Rédigée le 3 Mars 2017

La troisième guerre mondiale a commencé

Ce nouveau conflit planétaire, c’est la cyberguerre. Elle concerne en premier lieu les grandes puissances de la planète : Etats-Unis, Chine, Russie, Europe...


Et a priori, on imagine mal qu’elle puisse concerner l’Afrique. Et pourtant, ce continent qui connaît aujourd’hui ce que les spécialistes appellent la révolution digitale est devenu un terrain d’action privilégié pour les hackers, ces fantassins de la cyberguerre! En témoigne l’attaque massive lancée en novembre dernier par des cybercriminels pour paralyser les infrastructures de télécommunication du Libéria, avec pour conséquence de priver le pays d’Internet pendant une semaine. Le logiciel malveillant qui a frappé le pays d’Ellen Johnson Sirleaf, connu sous le nom de Mirai, est le même qui a permis à des hackers d’opérer, à l’échelle mondiale, une attaque contre le fournisseur de services Dyn. Ils ont réussi à mettre hors service les géants américains Twitter, Amazon et eBay pendant plusieurs heures.
    La menace de la cybercriminalité est désormais une réalité vécue au quotidien. Or en Afrique, la prise de conscience de cette menace reste encore marginale. Notre imaginaire de contemporain de ce ‰‰Še siècle est nourri d’images de films hollywoodiens dont nombre de scénarios nous racontent la cyberguerre… virtuelle. Or celle-ci est devenue réelle. Comme le montre le documentaire –”Zero Days– du réalisateur américain Alex Gibney (oscar du meilleur documentaire en 2007 pour Un taxi pour l’enfer), les cyberattaques font désormais partie de l’arsenal militaire des grandes puissances. L’armée américaine les exploite au même titre que les armes conventionnelles, nucléaires, chimiques ou biologiques. Mais si celles-ci sont réglementées par des traités internationaux, les armes de la cyberguerre, créées par les services secrets, n’ont aucune existence légale. Ce documentaire évoque le cas du ver «Stuxnet», virus informatique considéré comme la première arme cybernétique majeure de l’histoire que les Américains et les Israéliens ont utilisé pour attaquer le programme nucléaire iranien. Une arme qui s’est répandue à travers le monde et peut désormais frapper n’importe où.
   La cyberguerre peut être extrêmement sophistiquée. C’est le cas avec Stuxnet ou celui des hackers du collectif Anonymous qui ont lancé des attaques contre Visa, MasterCard ou PayPal par solidarité avec WikiLeaks. Autre exemple, comme le raconte l’hebdomadaire français Le Point, la Chine, qui en 2010 a réussi à détourner 15”% du trafic mondial d’Internet pendant vingt minutes à la faveur d’un «essai cyber».
    Mais comme on peut l’imaginer, en Afrique, la cyberguerre peut être beaucoup moins sophistiquée. Elle n’en est pas moins efficace et létale. L’exemple du Libéria est éloquent à cet égard. Pirater le site de la présidence d’un pays, comme cela est arrivé en 2015 au Cameroun, peut sembler encore plus facile. Mais les conséquences n’en sont pas moins incalculables. Surtout si on considère que les intentions des cybercriminels peuvent être franchement inamicales.
    Comment combattre la cybercriminalité ? C’est à cette question que nous tentons d’apporter des réponses dans ce numéro, à la faveur d’un entretien exclusif que nous avons eu avec un des rares spécialistes africains de la discipline”: le Camerounais Gérard Eyoum, PDG de Cyberix.
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