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La vie Forbes

Claire Yverneau, responsable de zone export Centre vinicole Champagne Nicolas Feuillatte


Par Forbes Afrique le 16 Juin 2016

« Le luxe, c’est collectionner de beaux moments »



FORBES AFRIQUE : Quelle est la définition du luxe selon Nicolas Feuillatte ?

CLAIRE YVERNEAU : Nicolas Feuillatte propose une vision du luxe axée sur l’émotionnel. Pour nous, le luxe n’est pas seulement a aire de statut social, mais d’élégance et d’attitude, d’émotion et de plaisir, d’appréciation du beau et du bon. Ce luxe s’adresse à tous ceux qui reconnaissent la valeur et la beauté de l’instant présent, savent s’offrir des parenthèses que le champagne permet d’enchanter, bref : collectionnent de beaux moments. 

En quoi l’Afrique est-elle aujourd’hui un marché porteur pour vous ?

C. Y. : La montée en puissance de
l’Afrique, c’est « l’heure des lions ». Avec sa forte résilience aux crises économiques, sa croissance supérieure à 4 % ces dernières années, et son fort potentiel attractif auprès des investisseurs étrangers, le continent a été identifié comme un relais de croissance pour notre marque il y a plus de dix ans. Nous avons donc intensifié nos efforts en conséquence, et multiplié par trois nos ventes sur cette période. 

Comment expliquer l’amour des Africains pour le champagne ? Et comment se démarque Nicolas Feuillatte par rapport à la concurrence ?

C. Y. : L’histoire d’amour entre l’Afrique et le champagne est indéniable, mais diffère selon les régions. On distingue d’abord l’Afrique subsaharienne, véritable place forte pour le champagne en raison de ses liens privilégiés avec la France. Numéro 1 en France, Nicolas Feuillatte figure aussi parmi les leaders dans cette zone, avec plus 
de 20% de parts 
de marché. Nous
sommes très présents
en Côte d’Ivoire, notre
premier marché en Afrique
francophone, ainsi qu’au Congo, au Cameroun, au Gabon, en RDC ou au Togo. Il y a dans cette région une véritable culture du champagne et une fidélité à ses marques. En Afrique anglophone, le Nigeria et le Ghana ont connu une forte croissance de la consommation ces dernières années, mais souffrent aujourd’hui d’une conjoncture économique morose. L’attrait des marques
de champagne y est fort, mais la culture du produit encore superficielle. L’Afrique du Sud est un marché atypique : très structuré, avec une exigence et une expertise fortes en raison de son statut de pays producteur de vin, il est dominé par un nombre réduit de marques. Enfin, le Maroc se distingue dans le Maghreb avec un marché intérieur sous-estimé, d’une part, et l’importance de la consommation générée par le tourisme, d’autre part.

Nicolas Feuillatte se démarque par son engagement et sa dimension humaine, qui se traduit dans la relation personnelle que nous établissons avec nos clients. L’Afrique, ce n’est pas que des marchés et des chiffres, c’est aussi des pays, des hommes et des femmes dont nous souhaitons connaître et comprendre la culture, la société... Notre stratégie de communication reflète cette volonté, qui nous vaut la loyauté des consommateurs. 

Quelles sont les spécificités de la clientèle africaine ?

C. Y. : La dimension sociale dans la demande des boissons de luxe est prégnante et spécifique à l’Afrique : on est dans une logique de partage et non d’exclusion, et les grandes fêtes, notamment familiales, sont des occasions importantes de consommation. 

Quels sont les indispensables préalables commerciaux pour s’implanter en Afrique ?

C. Y. : D’abord une vision et une stratégie de long terme : l’Afrique étant un marché de temps long, il faut savoir tisser les liens de confiance nécessaires pour construire une relation de fidélité. Ensuite, le réseau de distribution. 

Quelles sont les difficultés du marché, les entraves au développement et les principaux défis à relever pour implanter sa marque et la pérenniser ?

Claire Yverneau, responsable de zone export Centre vinicole Champagne Nicolas Feuillatte

C. Y. : Les difficultés liées à l’instabilité géopolitique, qui se sont récemment accentuées avec la montée du radicalisme religieux. Les politiques économiques en matière de taxation du champagne, qui favorisent l’économie informelle et les circuits parallèles. La conjoncture économique, susceptible de ralentir la montée en puissance du continent, avec la baisse des cours du pétrole et des matières premières. Enfin, le manque d’infrastructures et les problèmes logistiques, qui freinent la distribution.
 
Publié en Avril 2016



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