Techno

SatADSL, l’entreprise belge qui exporte Internet en Afrique

Par Patrick Ndungidi le 2 Août 2017


Fournisseur de solutions internet sur mesure, notamment en Afrique, la PME a reçu, le 28 juin dernier, le prix « Brussels Best Exporters 2017 », décerné par l’Agence bruxelloise à l’exportation.



L'équipe de SatADSL.
L'équipe de SatADSL.
C’est depuis Auderghem, une commune cossue et paisible de Bruxelles, que SatADSL offre de la connectivité IP par satellite à ses clients en Afrique, composés principalement d’institutions publiques et privées : groupes hôteliers, banques, entreprises minières, écoles, ambassades, sociétés forestières, etc. L’entreprise, créée en 2011 par quatre ingénieurs, en lien étroit avec l’Agence spatiale européenne, a pu identifier une niche qu’elle a su habilement exploiter. Grâce à une étude des marchés de télécommunication par satellite réalisée pour le compte de l’Agence spatiale européenne, les quatre co-fondateurs ont identifié le besoin réel pour les petites ou grandes sociétés d’offrir un service identique à ce qu’elles offrent dans les capitales (où existe la fibre) dans les régions plus éloignées dépourvues de réseau mobile et de câble. « Ils ont ainsi besoin d’un réseau stable même s’il peut coûter un peu plus cher », explique Caroline De Vos, co-fondatrice et directrice des opérations de la société. Pour ce faire, SatADSL a développé un produit Corporate d’offre de connectivité IP par satellite, combinée à des produits supplémentaires, déclinés sous forme d’applications : services de broadcasting (Radio), de e-learning avec la vidéo, de hotspot (borne wifi), services spécifiques pour les distributeurs automatiques (ATM) des banques ainsi que des applications typiques pour les ONG avec des possibilités de créer des canaux d’urgence, comme notamment lors de l’épidémie d’Ebola. Tous ces produits, indique Caroline De Vos, sont développés au sein de SatADSL, qui dispose d’un très département IT dédié.

Caroline De Vos.
Caroline De Vos.

Une présence en Afrique via des partenaires locaux

Avec une équipe de 16 personnes en Belgique, SatADSL est présente en Afrique grâce à un réseau de partenaires locaux qui sont des ISP (Internet service providers) ou fournisseurs d’accès Internet, dotés d’une licence ISP et d’une licence VSAT. « Dans chaque pays, on a entre 1 et 5 partenaires locaux. Ils nous ramènent des clients et servent également des clients que nous leur amenons », fait savoir Caroline De Vos. L’entreprise a déjà installé près de 3.000 sites dans 40 pays africains, situés pratiquement dans toute l’Afrique subsaharienne. « Historiquement, on a commencé en Afrique de l’Ouest puisqu’on avait un satellite qui couvrait cette partie. Par la suite, on a pu en avoir un autre qui couvrait le reste de l’Afrique Subsaharienne », note la co-fondatrice de SatADSL tout en affirmant que l’avantage de l’entreprise belge est d’avoir pu développer une plateforme unique (Service delivery platform) dans laquelle existent des outils IT qui permettent de créer et de gérer des services. « Nous achetons la bande passante « en vrac » auprès de différents opérateurs satellites et on la taille en fonction du besoin du marché et du client local. D’autres ne font que revendre des packages standards », détaille la directrice des opérations de SatADSL pour qui les concurrents, en termes de fourniture Internet, demeurent les réseaux mobiles et la fibre optique. Parmi les clients de SatADSL en Afrique figurent notamment EcoBank, la radio BBC, les ambassades, Coris Bank, certains grands groupes hôteliers ainsi que la poste du Togo. « Les postes au Togo sont équipées de notre système pour effectuer leurs transactions. La poste a rajouté un service hotspot qui permet aux villageois qui sont dans le coin de pouvoir capter le wifi et se connecter via leurs Smartphones gratuitement ou selon un prix fixé », explique la directrice des opérations de l’entreprise belge. Cette dernière voit son chiffre d’affaires, réalisé en grande partie en Afrique, augmenter chaque année passant de 874.797 euros en 2014 et de 1.616.054 euros en 2015 à 2.634239 euros en 2016. Pour l’exercice 2017, les dirigeants de l’entreprise prévoient un CA de 4.500.000 euros. Le coût de l’abonnement est compris entre 100 euros par mois (le moins cher) et 8.000 euros par mois (le plus cher). « On crée des packages en fonction des besoins des clients et les prix sont adaptés en fonction de ces besoins », indique la co-fondatrice de SatADSL dont l’entreprise fonctionne avec les équipements de la société belge Newtec, très performante, mais qu’on ne trouve pas en Afrique et qu’il faut exporter vers le continent avec des répercussions sur les prix d’abonnement. Voilà pourquoi, la société envisage de se connecter à la technologie iDirect, moins chère en termes d’acquisition, plus particulièrement du transport car déjà présente en Afrique, principalement en Afrique anglophone.

Faciliter les paiements et développer de nouveaux services

Malgré un chiffre d’affaires en hausse constante et une grande marge de progression, SatADSL n’est pas à l’abri des difficultés sur le continent. Le plus important, selon sa directrice des opérations, est relatif au recouvrement des montants des abonnements auprès des clients. « Au début c’était une difficulté parce qu’on n’avait pas toujours le bon partenaire local. Le problème est aussi technique car dans certains pays, il est impossible d’effectuer des virements bancaires ou par Paypal comme par exemple en Angola », regrette Caroline De Vos. Pour faire face à cette situation, l’entreprise développe, sur sa plateforme, un système qui permet plus de 200 possibilités de paiement en ligne. Même si des marchés comme l’Afrique du sud (présence de la fibre optique partout) et l’Ethiopie (monopole de la société nationale) leur sont pratiquement fermés, les dirigeants de SatADSL affirment continuer d’identifier de nouveaux services sur le continent dans un marché de l’Internet toujours en pleine progression. Prochaine cible pour l’entreprise, le secteur des Safari Lodges et des parcs animaliers avec l’application hotspot. En outre, SatADSL envisage d’ouvrir sa plateforme à d’autres opérateurs qui pourront l’utiliser sous licence. « Notre plateforme représente un atout unique que d’autres n’ont pas. Nous souhaitons leur permettre de l’utiliser, sous forme de revenues sharing », conclut Caroline De Vos.


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