L'éditorial de Michel Lobé Ewané

Rédigée le 31 Octobre 2017

La science, la technologie, les mathématiques : les clés du progrès


Numéro 48, daté Octobre 2017.
Numéro 48, daté Octobre 2017.
L’événement s’est déroulé dans une totale discrétion dans un lieu quasi anonyme de Douala, la capitale économique camerounaise. Loin des médias et quasiment sans promotion. Il est pourtant chargé de symboles et porteur de promesses pour l’avenir. A l’initiative de la Fondation Rubisadt, créée il y a près de vingt ans par une dame aussi discrète qu’exceptionnelle, Florence Tobo Lobe, une vingtaine d’adolescentes – lycéennes et collégiennes –, âgées de 13 à 18 ans, présentaient devant un public d’une centaine de personnes, parmi lesquels leurs parents et amis, des prototypes de robots qu’elles ont conçus et mis au point. Ces jeunes filles ont donné trois semaines de leurs vacances pour apprendre à connaître, comprendre, concevoir, programmer et piloter des robots. Les trois prototypes présentés correspondaient à trois types de programmes adaptés à une demande socio-économique : un robot pour l’agriculture qui se met à la place de l’homme pour creuser des sillons, semer, récolter ; un robot pour l’exploitation minière; et un troisième, celui là ludique, pour apprendre aux enfants de 3 à 9 ans à parler une langue locale.
    Sidy Ndao a lui aussi fait le pari de la robotique scolaire (voir p.30). Professeur de génie mécanique aux Etats Unis, le roboticien sénégalais a conçu un programme de robotique dont l’ambition est d’encourager davantage d’élèves africains à s’orienter vers les filières scientifiques. C’est aussi l’ambition d’une Camerounaise, Arielle Kitio, 25 ans, une passionnée de nouvelles technologies qui s’active à communiquer la fibre scientifique aux Africains de sa génération. Les STEM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) sont pour l’Afrique les clés de l’avenir. Le Sénégal, avec la nouvelle ville de Diamniadio, le Ghana, avec le projet Ghana Cyber City, le Kenya, avec Konza Technology City, le Rwanda, avec son Innovation Center, sont autant d’exemples de Silicon Valley africains, qui donnent une perspective et un horizon prometteur pour réussir la révolution digitale en Afrique.
    Dans ce numéro de Forbes Afrique, nous nous projetons dans cet horizon du futur en explorant les promesses de l’intelligence artificielle (voir p. 18 à 25) avec des exemples d’application de l’IA sur le continent, au Nigeria ou en Afrique du Sud. L’Afrique peut gagner le pari des STEM, à condition que nos gouvernants aient une vision stratégique et une véritable ambition politique dans cette direction. A condition d’arrêter d’avoir peur du progrès comme ces gouvernements qui coupent l’accès des populations à Internet pour une raison ou une autre. Ces pays qui choisissent de brider Internet ou d’entrer en guerre contre les réseaux sociaux ont peur de la science et de la technologie et se condamnent au repli et à la régression.
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