Rédigée le 3 Mars 2017

L’année 2017, cette inconnue !

Les années se suivent, inexorablement. Parfois, elles se ressemblent. Et quand ce n’est pas le cas, des indicateurs fiables permettent de prévoir ce qui va marquer l’année qui vient. Cette fois, le passage à 2017 nous plonge dans une inconnue dont les signes annonciateurs accentuent la profondeur.


Avec 2016, le premier président « noir » des Etats-Unis, Barack Obama, s’en va, emportant l’aspect symbolique de son élection. Cet aspect qui paraîtra, hélas, plus important que son bilan, depuis le jour où les rois mages de Stockholm ont déposé sur son berceau l’off†rande rude d’un inattendu prix Nobel de la paix, comme pour célébrer un mutant. Barack Obama s’en va, Donald Trump « s’en vient » et l’aspect symbolique de son élection, électron on ne peut plus libre, mais espèce bien aimée d’une Amérique décomplexée ; cet aspect symbolique plombera les débuts de son mandat. Pourtant, il était inéluctable qu’une Amérique toute en rugosités remplace celle sans aspérité d’Obama.
    Au même moment, au Kremlin, un tsar fait ses preuves. Il est digne de la grande et belle époque. Après Mikhaïl Gorbatchev, cet autre prix Nobel proche de l’Occident ; après l’intermède cocasse de Boris Eltsine, l’homme vient redonner à la grande Russie sa fierté d’antan. Il a le verbe persifleur d’un cobra de la steppe et le regard sombre et froid des nuits de Sibérie. Il maintient au pouvoir Bachar el-Assad, le Syrien honni de l’Occident et, semble-t-il, oriente les élections présidentielles américaines.
    En France, un président en exercice accepte des primaires pour le choix du candidat de son camp à sa succession, et finit par ne pas s’y présenter. Il termine son mandat comme il l’a commencé, en allant s’assurer une sortie honorable auprès de ses amis africains et, comme le destin est polisson, pour un dernier rendez-vous en ce Mali qui accueille le sommet franco-africain, pays auquel il reconnaissait au début de son quinquennat qu’il lui avait o†ffert le plus beau jour de sa vie. Et dans cette France énigmatique, bien malin qui peut nous dire aujourd’hui quel élu paraîtra sur les écrans en mai prochain, au soir des résultats de la présidentielle. Pour parodier le Vesoul de Jacques Brel, aux Etats- Unis, on a cru voir Clinton, on a vu Trump. En France, la droite attendait Juppé. Elle a eu Fillon. Hier qui connaissait Emmanuel Macron ? Alors, attention !
    Récapitulons. Au sommet du monde, dans la sphère des gendarmes, l’année 2016 aura été celle d’un certain remue-ménage : le renforcement du plan Poutine pour le retour de la grande Russie, le Brexit et la révélation d’une certaine fragilité de l’Europe, le départ d’Obama et l’arrivée de l’énigme Donald Trump. Dans les mondes intermédiaires, l’Asie poursuit son petit bonhomme de chemin, nous rappelant la prophétie de Peyrefitte. Et l’Afrique ! Un autre symbole. Si un certain plan d’électrification n’a pas encore abouti, rien de surprenant. C’était prévisible. Le temps n’est plus au messianisme des pères blancs, mais au réalisme. Par contre, bien des indicateurs poursuivent leur petit bonhomme de chemin positif. Alors, mettons tout en oeuvre pour que 2017 donne une bonne récolte de manioc.
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