Management

Investisseurs : la ruée vers Abidjan

Par Par Patrick Ndungidi le 22 Mars 2016


Le classement Nielsen’s Africa Prospects Indicators (API) a publié son deuxième rapport le 7 mars dernier. Ce document indique notamment que la Côte d’Ivoire est devenue au terme de l’année 2015, le pays d’Afrique subsaharienne le plus attractif en termes d’investissements. Difficile pour l’heure, de savoir si l’attentat perpétré par des djihadistes à Grand-Bassam va rafraîchir l’enthousiasme des investisseurs...



crédits : AFP
crédits : AFP
L’attractivité économique d’Abidjan est aujourd’hui indéniable. La capitale ivoirienne est devenue un hub économique en Afrique en général et en Afrique de l’Ouest en particulier. Et les investisseurs se bousculent au portillon. Quelques-unes des plus grandes marques mondiales investissent désormais la capitale économique de la Côte d’Ivoire, devenue la plaque tournante et porte d’entrée du business en Afrique de l’Ouest.

L’arrivée la plus récente est celle de Visa Inc., fournisseur américain de solutions électroniques de paiement. L’entreprise va ouvrir dans la capitale économique de Côte d’Ivoire son premier bureau en Afrique de l’Ouest francophone. Le leader dans le domaine des technologies de paiement a déclaré vouloir soutenir les marchés africains francophones dans leur passage des paiements en espèces vers les paiements numériques. Dans le secteur de l’énergie, l’entreprise américaine General Electric vient également d’ouvrir à Abidjan son tout premier bureau en Afrique de l’Ouest francophone. Il s’agit du seul bureau de General Electric en Afrique subsaharienne francophone. Pour le géant américain, ce nouveau bureau répondra aux besoins croissants des pays francophones d’Afrique subsaharienne. Sur un autre registre, la conciergerie de luxe John Paul a effectué, en janvier dernier à Abidjan, sa première implantation en Afrique subsaharienne, en dehors de Marrakech où la société française dispose déjà d’un bureau. Le service de conciergerie de luxe Xclusive by John Paul Côte d’Ivoire propose ainsi une gamme de services à la personne. Dans le domaine de l’hôtellerie, le célèbre groupe suisse Mövenpick, quant à lui, prévoit de construire un hôtel cinq étoiles à Abidjan, dont l’ouverture devrait intervenir en 2018 ou début 2019. L’établissement sera doté de 220 chambres, avec un investissement évalué à 55 millions d’euros. 

Grande distribution

Le Brasseur néerlandais Heineken et le distributeur français CFAO se sont également alliés pour créer Brassivoire, dont le lancement de la production est prévu début 2017. L’entreprise est détenue à 51 % par Heineken et à 49 % par CFAO. Ce dernier, allié à la marque Carrefour, a également ouvert, le 19 décembre 2015, son premier centre commercial à Abidjan dénommé PlaYce Marcory. La grande enseigne de restauration rapide Burger King y est déjà installée, faisant de la Côte d’Ivoire, le premier pays d’Afrique de l’Ouest à abriter un restaurant de la chaîne américaine de fast-food. Dans le domaine du divertissement, la FNAC, chaîne française de magasins, spécialisée dans la distribution de produits culturels, a ouvert en décembre dernier à Abidjan son premier magasin en Afrique subsaharienne. Depuis 2011, le groupe français dispose déjà d’un magasin à Casablanca, au Maroc. En août 2015, c’est Universal, leader de l’industrie musicale qui a choisi la métropole ivoirienne pour installer sa filiale pour l’Afrique de l’Ouest francophone et lusophone. À Abidjan, Universal vise notamment le rachat des catalogues locaux, la signature de nouveaux artistes avec la création d’un studio d’enregistrement ainsi que le développement du marché numérique. En Afrique Anglophone, l’entreprise est déjà présente en Afrique du Sud.

Rapide reprise économique

L’effervescence des grandes marques vis-à-vis de la capitale économique ivoirienne s’explique sans nul doute par le dynamisme économique retrouvé de la Côte d’Ivoire. En effet, pour la Banque mondiale, ce pays a opéré une transition remarquable au cours des quatre dernières années et demeure moins vulnérable sur le plan économique et social. Ainsi, le gouvernement ivoirien prévoit un taux de croissance de 9,8 % en 2016, contre 9,5 % en 2015. En février dernier, le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, a réaffirmé la volonté de l’État ivoirien de poursuivre et d’intensifier les efforts pour améliorer l’environnement des affaires, en vue d’augmenter l’investissement privé pour atteindre la proportion de 15 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici 2020. Le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce, Roberto Azevêdo, a récemment déclaré que la Côte d’Ivoire est devenue un pôle d’affaires majeur en Afrique. Un enthousiasme partagé de tous, que l’attaque terroriste du 13 mars aura sans doute pas mal douché sur le coup, mais dont les retombées à moyen-long terme ne devraient pas affecter outre mesure l’économie du pays, hormis pour le secteur du tourisme. Comme l’explique Frédéric Lejeal, spécialiste de la région interviewé récemment par le quotidien Libération, « cette attaque ne devrait pas avoir d’effets sur les investissements étrangers ni sur les milieux d’affaires. [La Côte d’Ivoire] est un pays au tissu économique solide, même si [elle] reste fragile après dix ans de guerre civile larvée ».


Dans la même rubrique :
< >

Jeudi 1 Juin 2017 - 09:55 L’art subtil du business plan

Lundi 20 Mars 2017 - 14:45 La révolution « soft skills »

Facebook



Découvrez le sommaire des derniers numéros du magazine


Inscription à la newsletter