Rédigée le 5 Juillet 2017

Le match entre les hommes et les femmes

Les femmes sont-elles meilleures que les hommes ? Le sont-elles dans la gestion des affaires de l’Etat, dans le business et le management, dans la conduite des affaires de la famille, dans la vie en général ? Une réponse péremptoire affirmative ou négative serait hasardeuse. Les hommes seraient-ils alors meilleurs ? Etant moi même du sexe dit fort, je me dois objectivement de répondre « non ». Non, les hommes ne sont pas meilleurs que les femmes, dans notre Afrique qui cherche toujours la voie du salut.


Il y a deux décennies, nombre de spécialistes, de romancières et romanciers, de sociologues, de psychologues dressaient le portrait d’un homme africain irresponsable, faible, désarticulé, laminé par la crise, le chômage, victime des plans d’ajustement structurel qui avaient frappé la plupart des pays du continent. «L’homme africain a désert遻, disait-on.
    Et la femme pendant ces temps troublés a conquis des espaces. Elle s’est affirmée. Elle a souvent pris le leadership familial, grâce à ses accomplissements dans l’économie informelle. Avec son aptitude à gérer des petits budgets, sa maîtrise de l’environnement socioéconomique, sa capacité à assurer que la marmite soit pleine, sa ténacité et son esprit de sacrifice pour élever les enfants souvent seule, quand l’homme irresponsable sombrait dans l’alcool et la légèreté… Autant de choses qui l’ont érigée en pilier de la famille et de la société.
    Aujourd’hui, avec la révolution digitale, le boom de la téléphonie, une croissance positive, un semblant et une fragile prospérité, les femmes semblent mieux préparées que les hommes à a†ffronter les défis du siècle.
    Les femmes d’Afrique sont en train de conquérir leurs galons, des espaces, leur autonomie financière… Elles s’affirment sur les bancs des écoles, les travées des amphithéâtres et les rangs des grandes écoles. Elles occupent de plus en plus de places stratégiques dans les entreprises. Elles sont souvent en pole position dans des postes gouvernementaux et sont en mesure de prendre des décisions ayant un impact direct sur la vie du pays.
    Mais alors, font-elles mieux à ces mêmes places que les hommes? Gèrent-elles mieux? Gouvernent-elles mieux? Sont-elles plus éclairées dans leurs choix, leurs décisions, leurs engagements? Sont-elles capables de faire décoller le continent là où les hommes ont échoué? Sont-elles moins corrompues, plus conscientes des enjeux, plus capables de justice sociale, plus à même de réformer des systèmes sclérosés? A toutes ces questions et bien d’autres, ma réponse est «non».
   Les femmes ne feront certainement pas mieux que les hommes tant que nos sociétés seront sujettes aux mêmes blocages, prisonnières des mêmes démons qui hantent la conscience et l’inconscient collectif africain. La corruption ou l’intégrité morale n’ont pas de sexe, pas plus que l’incompétence ou la compétence. Les valeurs positives, la conscience claire des enjeux, le sens de l’Etat… ne se conjuguent ni au féminin ni au masculin.
    Il faudra une génération d’hommes et de femmes partageant les mêmes valeurs, prête à engager une transformation radicale, profonde, éthique, comportementale et partageant la même vision. Comme celle qui caractérisa les hommes et les femmes qui ont «éclair遻 le siècle des lumières, pour créer un impact ffdans tous les domaines de la société avec un puissant
e†et d’entraînement.
    Beaucoup d’Africaines et d’Africains, notamment des jeunes, sont porteurs aujourd’hui de cette possibilité. Mais pour que cela soit déterminant, il faudrait une véritable masse critique d’hommes et de femmes dans tous les pays, pour engager cette révolution nécessaire pour la renaissance africaine. Celle-ci sera plus forte si elle mobilise autant d’hommes que de femmes dans un mouvement puissant qui reste encore à créer, à organiser et à immerger dans nos sociétés.’
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