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Nwanko Kanu et la start-up de transfert d’argent Azimo, une équipe gagnante

Par MIRIAM FOGOUM le 19 Mai 2017


Enfant terrible du foot, passé par Arsenal et les Super Eagles du Nigéria, Nwanko Kanu est depuis quelques mois ambassadeur de la startup de transfert d’argent Azimo. Pour Forbes Afrique, l’ancien joueur revient sur les raisons de cet engagement.



Qu’est ce qui incite l’icône du football que vous êtes, à associer son image à l’entreprise Azimo ?

©Linda Ikeji
©Linda Ikeji
Nwanko Kanu : C'est un privilège de rejoindre l'équipe d'Azimo et de défendre le travail qu'ils font pour rendre l’envoi d’argent moins cher et plus rapide. J'ai souvent envoyé de l'argent à des proches au Nigeria : je connais donc « trop bien » les frais élevés et les retards associés aux services de transferts d'argent internationaux traditionnels. Les sociétés de transfert d'argent traditionnelles peuvent facturer jusqu'à 10% de la somme envoyée. C’est une énorme somme d'argent. En ce sens, je travaille avec cette entreprise pour montrer aux gens qu'il existe un autre moyen de transférer de l’argent, moins cher et plus rapide.

En quoi consiste exactement le contrat ?

Nwanko Kanu : La contrepartie de mon engagement, c’est qu’Azimo s’est engagé à donner un pourcentage sur chaque transaction envoyée au Nigeria pour soutenir mon travail de charité en Afrique, via la Kanu Heart Foundation –qui vient en aide aux enfants atteints de maladies du cœur-. Donc tout le monde est gagnant !

Quels sont les pourcentages reversés par Azimo à la Kanu Hearth Foundation?

Pour chaque transaction d’argent effectuée vers l’Afrique, Azimo reverse 10% à La Kanu Heart Fondation. L’Afrique étant l’un des continents vers lequel il y a le plus de transferts d’argent, cela crée une grande différence pour la fondation.

La Kanu Heart Foundation justement. Est-ce parce que vous avez été vous-même victime d’une maladie du cœur que vous avez décidez de mettre sur pied votre fondation, en 2000 ?

©Gidifeed
©Gidifeed
Oui, en effet. Je voulais trouver un moyen d'aider les autres, en particulier les enfants, qui étaient confrontés à des  choses similaires. Je pense que nous avons la responsabilité d'aider notre prochain quand nous en avons les moyens. Grâce à la fondation, plus de 500 vies ont pu être sauvées à ce jour.

Peut-on dire que le contrat que vous venez de signer avec Azimo est un but décisif dans le match que vous menez contre les maladies liées au cœur chez les plus jeunes.

(Rires) On peut dire ça en quelque sorte ! Et il est très important que nous continuions à travailler pour cette cause.

Comment la fondation détecte-elle les malades et combien à peu près investissez-vous pour un malade ?

Je reçois des centaines de lettres de toute l'Afrique et c'est là que la pression entre en jeu. Vous entendez plein d’histoires, et l'histoire de tout le monde mérite une aide, et vous voulez aider. Pour un enfant, le coût est compris entre 15 000 et 20 000 euros, et nous parlons du coût d’une seule opération. Nous ne parlons pas du déplacement pour l’étranger, de l’hébergement et de la prise en charge des malades au quotidien.

Est-ce difficile de mettre sur pied une fondation?

Oui, c'est difficile ! Mais nous avons trouvé des hôpitaux alternatifs en Israël où le coût d’une opération est moins élevé. Grâce à cela, nous sommes en mesure d'aider plus d'enfants. Malgré tout, cela reste encore très coûteux. Nous essayons de faire autant de collectes de fonds que possible. J'ai aussi organisé des matches de football de bienfaisance et, bien sûr, travaillé avec des entreprises qui fournissent des dons et agissent en tant que parrain : cela constitue une aide précieuse !

Vous êtes également Ambassadeur de bonne volonté pour l’UNICEF…

C'est une chose dont je suis extrêmement fier, comme je suis aussi fier de ma carrière de footballeur.Mais elle m'a surtout permis de faire des choses utiles comme créer ma fondation et travailler pour sauver des vies... et cela m'importe beaucoup plus personnellement. C’est grâce à ma carrière professionnelle que j'ai pu le faire.

Pouvez-vous nous citer trois moments importants qui ont marqué votre carrière professionnelle ?

Le premier est survenu quand j'ai gagné les Jeux olympiques d'été de 1996 à Atlanta avec l'équipe nationale nigériane. Pour la demi-finale, nous jouions contre le Brésil. Le Brésil gagnait 3-1, cinq minutes avant la fin. J'ai marqué deux buts dans le temps additionnel. Finalement, nous avons gagné 4-3, à l’issue des tirs au but. C'était incroyable! Après cela, nous avons remporté la finale contre l'Argentine (3-2).

Le second moment serait le match de la Premier League, opposant Chelsea à Arsenal en 1999. 20 minutes avant la fin du match, Chelsea gagnait 2-0. Entre la 70èmeet la 90ème minute, j'ai marqué 3 buts qui nous ont fait triompher. Encore une fois, c'est l'un des meilleurs souvenirs de ma carrière, surtout quand on connaît l’énorme rivalité qui existe entre Chelsea et Arsenal.

Le troisième et dernier temps fort est arrivé quand j'ai gagné la Ligue des Champions avec l’Ajax Amsterdam. Le dernier match de la compétition était contre l'AC Milan. Je n'ai pas marqué le seul but du match (Patrick Kluivert l’a fait, et il n'avait que 18 ans à l’époque !). Mais ce jour-là, la victoire de l'équipe était encore plus importante. La Ligue des Champions est la compétition que chaque footballeur veut gagner au moins une fois dans sa vie !

Si vous devriez changer quelque chose dans votre carrière de professionnel, ce serait quoi?

Je ne pense pas que je "changerais" quoique ce soit dans ma carrière. Pour moi, le fait d’avoir eu l’immense privilège de jouer pour tant de grandes équipes et d’avoir gagné autant de trophées me remplit de joie tous les jours.

Mon seul et unique regret restera le fait que j'ai été blessé lors de la  Coupe du Monde 1998, en France. Cela m'a empêché d'être en mesure de mener mon équipe à la victoire (nous avons perdu en 8ème de finale face au Danemark).

En tant qu’ancienne star de football, avez-vous un conseil pour les jeunes qui veulent suivre vos pas ?

Bien sûr ! Les jeunes doivent savoir que le monde du football est très compliqué. Il est décisif de travailler dur, les choses ne viennent pas toutes seules. Comme le football est un sport difficile, parfois dans une carrière, vous voulez simplement tout abandonner. C’est dans ces moments que vous devez redoubler vos efforts : la détermination est la clé du succès mais le football implique aussi des sacrifices, la capacité de dépasser vos limites et d'être très fort mentalement. Si vous travaillez dur et vous avez ces traits de caractère, vous réussirez, dans le football comme dans la vie !


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