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Bourses africaines : après le Brexit, l’heure des comptes

Par Jacques Leroueil le 14 Juillet 2016

Alors que les conséquences politiques du vote britannique en faveur de la sortie du pays de l’Union européenne sont encore difficiles à évaluer, l’impact financier du Brexit sur les places boursières mondiales était connu dès le lendemain du référendum. Tirée vers le bas par des investisseurs paniqués, qui ont vendu à tout va leurs actions après l’annonce du résultat référendaire, la capitalisation boursière mondiale a fondu de plus de 2 000 milliards de dollars pour la seule journée du 24 juin, selon les données compilées par la firme américaine S&P Global. Un record absolu dans l’histoire pourtant déjà mouvementée des grandes places financières de la planète.



Contrecoup

Bourses africaines : après le Brexit, l’heure des comptes
Dans le sillage de cette déroute collective, les principales bourses du continent ont également plongé dans le rouge vif, les jours suivants le Brexit : la place de Nairobi a ainsi vu son indice NSE 20 lâcher 3 % entre le 24 et le 28 juin, tandis que les bourses de Lagos et du Caire cédaient dans le même temps 5 % et 6 % respectivement. En valeur absolue, c’est cependant le Johannesburg Stock Exchange qui a le plus perdu (50 milliards de dollars de capitalisation boursière en moins), la première place du continent (1 000 milliards de dollars de valorisation globale) ayant notamment souffert de la chute des valeurs financières (Barclays Africa Group, Standard Bank Group, FirstRand, Old Mutual…) et de celles des entreprises spécialisées dans le luxe (Richemont).
Un contrecoup logique pour le cabinet de conseil britannique EXX Africa, qui souligne dans une étude¹ publiée le 27 juin les « liens financiers étroits entre l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni et le fait que de nombreuses grandes entreprises sud-africaines ont une double cotation sur les Bourses de Londres et de Johannesburg ». À contre-courant de ce mouvement baissier, la relative fermeté de la bourse de Casablanca (-0,26 % pour l’indice MASI) − la troisième d’Afrique par la capitalisation − a cependant permis de limiter les dégâts. 

Autre conséquence directe du Brexit, la livre sterling s’est sensiblement dépréciée par rapport aux principales devises africaines : -10 % face au dirham marocain et au franc CFA, -11 % contre la livre égyptienne et le shilling kényan, et -12 % face au rand sud-africain. Une bonne nouvelle pour les touristes du continent en déplacement dans les îles britanniques, mais un désastre pour les exportateurs des pays concernés, qui voient d’un seul coup leurs produits à destination du Royaume-Uni devenir moins compétitifs.

Résilience

Pourtant, comme le rappelle Lionel Haguma, analyste chez African Alliance à Kigali, « passé le choc initial, la majorité des grandes places financières africaines a vite repris des couleurs, à l’image de leurs homologues à l’international ». Le FTSE/JSE Index sud-africain a ainsi gagné près de 4 % depuis ses plus bas de juin, tandis que l’EGX 30 du Caire et le MASI de Casablanca évoluent désormais au-dessus de leurs niveaux pré-Brexit ! Pour notre interlocuteur, pas de doute, « le Brexit ne changera en rien les fondamentaux des grandes valeurs de la cote africaine et la chute récente des marchés doit d’abord être vue comme une chance pour se positionner à bon compte ».
Reste à savoir si beaucoup d’investisseurs en profiteront, le contexte d’incertitude et de ralentissement économique généralisés étant toujours présent. Au diapason de cette atmosphère attentiste, la place d’Abidjan a vu quant à elle son indice BRVM Composite continuer de céder du terrain, et ce même après les premières secousses du Brexit (-3,5 %).     


[1] http://www.exxafrica.com/special-report-the-impact-of-brexit-on-africa/



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