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Khaled Igue, repenser le développement de l’Afrique

Par Michée Dare le 22 Juillet 2017


Président du Club 2030 Afrique, l’un des think tanks francophones les plus influents du continent, Khaled Igue ambitionne un « développement africain par les africains ». Rencontre avec un afro-optimiste qui œuvre au quotidien pour une Afrique plus autonome et influente sur l’échiquier mondial.



Khaled Igue, repenser le développement de l’Afrique
A seulement 34 ans, Khaled a déjà un parcours dont peu pourraient se targuer. Après des études en France (Sciences Po Paris, Université de Paris I Panthéon Sorbonne, Institut National des sciences Appliquées) puis aux États-Unis (Illinois Institute of Technology), ce natif du Bénin a occupé des postes stratégiques dans plusieurs multinationales et organisations. Récemment nominé parmi les lauréats de la promotion 2017 des Young Leaders de la Fondation Africa France, il a également été Emerging Leader de la German Marshall Fund (Etats-Unis) en 2016. Ce n’est donc pas un hasard si la filiale internationale de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), dédiée à l’agriculture et au développement durable, l’a débauché alors qu’il occupait un poste de Manager au sein du cabinet Eurogroup Consulting. Il exerce actuellement au sein de ladite organisation en tant que directeur des partenariats publics et institutionnels.

Areva, le déclic

C’est à Areva que cet ingénieur de formation a fait ses premières armes. Chargé du développement des partenariats stratégiques avec les entreprises de Génie Civil, notamment dans le secteur du nucléaire, il est au cœur du système. Envoyé au Niger à sa demande, Khaled vit de l’intérieur le feuilleton à rebondissements de la présence de la firme française, fait de multiples tractations sur la renégociatition du code minier dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.   Cette expérience le convainc notamment quelques années plus tard, en 2012, à créer un think tank- Club 2030 Afrique- qui se propose de repenser les solutions apportées au continent, en vue de son développement. Pour lui, c’est une évidence, « le développement de l’Afrique ne se fera pas sans les Africains ».  Khaled reconnait en premier lieu l’insuffisance des nombreux acteurs de l’aide au développement (ONG notamment), qui bien qu’ils œuvrent activement et de bonne foi sur le continent, ne s’inscrivent que très rarement dans une vision à long terme. La plupart des actions menées l’étant pour apporter des solutions urgentes à des problèmes conjoncturels.

Club 2030 Afrique

Très vite, Club 2030 Afrique se distingue par ses nombreuses contributions sur plusieurs questions d’actualité relatives au continent. Il est ainsi l’auteur d’un rapport publié en marge de la COP21, qui a lieu à Paris en 2015. Dans ce rapport, le Club Afrique 2030 met en garde la communauté internationale sur le fait que ce protocole, loin d’être un succès, est une Victoire à la Pyrrhus, car il permet à ses signataires de s’en retirer librement dès 2023. Les faits lui donnent raison dès 2017, avec le retrait annoncé du géant américain.   
Le think-tank est du reste aujourd’hui soutenu par plusieurs sommités internationalement reconnues. On peut citer entre autres, Didier ACOUETEY, Directeur associé du cabinet Africsearch, Jean-Michel Severino, Président d’Investisseurs et Partenaires ancien Directeur Générale de l’AFD, Lionel Zinsou, Président de la Fondation Africafrance et Ancien Premier Ministre du Bénin.

Le développement en Afrique

Mais au-delà de l’actualité, la question centrale qui anime Club 2030 Afrique est bien celle du développement du continent. Pour Khaled Igue, l’impact des solutions apportées est une problématique qui doit s’inscrire sur le long terme et qui est tributaire de la mise en place de politiques de base, notamment dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’énergie, de l’agriulture et du numérique. Pour financer ces solutions, le président du Club 2030 Afrique  propose une contribution de la diaspora africaine à travers un fonds solidaire. Les envois d’argent de cette diaspora se chiffrerait ainsi à des dizaines de milliards de dollars par an (40 milliards en 2015) ; « une manne financière qui, mieux canalisée, pourrait largement contribuer au développement du continent », explique Khaled Igue. Alliant l’action à la parole, Khaled œuvre déjà activement dans ce sens, en mobilisant la diaspora béninoise, forte de 2 millions d’âmes, en vue de lancer un premier fonds solidaire de plusieurs millions d’euros. En somme, une première étape vers le développement de l’Afrique par les africains eux-mêmes.


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