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Enquête

France : la révolution Macron

Par PARMY OLSON, ALEX WOOD le 12 Juillet 2018

Prenez un président centriste investi d’une feuille de route et passé par le secteur privé. Ajoutez à l’équation le premier milliardaire du secteur français de la tech et l’incubateur le plus dynamique de la planète. Vous obtenez un mix au potentiel étourdissant. Reste à savoir s’ils sauront faire de la France, dont l’économie demeure à la traîne en Europe, un haut lieu de l’attractivité ­fiscale, de l’emploi et de l’innovation.



Le chef de file : le premier président de France à faire preuve d’audace entrepreneuriale saura-t-il vaincre les forces d’inertie ?
Le chef de file : le premier président de France à faire preuve d’audace entrepreneuriale saura-t-il vaincre les forces d’inertie ?
Le plus vaste incubateur de start-up au monde a pris place dans les entrailles d’une ancienne gare de marchandises quasi centenaire. Trois mille apprentis entrepreneurs s’affairent dans ces 34000m2, tels des fourmis assoiffées d’argent. Plus de 30 sociétés de capital-risque, d’Accel Partners à Index Ventures, déboursent 6100dollars en droits d’inscription annuels pour obtenir le privilège d’investir sur le campus. Facebook et Microsoft y pilotent des programmes pour tester les entreprises qu’elles envisagent d’acquérir, tandis qu’Amazon et Google visent avant tout à dénicher les talents.
    Dans ces lieux, on trouve une installation de Jeff Koons à 20millions de dollars, des cubes suspendus en guise de salles de réunion et une «zone de détente» plongée dans le noir, où des développeurs surmenés pénètrent pieds nus. «Certains viennent y faire la sieste», commente Roxanne Varza, la Californienne à la tête de l’incubateur. Derrière le rideau, qu’elle écarte, c’est précisément ce à quoi s’adonne une jeune femme. Mais la caractéristique la plus frappante de ce campus, baptisé Station F, demeure la latitude sous laquelle il se dresse. «F» comme France… Le projet est établi à Paris, capitale d’un pays connu aussi bien pour ses sempiternelles grèves, ses semaines de 35heures obligatoires et sa main-d’oeuvre coûteuse que pour la tour Eiffel et la tarte Tatin. En France, les charges patronales s’élèvent à 42% et la législation sur le travail est à ce point alambiquée qu’il a fallu la consigner dans le Code du travail, un recueil rouge de 3000pages. Rares sont les démocraties occidentales à s’être montrées aussi hermétiques à l’esprit d’entreprise et à l’évolution.
    Station F, inaugurée il y a un an, insuffle un esprit de renouveau et prend avec force le contre-pied de cette tendance. «En France, depuis trois ou quatre décennies, le changement est accueilli par une volonté affirmée de résistance», analysait Emmanuel Macron, président de la France, dans un entretien exclusif accordé à Forbes. Le monde s’est pris d’intérêt pour lui l’an dernier lorsqu’il est devenu, à 39ans, le plus jeune président élu en France. Mais son âge importe moins que son parcours. Avant d’entrer en politique, Emmanuel Macron a officié pendant plus de trois ans comme banquier d’affaires chez Rothschild et a tenté de créer une start-up spécialisée dans l’éducation. Des décennies durant, les responsables politiques français, de Jacques Chirac à François Hollande, n’ont eu de cesse d’évoquer les réformes pour en fin de compte céder sous la pression de retraités rétifs au changement et de syndicalistes bornés. Emmanuel Macron a compris l’enjeu et consacré son mandat à obtenir des résultats. «Certains parmi eux souhaiteront peut-être faire grève pendant des semaines, voire des mois. Il nous échoit donc de nous y préparer, ajoute-t-il. Mais je ne renoncerai pas à ces réformes ni ne modérerai nos ambitions, car aucun autre choix ne s’impose à nous.»
     Par la voie d’ordonnances, il a d’emblée fait passer une série de lois sur l’emploi qui simplifient les procédures de recrutement –et de licenciement. Pour faire passer la pilule, il prévoit d’injecter, sur les cinq ans à venir, 18milliards de dollars dans la formation professionnelle et dans l’extension de la couverture de l’assurance chômage à la masse croissante des travailleurs indépendants et des petits entrepreneurs, une mesure controversée. Il sabre les taxes sur la fortune, sur les plus-values, ainsi que les cotisations salariales, et veut «tout simplifier».

Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 39 du numéro 49 Juin 2018, en vente ICI.



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