Techno

WorldRemit, success-story de la révolution FinTech

Par Fleur-Jennifer Ntoko Moussio le 29 Juillet 2016


Si l’on devait résumer le service de WorldRemit, start-up anglaise d’à peine cinq ans déjà valorisée à plus de 500 M$, on dirait qu’envoyer de l’argent à l’international est devenu aussi simple que l’envoi d’un SMS. Cette société est venue bouleverser, dès 2010, la donne d’un marché estimé au-jourd’hui par la Banque mondiale à 610 Mds$ et dominé par Western Union et Money Gram. Forbes Afrique a rencontré deux de ses cofondateurs.



Lui, c’est Ismail Ahmed, un Somalien qui a quitté le Somaliland avant le début de la guerre civile pour effectuer ses études en Europe. Titulaire d’une maîtrise en sciences et d’un doctorat, ainsi que d’un MBA pour cadres obtenu à la prestigieuse London Business School, il accumule bourses et honneurs au long de son parcours, mais n’en reste pas moins un étudiant étranger lambda qui travaille pour financer ses études. 
Elle, c’est Catherine Wines, une Française ayant adopté la culture anglaise depuis son installation en Grande-Bretagne il y a près de 30‹ans. Expert-comptable, elle travaille pen-dant plusieurs années chez KPMG, lea-der de l’audit, du conseil et de l’exper-tise comptable, avant de rejoindre en 2003 la direction de Travelex Money Transfer, ultérieurement rachetée par Coinstar. Leurs chemins se croisent grâce à une connaissance commune, alors qu’Ismail sort d’un procès avec son ancien employeur. A travers cette épreuve, cet entrepreneur dans l’âme découvre qu’il veut contribuer au développement du domaine du trans-fert de fonds et de ses réglementa-tions. Fin 2009, il gagne son procès et empoche une somme qui lui permet de lancer les prémices de ce qui est aujourd’hui WorldRemit.
Il s’entoure des meilleurs, dont Catherine Wines qui, bien que réticente à réintégrer ce secteur, est vite conquise par l’énergie et les idées neuves du jeune entrepreneur. Ensemble, ils peaufinent les grandes lignes du projet auquel Catherine apporte son expertise, son carnet d’adresses bien rempli et son expérience commerciale.

UNE VISION COMMUNE

Le monde du transfert d’argent, Ismail l’a découvert à ses dépens alors qu’il était étudiant, en envoyant des fonds à sa famille qui avait fui la guerre pour rejoindre l’Ethiopie, et en subissant le poids des frais de transferts.
Démocratiser ces transferts, sécuriser les envois avec des systèmes en meilleure conformité et une traçabilité irréprochableŠ; favoriser l’autonomisation des individus et, à terme, impacter positivement l’économie des pays, voilà ce qui anime ces deux acteurs du monde financier.
En novembre 2010, le projet World- Remit prend officiellement son envol avec sa première opération et, dès lors, l’ascension du groupe ne ralentira plus. Durant ses trois premières années d’activité, celui-ci lève 1,5 M$ d’investissement en recourant à des business angels. En 2014, la jeune entreprise reçoit le soutien d’Accel Partners, société de capital risque qui fut l’une des premières à financer Facebook, Dropbox et Spotify, et injecte 40‹M$ dans WorldRemit. En 2015, la structure reçoit 100‹M$ supplémentaires de Technology Crossover Ventures (TCV), un fonds d’investissement de la Silicon Valley qui a lui aussi misé sur Facebook et Spotify, ainsi que Netflix et Vice. En février 2016, la start-up a engrangé 45‹M$ supplémentaires de TriplePoint Venture Growth BDC Corp. et de la Silicon Valley Bank, afin de poursuivre son développement à destination des marchés émergents et matures.

Les services de WorldRemit sont accessibles depuis un ordinateur, une tablette ou un Smartphone. Les transferts d’argent peuvent s’effectuer 7j/7 - 24h/24 via Internet, plus besoin de se déplacer en agence, de remplir des formulaires et de payer des frais exorbitants. Grâce à une application gratuite disponible sur App Store et iTunes, les utilisateurs d’un compte préenregistré peuvent effectuer des transferts à moindres frais instantanément vers plus de 120‹destinations en Europe, Asie, Afrique, Australie et Amérique. C’est d’ailleurs un point sur lequel Catherine Wines insiste : « Tout le monde est sur son téléphone portable. En Afrique tout le monde en a un, mais tout le monde ne peut pas se déplacer jusqu’à une agence pour envoyer ou recevoir de l’argent. On s’adapte tout simplement à un nouveau mode de consommation et aux nouvelles technologies.» 


Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 22 du numéro Juillet//Août 2016, en vente ICI


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