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Une « année difficile » pour le géant du luxe Richemont

Par JACQUES LEROUEIL le 15 Mai 2017


Le bénéfice net du groupe de luxe dirigé par le sud-africain Johann Rupert a reculé de près de moitié au cours de l’exercice écoulé, plombé par une demande anémique sur ses principaux marchés.



Stylos Montblanc, l'une des marques-phares du groupe de luxe Richemont.
Stylos Montblanc, l'une des marques-phares du groupe de luxe Richemont.
Pour Richemont, le géant du  luxe (avec quelques joyaux comme Cartier, Van Cleef & Arpels, Lancel, Piaget, Montblanc…) contrôlé par le milliardaire sud-africain Johann Rupert, l’exercice 2016-2017 (clos fin mars) aura été « une année difficile ». Dans un communiqué publié vendredi, la firme évoque ainsi « une évolution de la demande, qui a pesé sur nos activités […] ». Conséquence de cette apathie économique, le chiffre d’affaires annuel du groupe de luxe suisse a reculé de 4% à 10,65 milliards d’euros. Mais surtout, le bénéfice net a chuté de près de moitié (-46%) par rapport à son exercice précédent, à 1,21 milliard d’euros. Résultat, l'action Richemont dérapait de plus de 5% dans la journée à la Bourse de Zurich et de Johannesburg (l’entreprise dispose d’une double cotation), les investisseurs marquant ainsi leur défiance sur les perspectives du groupe. Dans son communiqué, le numéro deux mondial du luxe derrière LVMH, note du reste que « la volatilité et les incertitudes vont probablement perdurer dans l'environnement économique et géopolitique [actuel] ». 

Actif notamment dans l’horlogerie de luxe, la firme est confrontée à une baisse de la demande à Hong Kong et aux Etats-Unis, deux des principaux marchés mondiaux pour ce segment. Les ventes de montres, dont celles de Piaget et de IWC, ont ainsi continué de baisser, affichant un recul de 15% après une contraction de 8% au cours de l'exercice précédent (2015-2016). Les ventes de joaillerie, en particulier celles des marques Cartier et Van Cleef & Arpels, ont quant à elles décéléré à 7%- à taux de change constants-, contre 8% pour l'exercice 2015/2016.

Résultat, la marge d'exploitation de l’ensemble du groupe a baissé à 16,6%, contre 18,6% un an plus tôt. Pour contrer cette tendance, Richemont dit vouloir « poursuivre l’ajustement de [ses]   coûts fixes et de [sa]  production à un niveau plus soutenable de la demande ». Ce contexte explique la mise en œuvre d’un plan de restructuration à la fin de l’an dernier, qui a entraîné la suppression de 200 emplois environ en Suisse. Nombre d’analystes financiers soulignent cependant le caractère « biaisé » de la comparaison financière avec l’exercice précédent, le bénéfice net d’alors ayant notamment été gonflé par le résultat exceptionnel de 639 millions d'euros lié à la fusion de sa filiale Net-à-Porter avec Yoox. De quoi sans doute relativiser la contre-performance apparente du groupe, qui a proposé de relever le dividende de 6% lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires.

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