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Portrait

Bako Rambinintsoa,la princesse aux doigts de fée

Par HERY ANDRIAMIANDRA le 12 Octobre 2016

Connue par un cercle d’initiés sous le nom de Bako Rambini, cette jeune femme merina au sang bleu a créé en 2015 Fashion Cross Functional, une société de conseil dédiée aux créateurs de mode. Portrait de cette jeune styliste pleine d’ambition, moins utopiste qu’il n’y paraît si l’on se réfère à son parcours international et son caractère bien trempé.



Bako Rambinintsoa,la princesse aux doigts de fée
Elle revient souvent dans la grande île pour voir sa mère mais aussi pour préparer l’avenir. Dans les années 1980, elle a pu y constater le sacrifice de toute une génération bercée par l’illusion d’un socialisme ravageur, mais semble optimiste en voyant cette jeunesse assoiffée de savoir, le sourire au coin des lèvres en dépit d’une crise économique qui perdure.

Son objectif ? « Accompagner les créateurs en direct afin d’approfondir ensemble les leçons à tirer, leur donner les clés nécessaires pour lancer une marque et créer un impact. Madagascar fait bien entendu partie des pays que je veux accompagner. » Aujourd’hui, la main-d’œuvre malgache est très prisée en qualité de sous-traitant. L’Occident est peu enclin à l’admettre, mais de nombreuses marques occidentales opérant dans le secteur du luxe font confectionner leurs produits sur l’île. Bako Rambinintsoa précise : « Je veux que mon pays soit reconnu, au-delà des souterrains du secteur de la mode, que notre savoir-faire soit officiellement identifié comme étant un gage de qualité, que des créateurs de mode malgaches puissent eux aussi s’épanouir. Et pour cela il faudra permettre à des jeunes d’acquérir le langage et les outils nécessaires pour monter une collection cohérente et pertinente aux yeux du monde entier. » Pour réaliser ses projets, Bako Rambinintsoa met en place avec un ami l’association Aina Malagasy.

Des études classiques

Issue d’une famille patricienne tananarivienne de brodeurs d’or (atelier ouvert en 1937) descendants du prince Andriandranando, connu pour sa maîtrise de l’orfèvrerie, Bako est née à Alger en 1980, où son père travaillait comme ingénieur d’État, pour le compte de l’entreprise allemande Rhein Ruhr Ingenieurgesellschaft  (1972-1987). Pendant sept ans, la famille multiplia donc les allers-retours entre Alger et Berlin avec quelques passages à Madagascar. De sa mère, Bako apprendra l’art des mondanités, ainsi que le tricot, le crochet et les bases de la couture, à un âge ou les petites filles jouent généralement à la poupée.

L’année 1987 signe le retour définitif des Rambinintsoa à Madagascar, où Bako poursuit sa scolarité dans une école francophone : « D’un côté, l’apprentissage des us et coutumes traditionnels me familiarisait avec les bases de l’étiquette de la noblesse malgache, et de l’autre côté, l’école française me faisait découvrir l’histoire et la géographie françaises que j’ânonnais le soir, sans y comprendre grand-chose. » C’est son professeur de CM2 qui l’initiera à l’histoire de son pays, éveillant chez la fillette une passion pour la lecture qui ne l’a plus quittée depuis. Cette double culture lui ouvrira les portes du lycée français de Tananarive, qu’elle intégrera sur concours et où elle achèvera ses études secondaires. « J’ai gardé un excellent souvenir de ce lycée tourné vers l’international. Ce fut également pour moi l’occasion d’approfondir plusieurs activités extra-scolaires comme la danse, la chorale. J’ai même accompagné l’orchestre philharmonique de Madagascar au piano », ajoute-t-elle. Ses résultats scolaires lui permettent de décrocher une bourse d’excellence, grâce à laquelle elle peut intégrer une classe préparatoire et accéder à une grande école. 

Mai 2016
Mai 2016
Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 28 du numéro 34 Mai 2016, en vente ICI.



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