Portrait

Luc Gérard Nyafé, le financier congolais qui a conquis l’Amérique Latine

Par Patrick Ndungidi le 3 Mars 2017


A la tête du fonds d’investissement Tribeca, Luc Gérard Nyafé a bâti un empire financier latino-américain en l’espace d’une décennie. Un succès qu’il veut aujourd’hui répliquer chez lui, en RDC. Portrait d’un golden boy pressé.



« Il n’y a pas de fonds en Colombie ? Peut-être est-ce l’opportunité de créer le premier. » Cette conversation a lieu en 2005 entre Luc Gérard, qui vient de démissionner de son poste de directeur général de Philip Morris en Colombie pour devenir entrepreneur, et Benoît Leleux, son professeur de finance à l’International Institute for Management développement (IMD) de Lausanne. A l’époque, le nouvel entrepreneur souhaite racheter des PME locales en Colombie. Il ne dispose que de très peu de ressources propres et il n’existe aucun fonds d’investissement actif dans le pays. En outre, les opérateurs étrangers perçoivent la Colombie comme trop dangereuse pour y investir. C’est comme cela que naît Tribeca (Tribe Capital) Asset Management. « Tribeca est un fonds de capital-investissement, qui investit dans le rachat d’entreprises au sein desquelles nous détectons un potentiel de forte croissance et auxquelles nous pensons pouvoir apporter de la valeur au travers de notre méthode de travail que nous appelons la Tribeca Way », explique son fondateur. « L’idée de la création de Tribeca vient de mes échanges avec le Pr Leleux, avec les entrepreneurs que j’ai rencontrés lors de visites aux Etas- Unis dans la Silicon Valley et en Irlande, avec des rêveurs et des fonceurs qui, pour certains d’entre eux, avaient accumulé les échecs avant de finir par créer des entreprises comme Skype ou Ryanair… J’ai été frappé à la fois par la relative légèreté de leurs bases financières avant de se lancer et par la force de leurs convictions. Cela m’a donné le coup de fouet dont j’avais besoin », poursuit-il.
    Aujourd’hui, il existe plus de 35ž fonds tels que Tribeca en Colombie. Mais par rapport aux fonds plus classiques, précise Luc Gérard, Tribeca marque sa diffŸérence par des prises de participation exclusivement majoritaire et par son niveau d’implication dans la gestion des entreprises qu’il reprend. « Nous fonctionnons plus comme une holding qu’un fonds qui se contente de gérer des participations dans un portefeuille. Par conséquent, nous avons un portefeuille relativement concentré dans des secteurs clés. Une autre particularité réside dans notre apport élevé en capitaux propres, via notre holding Strategos. Depuis 2011, Tribeca a ainsi investi presque exclusivement ses fonds propres avec, dans certains cas, un co-investisseur possédant des participations minoritaires. Nous considérons que nous sommes avant tout des « investisseurs de marchés frontière » et devons continuer à explorer les nouvelles limites, là où les investisseurs traditionnels sont encore frileux », indique le PDG de Tribeca.

Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 38 du numéro 41 Février 2017, en vente ICI.


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