Classements

Le pari de la jeunesse

Par Elodie Vermeil le 20 Juin 2016


Ils ont 30 ans ou moins et construisent l'Afrique de demain. Ingénieur, chef d'entreprise, leader social, mannequin...il faut désormais compter avec ces jeunes talents d'Afrique francophone, nouveaux visages de l'« afro-optimisme ». Si les profils sont divers, une tendance se dégage : celle de l'entrepreneuriat social. Tour d'horizon.



Trois chiffres : 200. 60. 40. 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans (un chiffre appelé à doubler d’ici 2045), ce qui fait de l’Afrique le continent le plus jeune au monde. 60 %, soit la proportion de jeunes sur l’ensemble des chômeurs africains, alors que 10 à 12 millions d’entre eux arrivent chaque année sur le marché du travail. 40 % : le pourcentage de ceux qui disent avoir rejoint les mouvements rebelles à cause du manque d’emplois, selon une enquête effectuée en 2011 par la Banque mondiale. L’équation est simple : l’Afrique est certes le continent de la jeunesse, mais si cette jeunesse représente par définition une promesse, livrée à elle-même elle peut devenir une véritable bombe sociale. Le défi est immense et court sur plusieurs fronts : trop tard pour la démographie, mais restent les orientations socio-économiques et politiques.

Aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain, les gouvernements africains doivent capitaliser sur la jeunesse. Il en va de la prospérité future et du développement harmonieux du continent, qui passe par une vision de long terme et des politiques idoines à destination des jeunes : réformes de l’éducation, formations qualifiantes, autonomisation de la jeunesse… Toutes choses déjà à l’ordre du jour en 2009, lorsque les dirigeants africains, réunis à Addis-Abeba pour plancher sur le chômage des jeunes, avaient élaboré un plan d’action de la « Décennie africaine de la jeunesse » (2009-2018, ndlr). Heureusement, cette jeunesse n’attend plus après ses aînés et a décidé de prendre son destin en main. Garçons et filles, ils sont de plus en plus nombreux à franchir le pas, faire fi des conventions sociales et affronter la gérontocratie au pouvoir, qui étouffe très souvent dans l’œuf les initiatives de ses « enfants », par peur, par méfiance, par incompréhension ou par méconnaissance.

On les retrouve donc dans des secteurs qui ne sont pas contrôlés par les « vieux », comme en atteste l’extraordinaire explosion du numérique sur le continent. Autre différence fondamentale avec la vieille garde, et grande tendance de ce classement 2016 : cette jeunesse pense « nous » et non « je » ; elle veut se rendre utile, partager et transmettre. Voici une sélection de ces nouveaux leaders qui font bouger les lignes et secouent le cocotier, apportant un vent de fraîcheur, d’audace et d’humanisme à l’univers du business en Afrique. Place aux jeunes !

Méthodologie

A l’inverse des classements institutionnalisés comme ceux des villes ou des grandes fortunes qui reposent sur des indicateurs rigoureux, accessibles et quantifiables, les classements relatifs à la jeunesse restent encore très marginaux et obéissent à une logique plus aléatoire : il s’agit de prendre l’air du temps, d’activer les réseaux, d’ouvrir l’œil sur ce qui se fait et se passe, de repérer les buzz, les noms qui reviennent, de distinguer l’anecdotique du durable, les gloires d’un jour et les vraies histoires, les secteurs porteurs ou à fort impact social et/ou médiatique et, parfois, de parier sur certains profils… Plusieurs critères ont présidé à notre sélection, parmi lesquels la notoriété médiatique et Internet, l’âge, le secteur, le parcours et le profil. Chaque critère a ensuite été assorti d’un coefficient pour calculer l’indice de classement final, le tout en respectant la parité, la diversité nationale, etc. Néanmoins au moment de trancher, le critère le plus important a été celui de l’impact bénéfique sur les communautés et populations du continent. Car pour être vraiment inclusif, le développement doit dépasser les visions de court terme et les considérations purement mercantiles. Or, force est de constater que l’entrepreneuriat social a de plus en plus le vent en poupe en Afrique. C’est l’une des grandes tendances qui ressort de ce classement : les jeunes pensent collectif et veulent aider leurs pairs. Un vrai gage d’espoir pour l’Afrique de demain.
 
  1. Arthur Zang, 29 ans
  2. Sarah Toumi, 28 ans
  3. Julien Achille Agbé, 26 ans
  4. Ismail Ben Sassi, 26 ans
  5. Marie-Karelle Koné, 27 ans
 
Retrouvez l’intégralité du classement des 30 jeunes qui s’illustrent avec brio sur le continent dans le n°34 de Forbes Afrique (mai 2016) en vente  ici.


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