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Asky Airlines : les secrets de la réussite

Par ELOM ATTISSOGBE le 27 Juillet 2016

Avec un réseau couvrant vingt-deux destinations dans 20  pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, Asky Airlines fait partie des meilleures compagnies aériennes du continent. En seulement six années, elle s’est imposée comme un acteur incontournable du trafic aérien en Afrique.



Asky Airlines : les secrets de la réussite
13h30 à Lomé, dans la capitale togolaise. Au siège social de la compagnie Asky Airlines, les haut-parleurs du vieil aéroport international Gnassingbé Eyadéma grésillent : une voix suave et féminine annonce un embarquement immédiat. Au comptoir, lentement mais sûrement, la file des passagers s’étire, dans la discipline. Deux hôtesses, vêtues aux couleurs or et café de la compagnie, enregistrent les passagers avec un large sourire. 
« C’est l’une des compagnies les plus sûres. Ça fait des années que je prends les vols Asky, me déclare un usager, je suis satisfait de leurs prestations. Evidemment, tout n’est pas rose et il y a encore des défis à relever, notamment la cherté du prix du billet. »

La capacité d’accueil de l’aéroport international n’est plus adaptée à la pression des 10 000 passagers embarqués chaque semaine par le plus grand transporteur aérien ouest-africain. « Le problème particulier auquel nous sommes confrontés à l’aéroport de Lomé, c’est l’infrastructure. Il y a un seul portique de sécurité. Évidemment ça ralentit les opérations. » Sans compter l’étroitesse du site. « Il se pose le problème de parking des avions », explique Nowel Ngala, le directeur commercial d’Asky Airlines. Pourtant, à quelques centaines de mètres, un bel aéroport moderne, flambant neuf, déjà construit mais pas encore livré, devrait faciliter les activités de la compagnie. Annoncée depuis des mois, l’inauguration, toujours attendue, de cette nouvelle aérogare futuriste, doperait les ambitions de la compagnie panafricaine.

DES DÉBUTS TIMIDES

Du vol inaugural, le 14 janvier 2010, à destination de Ouagadougou, à aujourd’hui, Asky incarne un bel exemple de réussite. « Il faut reconnaître que les débuts étaient 
difficiles », se souvient Nowel Ngala. « D’autant plus que tout le monde avait encore en tête la triste épopée d’Air Afrique. C’était encore frais dans les esprits. On se disait qu’il serait difficile pour les compagnies africaines de s’imposer dans un environnement qui devenait de plus en plus hostile à leur croissance », analyse un cadre de la compagnie concurrente Air Côte d’Ivoire, qui a souhaité garder l’anonymat.
À l’époque, la vision qui animait le principal artisan de cette belle réussite, Gervais Koffi Djondo, actuel président du conseil d’administration d’Asky Airlines, répondait à deux ambitions•: promouvoir et renforcer l’intégration africaine. Pour y arriver, il fallait s’adosser à un géant africain des airs disposant d’une base solide pour porter le bébé qui venait de naître. L’idée d’un partenariat se concrétise dès la création de la compagnie en 2008. Un protocole d’accord à e’et immédiat est conclu peu de temps après avec un actionnaire africain de référence, Ethiopian Airlines.

UN MODÈLE ÉCONOMIQUE VIABLE

Très attentifs aux premiers pas de la compagnie, les dirigeants d’Asky Airlines ont vite compris que pour progresser et s’affirmer, il fallait adopter une stratégie bien spécifique. «’Nous sommes partis sur des considérations purement commerciales. Dans la sous-région, beaucoup de compagnies aériennes sont des porte-drapeaux, pas plus. Les marges sont très faibles dans le transport aérien. Nous avons alors compris que pour gagner notre place, il fallait adopter ce “business model’’ sans lequel une compagnie aérienne ne peut être pérenne’», admet Henok Teffera, le directeur général d’Asky Airlines. 
Compagnie de droit privé dont les actions sont majoritairement détenues par le groupe ETI (Ecobank Transnational Incorporated) – dont le président d’honneur n’est autre que le fondateur d’Asky, Gervais Koffi Djondo – la BOAD (Banque ouest-africaine de développement), la BIDC (Banque d’investissement et de développement de la Cédéao), et Ethiopian Airlines, Asky a le vent en poupe. Après le séisme économique dû à l’épidémie du virus Ebola en 2014, la compagnie panafricaine accumule des résultats positifs. 
Les bons indicateurs de croissance annuelle de la sous-région (entre 5 et 6œ% par an) viennent renforcer cette « success-story ». « Notre succès est d’abord dû à notre business-plan basé sur la recherche du profit. Ensuite, il y a notre réseau dense, la qualité de nos opérations, le dévouement de nos employés, notre taux de ponctualité qui tourne autour de 80 %, et notre certification IOSA (OATA Operational Safety Audit, programme développé par l’Association internationale du transport aérien, NDLR) qui est le benchmark, du point de vue sécurité aérienne », souligne Henok Teferra, le directeur général d’Asky Airlines.
Contrairement à ses concurrents immédiats qui misent sur le « point to point », Asky tire son dynamisme de l’efficience opérationnelle et de la connectivité parfaite qu’elle établit entre les différentes capitales d’Afrique. « Nos objectifs et notre vision nous différencient de nos concurrents qui sont entièrement financés par leurs gouvernements, ce qui les exonère de certaines taxes et leur octroie certains avantages. Cela rend la concurrence malsaine. Mais nous tirons notre épingle du jeu’», assure Nowel Ngala.
Les choix stratégiques de la compagnie jouent également en faveur de son ascension. « Nous comptons approfondir le réseau sous-régional par des alliances avec des compagnies nationales. Notre but est de proposer toutes les destinations et d’assurer des vols quotidiens, avec un minimum de temps au sol, en transitant par Lomé pour connecter toute la région », explique Henok Teffera. Grâce à son savoir-faire, Asky Airlines s’honore aujourd’hui de compter parmi ses clients d’anciens chefs d’État africains comme le Nigérian Olusegun Obasanjo, ou encore la Centrafricaine Catherine Samba-Panza.

Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 76 du numéro de Mai 2016, en vente ICI



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