La vie Forbes

Richard Bona sur les traces de l’héritage

Par MICHAEL TOBIAS le 9 Décembre 2016


C’est au Japon, alors qu’il se trouvait en tournée, que Forbes Afrique a interviewé le bassiste camerounais Richard Bona. Echange à distance. Il était 3 heures du matin à Tokyo… 20 heures à Douala. Au pays du Soleil levant, le petit matin est heure d’inspiration. Bona n’en manquait pas, en tout cas pour parler de son nouvel album, Héritage, de son amitié et de sa complicité avec Quincy Jones, le célèbre auteur-compositeur et producteur américain, de son label, Qwest Records, et de ses rapports tumultueux avec les autorités camerounaises. Entretien et propos à l’image de l’artiste : francs, directs et dénués de langue de bois.



Richard Bona sur les traces de l’héritage

Comment est né le projet Héritage, votre nouvel album ?

Richard Bona : Dans ce projet j’essaye d’illustrer les pensées oubliées, les choses dont on ne prête plus attention. Vous voyez, moi, Africain, je suis également à la recherche de nos racines enfouies, pas nécessairement celles qui sont chez nous. L’Afrique a beaucoup influencé les autres continents dans le passé. Mais, malheureusement, les Africains sont dans l’ignorance de leur influence de par le monde. L’esclavage, par exemple. Certes les esclaves ont été dépouillés de toutes leurs richesses et de tous leurs savoirs, mais ils leur restaient leur voix, leur danse, leur façon de cuisiner, leur technique, devenu l’héritage notamment des Cubains dans la musique. Ainsi, malgré les difficultés, ils ont pu influencer ce qui est devenu l’héritage de la musique afro-cubaine, un héritage devenu mondial. Quand vous regardez les instruments, vous voyez que le piano vient d’Europe ainsi que la trompette. Mais les bongos et les instruments que j’appellerais les “Hendrawns”, eux, viennent d’Afrique. Dans ce projet, je me suis donc dit que l’Afrique a aussi beaucoup influencé les autres pays et a participé à cet héritage.

Comment s’est passée votre collaboration avec Quincy Jones ?

Richard Bona et le groupe cubain Mandekan Cubano avec qui le bassiste joue sur l’album Héritage.
Richard Bona et le groupe cubain Mandekan Cubano avec qui le bassiste joue sur l’album Héritage.
R.B. : J’ai croisé Quincy il y a neuf ans à peu près. Je jouais à Los Angeles et il est venu me rendre visite. C’est feu Rod Temperton qui l’a invité à mon concert. Il est le compositeur qui a écrit de nombreux tubes de Micheal Jackson. C’est grâce à lui que Quincy et moi nous nous sommes rencontrés à Los Angeles. Avec Quincy nous sommes restés en contact. On a fait beaucoup de projets ensemble. Par exemple on a composé une musique pour UBS, on a fait une étude pour Mercedes au Japon, pour la formule.1. Des projets qui ne sont pas forcément commercialisés. C’est comme ça que nous avons commencé à collaborer et à devenir amis.

Numéro 40, Décembre 2016-Janvier 2017
Numéro 40, Décembre 2016-Janvier 2017
Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 89 du numéro 40 Décembre 2016-Janvier 2017, en vente ICI.


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