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Will & Brothers lève des fonds et promet des drones « Made in Cameroon »

Par Patrick Nelle le 5 Mai 2017


Will & Brothers a réussi à mobiliser 124 millions de francs Cfa auprès de divers investisseurs. Un premier round de financement qui pourrait l’aider à donner un coup d’accélérateur à son projet de fabrication de drones « Made In Cameroon »



Augmentation de capital

Les fonds proviennent de divers investisseurs dont la structure ne souhaite pas dévoiler le nom. Il s’agit de prises de participation et non de prêts ou d’obligations. Cet argent frais a déjà permis d’acquérir un nouveau matériel, d’aménager dans de nouveaux bureaux et de renforcer l’équipe en recrutant du personnel. La petite entreprise est ainsi passée de 4 à 22 employés, avec des collaborateurs au Cameroun et en France.

Drones made in Cameroun

William Elong s’est fait connaître il y a quelques années en lançant le premier service de drones civils au Cameroun, avec à terme l’ambition de fabriquer localement ces petits objets volants, ce qui lui a valu une place au classement Forbes Afrique 2016 des jeunes entrepreneurs de moins de trente ans.

Confiant et optimiste, William Elong assure que les premiers drones Made In Cameroun seront bientôt visibles. Interrogé sur la question, Yves Tamu, son Directeur technique renchérit : « Je ne peux pas donner de date précise, mais soyez-sûrs que c’est pour bientôt ». Malgré le retard technologique et industriel important du Cameroun, William Elong estime que des composants importants de ses drones pourront être fabriqués localement. Quant à la partie logicielle du drone, c’est-à-dire les programmes informatiques intégrés à l’appareil, elle sera « 100% made in Cameroun » assure William Elong.

La production de drones sera répartie entre des engins à usage professionnel et des engins destinés au grand public. Il ne faut pas s’attendre à une large production en série, mais plutôt à des drones personnalisés, conçus et montés en fonction des usages et selon les exigences des utilisateurs.

Un service qui se développe

Le service de surveillance par drone que propose William Elong est de plus en plus adopté par des entreprises locales.Les exploitations agricoles, les entreprises d’affichage publicitaire, les organisateurs d’événements manifestent un intérêt croissant pour l’utilisation de ces appareils dans des tâches de surveillance de leurs sites. Une dynamique que William Elong attribue aux campagnes de sensibilisation répétées auprès du public : « On a énormément travaillé pour sensibiliser. On a organisé des ateliers, on a adopté une démarche éducative, on a agi pour inciter le pays à se doter d’un cadre législatif, on a attiré l’attention des autorités sur la question », explique-t-il, avant d’ajouter « qu’il a fallu se battre pour convaincre que le projet Drone Africa en valait la peine ».

Une situation qui n’est pas pour déplaire à Patrick Lolo, le Directeur financier, qui précise que « l’entreprise commence à dégager des recettes ».

Diversifier et s'exporter

Parallèlement à la location des drones, la petite société vend d’autres services en lien avec les technologies de l’information, notamment dans le domaine du marketing digital. La start-up propose également des formations en intelligence économique. Cette tendance à la diversification, qui s’est exprimée très tôt, va sans doute s’accentuer dans les années à venir.

Fort de son succès auprès des investisseurs, la start-up veut rapidement s’internationaliser : « On vise l’international », lance un William Elong on ne peut plus optimiste. La recherche de clients hors des frontières nationales apparaît du reste comme une nécessité impérative pour la petite entreprise, vue la taille réduite du marché camerounais.



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