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Guy Gweth, intelligence économique made in Africa

Par Par Patrick Ndungidi le 17 Avril 2016

Guy Gweth est le fondateur de Knowdys Consulting Group, cabinet de conseil en intelligence économique et affaires publiques spécialisé dans les marchés subsahariens. Essayiste, il vient également de publier « #Moi président », ouvrage où il donne la parole à 69 jeunes leaders africains issus de 26 pays.



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Un jour, après que Guy Gweth ait achevé la présentation d’un rapport d’étude, le directeur financier d’un grand groupe asiatique lui a donné une tape sur l’épaule, lui promettant d’appeler son patron pour lui dire que la relève était assurée. Il ignorait qu’il s’adressait au patron lui-même… Car malgré son jeune âge, l’entrepreneur de 36 ans, qui créait son premier cabinet de conseil à Yaoundé dès l’âge de 22 ans, a déjà un CV bien rempli. Issu d’un milieu modeste, Guy Gweth apprend à économiser en prévision de lendemains difficiles dès son plus jeune âge. « Pour payer mes premières années d’études universitaires, j’ai commencé par revendre des chemises dans les bureaux. Comme j’étais un élève studieux, les étudiants plus aisés, souvent des professionnels en reprise d’études, me demandaient également de rédiger leur mémoire en échange d’une contrepartie financière. Pas vu, pas pris ! Je pense que c’est à ce moment-là que j’ai développé un esprit de recherche, de synthèse et de service aux autres », explique le fondateur de Knowdys Consulting Group. En 2000, après un diplôme obtenu à la faculté de droit et de sciences politiques de Yaoundé, il travaille avec des organisations telles que Justice et Paix et Caritas Internationalis. D’un naturel curieux et ouvert au monde, il quitte le Cameroun en 2005 afin de poursuivre ses études à Paris. En deux ans, il passe trois masters : le premier en communication, le second en intelligence économique et le troisième en relations internationales approfondies. 

Tournant décisif

Son entrée à l’École de guerre économique de Paris, où il deviendra enseignant neuf ans plus tard, marque le tournant de sa carrière. « C’est là que je me suis rencontré », se souvient-il. En novembre 2007, il crée GwethMarshall Consulting, le premier cabinet de conseil en intelligence économique et affaires publiques spécialisé dans les marchés subsahariens, ainsi que son blog, Africa Diligence. Le cabinet, rebaptisé par la suite Knowdys Consulting Group, est aujourd’hui présent sur trois continents et compte 36 consultants de 13 nationalités. Le blog, quant à lui, est devenu une plateforme d’informations économiques et stratégiques (africadiligence.com) qui compte plus d’un millier d’abonnés. Une ascension fulgurante pour l’entrepreneur, qui est également essayiste. C’est sous cette casquette qu’il vient de publier son dernier ouvrage intitulé « #Moi président », où il donne la parole à 69 jeunes leaders africains issus de 26 pays. Ces derniers y livrent une lecture originale et concrète de l’émergence du continent. « Leurs meilleures propositions peuvent constituer une boîte à outils pour les décideurs attentifs », justifie l’auteur du livre. 

Trois défis à relever en Afrique

Devant le regain d’attention dont les marchés africains sont actuellement l’objet, Guy Gweth estime que le continent a trois grands défis à relever. Le premier est celui du capital humain. « Contrairement à ce que racontent les médias de complaisance, l’Afrique n’a pas encore les ressources humaines suffisantes pour l’émergence du continent. La plupart des programmes d’éducation continuent de drainer l’esprit de la post-colonie. D’apparition récente en Afrique, les métiers du conseil en intelligence économique, au-delà des techniques, des méthodes et des outils, exigent un état d’esprit totalement décomplexé et ultra compétitif », explique-t-il. Le second défi est l’absence de bases de données fiables et le dernier, la corruption.

Par ailleurs, le fondateur de Knowdys Consulting Group relève trois obstacles majeurs à l'éclosion d'un entrepreneuriat local fort et pérenne en Afrique. Le premier est d’ordre culturel, dans le sens où la plupart des jeunes Africains préfèrent quitter le secteur privé pour aller nicher dans la matrice de la fonction publique, qui représente à leurs yeux une sorte d’assurance-vie. « À mon grand regret, ni les politiques, ni l’école, ni la famille n’ont encore suffisamment martelé que ce sont les entreprises qui créent les richesses des nations ». Le second frein consiste en l’obsolescence du système éducatif et son incapacité à former des entrepreneurs. Troisième et dernier frein : l’absence de dispositif d’incitation à la création d’entreprises. « Les États africains doivent impérativement traiter ce trio infernal pour favoriser l’éclosion d’un entrepreneuriat local fort et pérenne. », conclut Guy Gweth.   



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