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Accord entre Canal plus et trois distributeurs camerounais : une bonne nouvelle pour les ayant droit

Par Yves Lamour le 16 Juin 2016

CANAL+, comme d’autres opérateurs en Afrique, investit plusieurs millions de dollars chaque année dans des productions africaines afin d'alimenter ses chaînes. En 2015 et début 2016, l'opérateur avait confirmé son projet d’investir toujours plus dans des programmes africains, mais concédait être lourdement freiné par le piratage massif en Afrique. 



Le dernier Discop Africa (le plus grand rendez-vous panafricain de télévision multiplateforme), qui s’est tenu à Abidjan du 30 mai au 1er juin, a permis aux dirigeants de Canal+ de finaliser un accord avec trois distributeurs camerounais afin que ceux-ci distribuent ses bouquets de télévision légalement. Un contrat a ainsi été signé avec tv+, TNT Africa Cameroun et Creolink Communications.
 
Selon des sources sûres, le contrat comporterait trois clauses : l’interdiction complète du piratage, la transparence concernant le nombre d’abonnés Canal+ qui sera déclaré par les trois opérateurs, et la mise à disposition par Canal+ de ses 12 chaînes principales sur l’Afrique au même prix public que celui pratiqué par Canal+ en direct, soit 10 000 FCFA.
 
A ce jour, Canal+ édite 12 chaînes premium exclusives pour le continent africain. Il s’agit de 4 chaînes de divertissement déclinées par fuseaux horaires en 8 canaux pour les abonnés selon qu’ils vivent en Afrique centrale ou en Afrique de l’Ouest, et 4 chaînes Canal+ Sport.

Le piratage d’opérateurs de télévision légaux en Afrique continue de gangréner le secteur audiovisuel du continent. Depuis des années, la RTI (Radiodiffusion télévision ivoirienne), beIN Sports (réseau de télévision à péage, filiale du groupe de médias international qatarien beIN Media Group), MultiChoice (leader sud-africain de la vidéo de divertissement), Côte Ouest Audiovisuel (leader de la distribution de contenus audiovisuels en Afrique) et bien d’autres livrent une bataille incessante aux pirates. Cette bataille mobilise autant les entreprises que les institutionnels. Car le piratage affecte aussi les revenus des ayant droits africains : auteurs, acteurs, réalisateurs, producteurs et distributeurs, fonds d’aide à la production, caisses de l’Etat, c’est en effet toute la chaîne de valeur qui en pâtit. Ce manque à gagner considérable empêche les acteurs du secteur de réinjecter des fonds dans la production de programmes africains.
 
Même s’il n’est pas possible d’éradiquer complètement le piratage, il est toutefois possible de « limiter la casse » et de créer un écosystème plus vertueux entre les gros acteurs du marché. Les industries culturelles pourront générer plusieurs milliards de dollars de chiffre d’affaires et créer des centaines de milliers d’emplois en Afrique francophone le jour où ce fléau sera mieux combattu.
 



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