Management

Sale temps pour le canal de Suez

Par Par Patrick Nelle le 14 Mars 2016


Alors que l’Égypte vient d’investir 8 milliards de dollars pour l’extension du canal de Suez, dont la nouvelle version a été inaugurée en grande pompe l’année dernière, ce dernier commence à pâtir des dommages collatéraux de l’effondrement mondial des cours du pétrole brut.



Crédits : AFP
Crédits : AFP
Avec la baisse du prix du pétrole brut et par effet de rebond, celle du carburant, il devient désormais plus économique pour les bateaux reliant l’Asie à la côte atlantique des États-Unis de contourner l’Afrique par le sud plutôt que d’emprunter le raccourci du canal de Suez. C’est en tout cas la conclusion d’une étude publiée en février 2016 par le cabinet danois SeaIntel Maritime Analysis, spécialisé dans le commerce maritime.

D’après SeaIntel, le prix du passage du canal de Suez serait de 465 000 dollars, tandis que le contournement de l’Afrique par la route du Cap à la pointe sud du continent représenterait une économie de l’équivalent de 235 000 dollars par voyage, soit un peu plus de la moitié du coût de la traversée du canal.

Des travaux au coût double

Certes, en empruntant le canal de Suez, les cargos ralliant l’Asie à la côte est des États-Unis gagnent 10 jours par rapport au trajet passant par le sud du continent. Un raccourci totalement justifié à l’époque où les prix du pétrole étaient encore élevés - puisqu’emprunter la route du canal permettait aux armateurs d’économiser 10 jours de consommation de carburant -, mais qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Selon des données collectées par SeaIntel et révélées par le site d’informations oilprice.com, entre octobre 2015 et février 2016, 115 navires effectuant la liaison Asie-Europe ont préféré contourner l’Afrique par le sud plutôt que de couper par le canal de Suez. Les prix actuels du brut amènent donc de plus en plus d’armateurs à abandonner cette route, quitte à rallonger le trajet d’une dizaine de jours et à consommer plus de mazout.

Le projet d’extension du canal de Suez, officiellement annoncé le 14 août 2014, visait à doubler la capacité de transit et donc la fréquentation du canal, avec pour objectif financier de faire passer ses recettes de 5,5 à 13 milliards de dollars par an à l’horizon 2023. Avant ces travaux, le canal accueillait 49 navires par jour. Un rendement que les autorités souhaitent élever à 97 navires/jour. Initialement estimé à 4 milliards de dollars, le coût des travaux s’est finalement élevé à 8 milliards de dollars et le chantier, rapidement exécuté, a été livré en un an. L’éclatement de la bulle pétrolière pourrait malheureusement contrarier les plans égyptiens et constituer une menace de taille pour l’une des principales sources de devises du pays.


Dans la même rubrique :
< >

Lundi 20 Mars 2017 - 14:45 La révolution « soft skills »

Vendredi 17 Février 2017 - 13:25 Focus Ventures le GPS de l’investisseur

Facebook



Découvrez le sommaire des derniers numéros du magazine


Inscription à la newsletter