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Centrafrique : l’immobilier, un marché en devenir qui peut rapporter gros

Par Harley Kenguéléwa le 16 Juin 2016

Même si ce secteur n'en est encore qu'à ses prémices, la faiblesse de l'offre pourrait offrir de belles perspectives aux entrepreneurs et aux porteurs de projet.



Lors des tensions politico-religieuses qui ont secoué la Centrafrique, les diverses violations du droit au logement ainsi que le saccage de maisons et de bureaux, perpétrés par les milices armées, ont conduit les habitants à se réfugier dans des églises ou solliciter un hébergement dans des familles d’accueil. A cela il faut ajouter la destruction d’édifices publics et, surtout, la dégradation des bureaux et des rares usines exerçant dans des conditions qui ont par ailleurs gravement compromis la qualité des produits et des services écoulés sur le marché.

Des besoins dramatiques

La réalité du secteur de l’immobilier était déjà déplorable bien avant cette crise intercommunautaire, avec des besoins estimés à 500 000 selon un organisme rattaché à l’ONU. Une personne sur cinq, menacée dans son intégrité physique lors des différents conflits meurtriers survenus dans le pays, a été contrainte d’abandonner son domicile, et une grande majorité des unités de production y ont été détruites. Aujourd’hui, près d’1 million de Centrafricains sont sans logement et la violence qui a sévi dans cet Etat a entraîné la fermeture de nombreuses sociétés, stoppant ainsi toute initiative relative à la promotion immobilière massive de bureaux.
 
C'est en se fondant sur ce constat dramatique que l’on peut affirmer l’existence d’un marché immobilier très porteur dans une Centrafrique en voie de pacification ; marché qui permettrait en outre de dynamiser un secteur du ciment caractérisé par la présence d’un nombre infime d’acteurs en situation de quasi-monopole.

 A lire également : Centrafrique : six secteurs porteurs en 2016

Il y a donc un besoin urgent de rénover les bâtiments publics existants, réhabiliter les maisons ou créer des logements destinés aux familles ayant perdu leur habitation, et construire des locaux commerciaux pour relancer l’activité économique, eu égard à la détérioration des biens appartenant aux entrepreneurs et aux promoteurs immobiliers, etc. … 

Prioriser l’habitat

« L’habitat sera l’une des priorités de notre action. Le programme de construction de plusieurs logements sociaux que j’avais en conception avant les récentes crises sera réactivé, en concertation avec le secteur privé et les autres partenaires nationaux et internationaux », avait à cet effet déclaré le nouveau président, Faustin-Archange Touadéra, lors de son discours d’investiture.
Mais le chef de l’Etat aura du pain sur la planche : non seulement, il aura à faire face à plusieurs tâches en s’attelant à la restauration de la sécurité, de l'ordre public et de l'autorité de I’Etat sur toute l’étendue du territoire national - une condition sine qua non pour prévenir tout nouvel acte de pillage et de destruction -, mais il sera dans l’obligation de lancer des opérations visant à lutter contre l’habitat clandestin et à remettre aux normes dans les meilleurs délais les constructions ayant émergé et proliféré de façon anarchique.

« Il faudra être attentif au vote de la loi de finances et au budget alloué au secteur », s’impatiente Thierry Simbi, un opérateur économique qui souhaite, à l’instar de nombreux Banguissois,  une intervention rapide du ministre de l’Habitat, du Logement social et de l’Urbanisme, Gaby Francky Leffa, en séance de débat parlementaire pour décliner son plan d’action devant les députés, chiffres à l’appui et, surtout, s’assurer de la mise en place d’un encadrement juridique plus strict.

Mais l’instauration d’un vaste programme de construction de logements sociaux et le réaménagement du parc immobilier destiné aux entreprises ne seront pas suffisants, car un autre défi de taille attend les nouvelles autorités centrafricaines et le secteur privé : répondre à la demande en s’engageant à livrer des logements « low cost », c’est-à-dire un habitat à très bas coût, en raison de la faiblesse des revenus des ménages et de la grande pauvreté dont souffre une bonne partie de la population.
 
 
 



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