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Le boom de la télévision payante gagne en Afrique

Par Rudy Casbi le 16 Octobre 2017


Le gratin mondial de la vidéo et de la télévision s'était donné rendez-vous en septembre dernier à Amsterdam au Pays-Bas à l'occasion du forum IBC (International Broadcasting Convention). Le moral semble au beau fixe dans la profession et le continent africain surfe également sur cette tendance.



 Les 1700 exposants ont peut-être pu s'en rendre compte. Le marché de la télévision payante est en pleine croissance et le continent africain n'échappe pas à cette tendance. Selon une étude du cabinet Digital TV Research, le continent comptait jusqu'à 19,5 millions d'abonnés aux chaînes payantes pour 4,2 milliards de dollars de revenus. Et la tendance ne devrait pas faiblir grâce au développement de la télévision sur internet. Toujours selon ce même cabinet d'études, le marché total de ce secteur pourrait monter jusqu'à 640 millions de dollars à l'horizon 2022.
Ces alléchantes perspectives aiguisent naturellement les ambitions auprès de tout les acteurs de ce secteur. SES, société spécialisée dans les satellites et les télécommunications, est en première ligne. «Nous avons 4 satellites opérant sur le continent. Cela permet d'assurer une bonne captation des chaînes TV sur le continent. Par nos services, nous estimons en moyenne que 10 millions de foyers ont accès à la té lévision sur le continent grâce à nos activités», nous explique Nick Stubbs, le directeur général d'Astra France filiale du groupe SES (Société Européenne de Satellites), leader mondial des satellites. Les chaînes de télévision tentent aussi de tirer leurs épingles du jeu à l'instar de TV5 Monde. Ainsi, la chaîne francophone prévoit d'intensifier son positionnement à l'égard des téléspectateurs du continent. «Dans les prochaines semaines, nous aurons deux autres chaînes qui seront intégrées dans notre offre. Nous aurons une chaîne pour enfant et une autre qui traitera du bien-être. », explique Jean-Luc Cronel, le directeur marketing de la chaîne. Un pari pour la chaîne dont l'investissement ne sera que limité : «Aux Etats-Unis, lorsqu'y travaillais, nous avions crée la chaîne jeunesse. Nous l'avions mis en disponibilité en contenu premium avec nos abonnements. En conséquence : nous avons enregistré un bénéfice d'1,2 millions de dollars » avance-t-il avant de poursuivre : «Pour le continent africain, nous réadapterons les programmes mis en place aux Etats-Unis. Ainsi, nous espérons gagner entre 15 et 20 % supplémentaire par rapport à notre chiffre d'affaires obtenu aux USA», explique Jean-Luc Cronel.

Nick Stubbs
Nick Stubbs

Un impact social et culturel garanti

 Les perspectives qu'offrent ce secteur augurent de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi. Le groupe Vivendi, détenteur de toutes les chaînes Canal plus dont Canal + Afrique a multiplié par quatre ses effectifs, passant de 300 à 1200 salariés entre 2011 et 2016 selon David Mignot, le directeur général Afrique de Canal +. Chez SES, on observe la même tendance : « 8 000 personnes travaillent avec nous. Elles sont formées par nos soins directement auprès de nos clients puis ils réalisent la prestation demandée. », avance Nick Stubbs. Et il poursuit : « Nous sommes souvent demandée pour des installations techniques. En conséquence : cela requiert une disponibilité large et une attention particulière de nos techniciens vis-à-vis de nos clients. La plupart de ceux qui opèrent pour nous auprès d'eux sont auto-entrepreneurs. Bien qu'ils ne soient pas salariés au sein de nos structures, ils nous représentent auprès de nos clients. En échange de cela, nous leur octroyons une formation qui leur permettra d'être compétitif sur le marché de l'emploi de manière à ce qu'ils puissent démarcher d'autres structures », précise Nick Stubbs. Enfin,  l'embellie économique que connaît la télévision devrait profiter aux producteurs. « Pour la chaîne jeunesse, on a lancé un appel à projets auprès de producteurs d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale pour tout type de format. De cette manière, nous continuerons de soutenir les producteurs de téléfilms locaux. C'est un engagement depuis de longues dates au sein de TV5 Monde. En général, nous finançons à hauteur de 10 à 25% du budget total nécessaire à chaque production », détaille Jean-Luc Cronel.
 



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