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Vairified souffle sa première bougie

Par Patrick Nelle le 27 Mars 2017


En février 2016, Patrick Ehode lançait Vairified, un service de réservation de taxi via une application mobile, une offre encore inédite dans le paysage camerounais. Un an plus tard, le manager trentenaire n’est pas déçu d’avoir franchi le pas. Il pose un regard positif sur le parcours et l’avenir de sa start-up…



Vairified souffle sa première bougie
Sur son site web, Vairified se présente comme une « plateforme de réservation de taxi sécurisé » et revendique « 500 000 personnes transportées chaque mois ».

Le projet est parti d’un constat amer : le transport intra-urbain fait pâle figure dans les grandes villes du Cameroun. Outre la vétusté du parc roulant, un phénomène d’insécurité est venu s’ajouter aux inquiétudes des usagers avec la multiplication des agressions à bord des taxis. En cas d’agression, il est particulièrement difficile pour des enquêteurs d’identifier des suspects, les taxis sans licence constituant la quasi-totalité de ceux qui exercent à Douala. Au cours d’une rencontre avec le préfet, « Nous avons appris que près d’un taxi sur trois ne possède pas ses documents, et que 270 taxis seulement sont enregistrés au ministère des transports sur les 2500 qui circulent à Douala » confirme Patrick Ehode.

Sécuriser les taxis

Vairified permet donc à l’usager de savoir qui le conduit et d’identifier le véhicule dans lequel il est transporté. La start-up se charge en amont de vérifier la validité des documents du conducteur et du véhicule. Les chauffeurs reçoivent un badge muni d’un code. En lisant ce code grâce à leur smartphone, les passagers découvrent les informations utiles concernant le conducteur.
Pour accéder au service il faut au préalable télécharger l’application et s’abonner au service. Si le téléchargement est gratuit, l’abonnement quant à lui vous coûtera 2000 Fcfa mensuels. Franchies ces étapes, on peut faire venir un taxi soit par appel téléphonique, soit en passant par l’application.
En amont Vairified certifie la validité des documents du chauffeur et du véhicule. Vairified n’est pas propriétaire des véhicules et travaille avec des taxis partenaires. Les taxis associés à Vairified n’ont pas un contrat d’exclusivité avec la boîte et conservent la latitude de trouver des clients par leurs propres moyens. Dans une ville au parc roulant particulièrement obsolète la start-up établit des critères d’esthétique pour attirer des clients. Les véhicules trop vieux, amochés ou mal entretenus sont écartés, ce qui restreint d’autant plus la possibilité d’accroître le nombre de partenaires.
Quant aux taxis sélectionnés ils sont notés et classés en deux catégories. Au sommet de la hiérarchie ce sont les taxis « Elite » : « chauffeurs disponibles et appréciés des clients » résume Patrick Ehode. En plus des paiements faits par les clients au moment de la course, les chauffeurs « Elite » reçoivent selon Patrick Ehode une prime mensuelle qui leur est versée par Vairified. Viennent ensuite les taxis « simples », ceux-là qui qui viennent d’entrer dans le parc cet qui doivent encore fait leurs preuves.
 

600 taxis partenaires, 250 courses par semaine

En septembre dernier Vairified revendiquait quelques 250 taxis partenaires. Un an après le lancement de l’application les chiffres sont en progrès. « Nous avons 600 taxis partenaires et nous réalisons 250 courses par semaine » revendique Patrick Ehode, dirigeant de la start-up. L’application enregistre 5000 téléchargements.

Partenariats gagnants

Lancé il y maintenant un an, Vairified semble dans une dynamique ascendante. Il faut dire que la start-up a su chercher et trouver les partenariats gagnants pouvant lui assurer la visibilité et l’accès à ses cibles.
L’initiative « Take me Home » conduite en partenariat avec Diageo Cameroun. Vairified et Diageo mettent des véhicules à la disposition de ceux qui après une soirée bien arrosée, sont disqualifiés pour prendre le volant. Lancé le 15 décembre, le programme « Take Me Home » a contribué à faire passer Vairified de 150 à 250 courses hebdomadaires.
La start-up a également su susciter l’intérêt des autorités administratives. Vairified établit de fait un fichier des transporteurs et le met régulièrement à jour constituant un vivier d’informations dans lequel l’administration espère bien puiser.
Après une année d’activité, Vairifed souhaite maintenant généraliser son concept de « vérification » et l’étendre non seulement dans d’autres types de transports mais également dans de nouveaux secteurs d’activités comme par exemple la restauration.


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