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Mparany Maro Andrianina Ratsimbazafy, chausseur ambitieux

Par HERY ANDRIAMIANDRA le 10 Novembre 2016


En gagnant haut la main le concours Startupper 2016 lancé par le groupe Total dans 34 pays d’Afrique, ce businessman de 28 ans entre par la grande porte dans le cercle des entrepreneurs africains les plus en vue pour les dix prochaines années.



En cette journée glaciale, difficile de se rendre au QG du jeune entrepreneur, dans ce quartier d’Andravohangy où pullulent les petits commerces et où se croisent livreurs et acheteurs. Finalement, c’est sa jeune assistante qui nous guide vers un chemin escarpé et nous fait entrer dans une cour pour finalement nous emmener au 1er étage de son show-room. Là, trône son certificat « Startupper de l’année », signé et remis par Laurent Stouffe, DG de Total Madagasikara, en mars dernier.
Qui aurait cru que cet homme, issu d’une famille de classe moyenne, serait sous les feux des projecteurs en ce premier trimestre 2016 ?

Cumul d'expérience

Après son baccalauréat série philosophie obtenu en 2006 au lycée Jules Ferry, sur les hauteurs de Faravohitra, Mparany Maro Andrianina poursuit ses études supérieures en gestion d’entreprise à l’université d’Antananarivo durant deux ans. Il obtient un BTS en gestion des aƒaires, puis se lance dans la vie active. « Parallèlement à mes études, j’ai fait quelques stages… Ces expériences auprès de firmes différentes m’ont formé », indique-t-il. Opérateur de saisie en 2009 pour l’organisation panafricaine Fade (éducation des jeunes filles pour leur intégration dans la société), le futur businessman devient enquêteur pour l’agence Capsule (institut de sondage) la même année. Un travail sur le terrain qui lui permet de mieux cerner la psychologie humaine et « d’appliquer les recettes classiques du marketing pour aborder un ensemble d’individus représentatifs, utile au bon déroule-ment d’un sondage », précise-t-il. Suit la supervision d’une équipe d’enquête au sein du Cabinet ATW (Around The World) une année plus tard. En six ans, le jeune cadre travaille pour huit entreprises différentes (dont Vivetic Madcom, et Wexxia en tant qu’enquêteur téléphonique). « Je comptais me perfectionner dans plusieurs domaines, afin d’avoir plusieurs cordes à mon arc », signale le DG de Liberty Shoes.
Entre 2013 et 2015, il enchaîne les fonctions de rédacteur web pour la firme Beredac, responsable du traite-ment des mails-clients au sein de la société Odity, puis chef de projet de la firme SickMed Madagascar. En pleine crise politique, économique, il ne compte pas ses heures de travail, et ce tout en aidant ses parents.

Une mentalité de gagnant qui lui permet de briser le plafond de verre. Déjà « à l’université, il fallait jouer des coudes pour trouver une place dans un amphithéâtre bondé de 1000 étudiants…! », se souvient-il.
 

Naissance d'une vocation

Pour aller à la faculté, comme plus tard pour se rendre à son boulot, Mparany Maro Andrianina Ratsimbazafy se déplace à pied ou en bus. « Les souliers achetés dans le quartier de Behoririka rendaient l’âme au bout de six mois, fait-il savoir. En analysant le marché, je me suis aperçu que la quasi-totalité des chaussures vendues à Madagascar, de qualité inégale, étaient des produits importés, notamment d’Asie. Une production locale était assurée par une dizaine de marques, centrées sur des produits de grande consommation, avec des gammes réduites. Alors, je me suis dit : “Pourquoi ne pas fabriquer mes chaussures moi-même ?”, d’autant que je trouvais difficilement chaussure à mon pied compte tenu de ma petite taille ! » En décembre 2014, il trouve un partenaire local, qui travaillait auparavant pour le fabricant d’origine tchèque et distributeur de chaussures Bata – filiale fermée à Madagascar dans les années 1980. Et le 7 janvier 2015, il fonde sa société, Liberty Shoes, avec 1000 dollars américains (3 150 000 ariarys) de fonds personnel et produit, en douze mois, environ 1200 paires de chaussures (boots, richelieus, ballerines, mocassins). En juillet 2016, il pré-parait dix modèles pour sa nouvelle collection : « Je m’occupe du design et travaille avec mes huit employés de 6 à 18 heures, du lundi au samedi ».

N°39 Novembre 2016
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Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 44 du numéro 39 Novembre 2016, en vente ICI.


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