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Gwenaël Odongui-Bonnard, directeur général du mythique Métropole de Bruxelles

Par Patrick Ndungidi le 14 Juillet 2016

Depuis près de 6 ans, le Franco-Gabonais Gwenaël Odongui-Bonnard est le directeur général du mythique hôtel Métropole de Bruxelles, prestigieux établissement 5 étoiles situé en plein cœur de la capitale européenne. Véritable musée de la Belle Époque avec son entrée principale style Renaissance et son hall de réception de style Empire, l’hôtel a été ouvert aux clients en 1895.



Gwenaël Odongui-Bonnard dirige bien plus qu’un hôtel : une véritable institution en Belgique. En effet, l’hôtel Métropole a été classé par le gouvernement belge comme un joyau du royaume grâce notamment à son architecture Art déco. L’autre spécificité de l’établissement réside dans le fait qu’il est indépendant. Il n’appartient donc à aucune chaîne hôtelière internationale. « Les aspects de classification sont plutôt des avantages d’un point de vue commercial. Les clients viennent à l’hôtel Métropole qui est un endroit unique. Ils veulent évoluer dans un décorum spécifique, différent de l’uniformisation que l’on peut trouver dans les grandes chaînes internationales. Mais cela n’empêche pas l’hôtel de continuer à se moderniser », explique Gwenaël Odongui-Bonnard. Le Franco-Gabonais a pris les commandes de cet établissement, qui compte plusieurs célébrités internationales parmi ses clients réguliers, depuis 5 ans.
 
Fils de diplomate, il est né en France d’un père gabonais et d’une mère « Bretonne », tient-il à préciser. Il a vécu au Gabon dès l’âge de 5 ans jusqu’à ses 17 ans, année où son père a été muté à l’étranger, ambassadeur du Gabon au Sénégal, en ex-URSS, au Brésil, en Belgique et en Afrique du Sud. Sa mère, elle, était cadre supérieure dans l’éducation nationale en France. « Je suis autant attaché à ma culture gabonaise qu’à ma culture bretonne. C’est quelque chose d’important pour moi que de toujours jongler avec mes perceptions culturelles, dans le privé comme dans le professionnel, où l’humain est toujours l’élément déterminant ». Bien qu’il évolue à l’étranger depuis plusieurs années, il reste profondément attaché au Gabon où il se rend tous les ans. Après des études d’ingénierie en communication, il effectue un troisième cycle en sociologie politique des médias en France. Il commence ensuite sa carrière dans les relations internationales. En 2003, il s’installe à Bruxelles dans le marketing hôtelier, avant d’être recruté en 2007 par le groupe Hilton. La chaîne hôtelière américaine lui demande de développer le marché des ambassades et des institutions européennes. « Ceci a été très aisé pour moi, car en raison du métier de mon père, j’avais certaines facilités à approcher ce réseau », précise notre homme. Gwenaël Odongui-Bonnard travaille ainsi pendant 3 ans à la gestion des ventes corporate et diplomatiques pour quatre hôtels, tous 5 étoiles.
 
Faire respecter le standard hôtelier 5 étoiles
 
En 2011, l’hôtel Métropole le recrute pour la fonction de directeur commercial. Quelque temps après, il devient directeur général de l’établissement, qui compte 160 membres du personnel fixe répartis dans une douzaine de départements différents. Ce chiffre varie selon les saisons et peut parfois atteindre 200 pendant la haute saison. « Mon rôle consiste à trouver une alchimie entre tous ces départements en fonction des impératifs que nous avons en termes de clientèle, d’occupation moindre ou élevée ; à trouver l’équilibre pour que nous puissions continuer d’afficher la qualité qui nous caractérise », explique le directeur général du Métropole. Le fait que l’hôtel soit classé, concède Gwenaël Odongui-Bonnard, pose certaines difficultés de gestion, notamment en termes d’entretien. En outre, à la base, le bâtiment n’a pas été construit pour abriter un hôtel. « C’est un bâtiment qui n’est pas toujours très facile à gérer au niveau opérationnel et il apporte des contraintes supplémentaires, notamment administratives. Cependant, évoluer dans un tel environnement nous pousse immanquablement à ne retenir que le positif et non les contraintes. Le Métropole n’est pas un hôtel, c’est le Métropole ! », assène-t-il.
 
Trouver l’équilibre entre tradition et modernité
 
Ainsi, l’un des premiers chantiers de Gwenaël Odongui-Bonnard a-t-il été de s’assurer que le Métropole conserve prestige et aura, tout en mettant en œuvre les éléments d’une modernité afin de se réaligner sur la concurrence. « C’est un chantier relativement complexe, mais c’est ce qui fait aussi la beauté de travailler dans un hôtel tel que celui-ci. Par ailleurs, le personnel a un très fort sentiment d’appartenance et cette fierté facilite les choses », soutient le DG. Ainsi, sous sa houlette, l’hôtel mène des réformes ambitieuses en termes de gestion des coûts, de modernisation et de réformes opérationnelles. « L’immobilisme c’est mourir. L’important est que les réformes soient bien réfléchies, car à la vitesse à laquelle avance le train, mieux vaut ne pas se tromper de wagon », explique ce dernier.
 
Impact négatif des attentats
 
Par ailleurs, depuis le mois de mars 2016 et les attentats survenus à Bruxelles, tout le secteur hôtelier a été frappé de plein fouet. Outre ces difficultés d’un nouveau genre, un secteur sensible comme l’hôtellerie exige d’être attentif aux nouvelles tendances et d’être structurellement réactif. « Les tendances et les comportements des clients se développent à court et moyen termes. Il faut suivre cela en permanence. On ne peut pas prendre de retard par rapport à ce que le client veut aujourd’hui », explique-t-il.
 
Améliorer la formation hôtelière en Afrique
 
Pour le DG du Métropole, le secteur hôtelier a un avenir radieux en Afrique, car beaucoup d’hommes d’affaires y investissent dans le secteur hôtelier. « Je pense notamment au groupe Azalaï », indique-t-il. Ce dernier estime que la présence d’hôtels de luxe est un bon indicateur du dynamisme économique d’un pays, car « le business c’est le mouvement donc la capacité de logement est essentielle. Si en plus c’est une marque régionale comme le groupe Azalaï, cela démontre encore aux investisseurs la capacité de cette région à développer un produit de qualité, ce qui est fondamental ! » Néanmoins, nuance-t-il, il existe un manque profond en termes de formation hôtelière en Afrique. « L’hôtellerie est aussi un enjeu pour une population africaine qui va doubler dans les prochaines décennies. En attendant, les chaînes hôtelières internationales et leur puissance de formation sont une chance si l’on est motivé pour apprendre et grandir », conclut Gwenaël Odongui-Bonnard.
 
 


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