié la qualité des personnes qui ont assisté à l'événement. Notre objectif est que les participants et les personnes qui assistent à nos événements fassent du business. Nous avons eu la chance d'avoir le soutien de nombreux médias qui nous ont permis de relayer nos mots clés et nos idées. Nous espérons en atteindre plus de manière à donner au continent une image juste. Nous intensifions nos liens avec les tech hubs africains, on aimerait en faire venir un peu plus l'an prochain.  Nous poursuivons également nos discussions avec les groupes qui souhaitent faire partie de notre Lab et qui sont ouverts à faire de l'open innovation et tenter une nouvelle approche. Notre ambition est d'être et de faire de Paris un point de passage clé pour ce marché.



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