Rédigée le 3 Mars 2017

Voyages

Les voyages exercent une fascination intemporelle sur chacun de nous, car ils sont porteurs d’ailleurs, de mondes et de sensations inconnus, de saveurs et de parfums inédits. Voyager nous habille d’une aura particulière, à la fois mystérieuse et glamour. Pour le commun des mortels, changer de ville, de pays ou de continent est un acte courageux.


Ne dit-on pas que « partir, c’est mourir un peu » ? Sans oublier les sacrifices auxquels doivent consentir ceux qui partent : laisser derrière soi ceux qu’on aime, s’adapter sans cesse à des cultures et des environnements divers, vivre l’incertitude et les surprises au quotidien, faire le choix du manque de sommeil et de la fatigue chronique, des fuseaux horaires changeants et des départs retardés, de bagages perdus et d’amis retrouvés. Voyager fréquemment implique une bravoure physique et morale, parfois teintée d’insouciance. Quel que soit le moyen de locomotion choisi pour sillonner le monde, la magie du déplacement opère autant pour le voyageur lui-même que pour son entourage. D’après l’écrivain Milan Kundera: «Il n’est rien de plus beau que l’instant qui précède le voyage, l’instant où l’horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses.» De la frénésie des préparatifs à l’anxiété d’un saut dans le vide, de l’anticipation face à l’inconnu à l’excitation d’un retour en terre connue, de l’indiŠfférence blasée au plaisir a‹ffiché, nous ressentons tous un peu d’émotion lorsque nous voyageons. Mais comment voyageons-nous? Léger ou chargé? Malles, valises ou housses? Habillé ou décontracté? A quoi ressemblent nos voyages? Traversons-nous les lieux que nous visitons sans vraiment les voir ou bien les découvrons-nous avec gourmandise? Ouvrons-nous la porte à des rencontres enrichissantes ou bien restons-nous dans notre univers bien clos? L’exploratrice Alexandra David- Neel disait que: «Celui qui voyage sans rencontrer l’autre ne voyage pas, il se déplace.» Les Africains ont toujours eu cette propension à voyager, par nécessité, pour survivre ou par goût de l’aventure. Je constate qu’aujourd’hui, cette tendance s’est amplifiée, notamment dans le monde des affŠaires où il est vital d’aller vers le client, en privilégiant le face-à-face. Malgré le manque de facilité et de confort dans les liaisons aériennes, routières et ferroviaires, l’Africain voyage beaucoup. Prêt à braver le chaos de l’enregistrement et la foire d’empoigne des livraisons de bagages, à subir les heures d’attente interminables pour une correspondance, les retards et annulations intempestives de vols, la qualité de service quasi inexistante, les routes impraticables, les frontières encore trop di‹fficiles ou trop longues à traverser… Et je passe sous silence tant d’autres anomalies inacceptables, tout en saluant au passage, les pays qui ont pris des mesures notoires pour faciliter la vie des voyageurs. Si, comme le disait Lamartine: «Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie», alors la résilience du globe-trotter doit susciter l’admiration. A ceux qui se reconnaissent ici, je souhaite «Bonne wouayasse»…
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