Management

L’art subtil du business plan

Par PATRICIA COIGNARD le 1 Juin 2017


En Afrique comme ailleurs, il n’y a pas d’entrepreneuriat sérieux sans business plan, quels que soient le marché, l’ambition et la maturité d’un projet. Un sésame qui a parfois mauvaise presse auprès des créateurs d’entreprises. A tort ! Haro sur les idées reçues.



Julien Lefilleur, responsable du financement des entreprises chez Proparco.
Julien Lefilleur, responsable du financement des entreprises chez Proparco.
« Le business plan est un outil indispensable en revue ou en assistance à projet. Il formalise toute la synthèse des idées. Il s’articule autour de données de marchés fiables et sur la capacité de remboursement de la future activité », explique Damien Jacquart, du cabinet Deloitte. Basé en Tunisie, le consultant travaille pour les pays du Maghreb et se déploie en Afrique subsaharienne. Pour Massika Kibelolo, délégué général de l’Association Pointe Noire Industrielle (APNI), une plateforme de structures d’appui à la création et au développement des TPE/PME et PMI au Congo-Brazzaville, il est déconseillé de solliciter un financement auprès d’un établissement bancaire sans business plan. Car « pour le dimensionner, vous êtes obligé d’évaluer la capacité de remboursement.

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Mieux vaut savoir dès le début si le financement que vous structurez a des chances d’être remboursé. Sinon, il faut revoir la taille de l’investissement pour l’adapter à la dimension de l’entreprise et sa capacité de prendre un marché ». Il cite l’exemple de banques au Ghana qui « n’avaient pas nécessairement évalué la capacité d’endettement de leurs clients, ce qui a encouragé inconsciemment les entreprises à surinvestir et souvent a abouti à leurs faillites».

Outil

Document formalisé, le business plan décrit le produit ou le service, les clients potentiels, la concurrence, la stratégie commerciale. Il comprend enfin un compte de résultat prévisionnel. Si le business plan e•raie, c’est par méconnaissance de sa véritable finalité. « On oublie parfois que c’est d’abord un outil de communication. D’un côté, vous avez des entrepreneurs avec de bonnes idées sur des marchés émergents. De l’autre, les banques et les sociétés de « private equity » qui cherchent des projets solides à financer. Et souvent les deux parties prenantes ne parviennent pas à s’entendre, car il manque ce document écrit, fiable, rédigé par un tiers de confiance qu’est le business plan.»

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Il sert aussi à partager une ambition avec son ou ses partenaires. A recruter les personnes clés pour le développement de son activité. Le business plan ne se résume donc pas à un tableau de données chiffrées consolidées. « C’est une boussole tout au long de la vie de l’entreprise», analyse Massika Kibelolo. Dès lors, un business plan peut-il se résumer à une étude de marché ? «Tout dépend à quel stade se situe le projet», explique Damien Jacquart. «Au tout début, le business plan est d’abord destiné à valider la pertinence d’un concept. Le niveau de détails des données ne sera pas aussi important que dans un projet plus mature. On attendra plutôt une étude de concept afin de déterminer si l’idée est acceptable et adaptée à la cible pressentie. Dans une phase ultérieure, où l’activité est développée et devient plus complexe, le business plan sera un rapport de type projet de finance destinée à aller chercher de la dette ou des capitaux propres», détaille le spécialiste.

Pour lire l'intégralité de cet article, rendez-vous à la page 86 du numéro 45 Juin 2017, en vente ICI.


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